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    Moyen-Orient

    «Il y a toujours un risque d’islamisme radical», selon le politologue Khattar Abou Diab

    media Manifestation très encadrée de sympathisants des Frères musulmans qui brandissent des Corans à Alexandrie, en Egypte, dimanche 9 mars 2008. (Photo : AFP)

    Comment parler de l’islamisme au moment où le monde arabe se soulève ? C’est l’épouvantail brandi par les pouvoirs vacillants mais peut-être une alternative à des régimes autoritaires. Ce sont aussi des mouvements qui justifient la « guerre sainte ». Les régimes de Ben Ali ou de Moubarak se sont présentés jusqu’au bout comme des remparts à l’islamisme. C’est cette même menace qu’agite aujourd’hui un colonel Kadhafi aux abois. Comment les Occidentaux appréhendent-ils cet état de fait ? Entretien avec Khattar Abou Diab, politologue et professeur à l’Université Paris XI.
     

    RFI : Pourquoi le colonel Kadhafi considère t-il l’opposition en Libye comme une marionnette de Ben Laden ?

    Khattar Abou Diab : Kadhafi est aux abois. Il utilise une fois de plus l’épouvantail islamiste pour justifier la répression féroce qui s’est abattue sur le pays, et pour donner des signaux à l’Occident. C’est une manière de dire : « C’est moi ou le chaos ». Soit lui, soit les islamistes. Ces accusations relèvent vraiment d’une marque de désespoir de sa part.
     
    RFI : Ces signaux ne semblent plus vraiment prendre ?

    K.A.D. : Non, car ce qui pouvait être considéré comme juste jusqu’à la fin des années 1990 ne l’est plus aujourd’hui. Nous sommes devant des révolutions non idéologiques. Partout dans le monde arabo-musulman il y a des aspirations à la liberté, à la dignité et à la justice sociale. Les peuples cherchent à lutter contre la corruption des régimes.

    RFI : Il y a une vraie difficulté à appréhender ce qu’il y a derrière la notion globale d’islamisme. Y a-t-il des partis musulmans, des partis voulant instaurer un Etat islamiste ? Comment s’y retrouver ?

    K.A.D. : Il y a plusieurs catégories d’islamistes. Il y a les purs et durs, adeptes d’un radicalisme qui peut virer au terrorisme. D’autres veulent instaurer à tout prix la charia, la loi islamique. Mais il y a aussi les islamistes plus modérés qui parlent d’Etat citoyen. Il n’y a pas de modèle type, car les situations ne sont pas comparables entre les différents pays. Le modèle turc est différent du modèle pakistanais, iranien ou saoudien.

    RFI : Quand le Premier ministre turc affirme que son pays est l’illustration de la coexistence parfaite de l’islam et de la démocratie, est-ce que d’autres capitales s’inspirent de ce qui se passe du côté d’Ankara ?

    K.A.D. : Le modèle turc pourrait être un modèle intéressant. Mais c’est un modèle qui est venu d’un Etat laïc, l’Etat d’Atatürk, et d’une société très ouverte sur l’Occident. C’est l’un des rares modèles où coexistent en effet islam et démocratie. En Indonésie ou en Malaisie, il existe aussi d’autres exemples de cohabitation entre démocratie et islam, même s’ils ne sont pas parfaits.

    RFI : Toutefois, il y a là-bas des mouvements insurgés qui se réclament d’un islam beaucoup plus radical…

    K.A.D. : Oui, il faut le signaler. Il y a même une ambiguïté chez les Frères musulmans, l’organisation la plus représentative de l’islam politique. Puisqu’une tendance jihadiste perdure. Les Frères musulmans entretiennent l’ambiguïté. Ils ne dénoncent pas la guerre sainte de façon claire et nette, spéculent sur le clash des civilisations, et jouent la carte de la haine entre les différentes populations. Il n’y a pas de reconnaissance de l’autre.

    RFI : Justement, c’est une crainte qui s’est exprimée ces dernières semaines, en particulier du côté du Caire. On a vu la confrérie des Frères musulmans donner de plus en plus de la voix. Finalement, ils se sont effacés en expliquant qu’ils ne voulaient pas prendre le pouvoir.

    K.A.D. : Oui mais c’est parce que les révolutions en Tunisie, en Egypte en Libye sont des révolutions d’un nouveau type. Ce sont des révolutions populaires, des révolutions de la jeunesse. L’islamisme a été mobilisateur pendant les années 1980 et 1990. Mais avec le grand revirement vers le terrorisme à partir du milieu des années 1990, il a perdu de son aura. Cependant, il ne faut pas être naïf. Potentiellement, le risque de radicalisme est toujours présent.
     
    RFI : On a beaucoup parlé de la « génération Facebook », ces jeunes qui se sont ralliés par le biais du réseau social. Quel est leur lien avec les formations islamistes ?

    K.A.D. : Pour le moment, on sait que les nouvelles technologies dont vous parlez ont été d’une grande aide pour les mouvements populaires, surtout en Tunisie et en Egypte. Mais il ne faut pas se focaliser sur cette génération Facebook. Elle a été suivie par les classes populaires touchées par les effets néfastes de la crise économique mondiale, touchées par l’usure du pouvoir, touchées surtout par la mauvaise gestion de ces pays. Cette « jeunesse Facebook » n’est pas uniforme, démocratique et citoyenne. Une partie est influencée par la société religieuse ou par les mouvements islamistes.

    RFI : Evoquons également le rôle de l’Iran. La République islamiste a tenté de se présenter comme un modèle en matière de révolution. Manifestement, cela n’a pas du tout pris ?

    K.A.D. : Non, en effet. La révolution de 2009 est passée par Twitter ou d’autres modèles de communication sociale sur internet. En ce sens, l’Iran a influencé les mouvements démocratiques en Egypte et en Tunisie. Mais ce sont à leur tour ces mouvements qui influencent aujourd’hui la contestation en Iran. Et la République iranienne pourrait, elle aussi, être affectée par le tsunami démocratique. 

     

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