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    Moyen-Orient

    Irak : à Tikrit, les nostalgiques de l'ancien régime défilent sur la tombe de Saddam Hussein

    media Tombe de Saddam Hussein à Anjouar, le village natal de l'ancien dictateur, le 30 décembre 2010. Fatma Kizilboga / RFI

    Le 30 décembre 2006, les images de l’exécution par pendaison du président  déchu irakien, Saddam Hussein, ont fait le tour de la planète. Quatre ans après sa mort, les nostalgiques de l’ancien régime défilent toujours sur la tombe du dictateur défunt.

    envoyée spéciale à Aouja,

    Les larmes aux yeux, Attalla, 50 ans, découvre pour la première fois l’endroit. L’homme avait toujours eu du mal à l’accepter, mais cette fois il doit se résoudre à admettre cette évidence : Saddam Hussein ne sera plus. Accompagné de son fils, l’homme à l’habit traditionnel irakien vient de parcourir les 200 kilomètres qui séparent sa maison de Fallouja d’Aouja, le village natal de l’ancien dictateur. Il vient témoigner sa fidélité au président défunt, «tombé en martyr» après l’invasion américaine de 2003.
    «Sa perte représente la plus grande douleur de ma vie, et pourtant je ne suis pas affilié au Parti Baas, ni à l’armée. Je suis extrêmement triste de ce qui est arrivé à notre président Saddam Hussein», explique l’homme, très ému.

    Condamné à mort pour crimes contre l’humanité pour avoir ordonné le massacre de 148 chiites du village de Doujail en 1982, l’ancien dirigeant sera exécuté par pendaison le jour de l’Aïd el-Kébir. Aussitôt la polémique est déclenchée à travers tout le pays, mais également dans tout le monde arabe, à propos de la date choisie pour cette exécution hors du commun. Symbole de paix et de pardon, cette fête se caractérise par le sacrifice d’un animal. Elle est célébrée avec un jour d’écart par les chiites. Les sunnites dénoncent un acte de provocation du gouvernement de Nouri al-Maliki, issu du parti chiite al-Daawa. Les affrontements interconfessionnels sont alors relancés de plus belle.

    L'insécurité, la grande préoccupation des Irakiens

    « A l’époque de Saddam j’étais militaire pendant 12 ans. Mes parents étaient des bédouins et n’avaient donc pas la nationalité irakienne. Je n’étais donc pas parmi de ceux qui touchaient un salaire, qui étaient affiliés au Baas ou qui bénéficiaient des avantages du régime à cette époque », poursuit Attalla, dénonçant les violences qui ravagent l’Irak depuis la chute du régime. « Je suis sûr que tous les Irakiens partagent mon avis. Il y a des gens aujourd’hui à qui la situation actuelle profite, et qui prétendent que la vie est désormais meilleure, alors qu’on ne peut pas marcher tranquillement dans la rue de peur des bombes qui peuvent nous surprendre à tout moment », raconte-il, fatigué.

    A un an de la fin du retrait américain, l’insécurité hante les Irakiens qui craignent un nouvel embrasement. Le Premier ministre Nouri al-Maliki a d’ailleurs promis au lendemain de la formation de son nouveau cabinet de faire de la lutte antiterroriste une priorité. Un engagement auquel ne veut pas croire Attala. « L’instabilité du pays est principalement causé par l’Iran et les pouvoirs proches de Téhéran qui souhaitent anéantir l’Irak. Ces gens-là ont fait pendre Saddam sans droit ni justification. Que Dieu les maudisse ».
     

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