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    Moyen-Orient

    Le roi de Bahreïn cherche conseil auprès de l’Arabie Saoudite

    media Des manifestants antigouvernementaux bahreiniens avec une pancarte («Nous exigeons la liberté et la paix») à Manama, le 22 février 2011. REUTERS/Caren Firouz

    Plusieurs dizaines de milliers de personnes, en majorité chiites, ont manifesté mardi 22 février 2011, à Manama, la capitale de Bahreïn, demandant toujours la chute du gouvernement et l'instauration d'une monarchie constitutionnelle. Alors que le retour de l'opposant Hassan Machaimaa a été repoussé et que les discussions entre le pouvoir et l'opposition tardent à s'ouvrir, le souverain, Hamad ben Issa al-Khalifa, est attendu en Arabie saoudite. Il y rencontrera le roi Abdallah qui rentre d'un séjour médical au Maroc.
     

    C'est une visite qui sonne comme un serment d'allégeance : il n'y a jamais eu autant de monde dans les rues de Bahreïn ; la crise sociale est à son comble ; l'opposition réclame un profond changement démocratique, et pour toute réponse, le roi décide d'aller prendre conseil auprès de son voisin. Un voisin, certes très puissant dans la région, mais qui, depuis le début des troubles, avait juré ne pas vouloir s'ingérer dans les affaires bahreïniennes.

    Cette fois, le masque tombe. En réalité, l'Arabie Saoudite est à la manœuvre pour éviter que la révolte ne gagne ses frontières. Son influence est d'autant plus grande qu'elle contrôle le robinet de pétrole : les réserves de Bahreïn sont à sec, tant et si bien que sa fortune dépend en grande partie des largesses de Ryad, grâce à des accords commerciaux très avantageux.

    L'argument pourrait peser dans les discussions entre les deux souverains et pousser la famille al-Khalifa à se contenter de maigres concessions à l'opposition chiite. Formule à minima qui aurait aussi pour avantage d'envoyer un signal à l'Iran, l'ennemi historique des monarchies sunnites, soupçonné d’alimenter la contestation. 

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