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    Moyen-Orient

    Egypte : la transition tarde, la population s'impatiente

    media Un homme campe sur la place Tahrir, le 28 février 2011. Reuters/Amr Abdallah Dalsh

    A l'heure où tous les regards sont tournés vers la Libye, où en est la transition amorcée en Égypte après la démission du président Hosni Moubarak ? Le mouvement de contestation a pris d’autres formes, mais malgré l’annonce de certains amendements de la Constitution, le mécontentement se fait entendre sur la place Tahrir, épicentre de la révolution égyptienne.
     

    Depuis le 11 février dernier, date de la démission du président Hosni Moubarak, une junte militaire est au pouvoir en Egypte : le Conseil suprême des forces armées composé d'une vingtaine de militaires, autour du ministre de la Défense, Mohammed Hussein Tantaoui.

    Ce Conseil a suspendu la Constitution dès le 13 février et a demandé le 15 février à une commission composée de huit juristes, dont un issu du mouvement des Frères Musulmans, de proposer des amendements, notamment de réviser cinq articles concernant les conditions de participation à l’élection présidentielle.
    Dimanche 27 février, la commission présidée par le magistrat Tarek al-Beshry, reconnu pour son indépendance, a annoncé entre autres que les règles pour créer un parti seraient assouplies, et que le mandat présidentiel serait réduit à quatre ans au lieu de six ans, et renouvelable une seule fois, alors qu'il l'était indéfiniment sous Hosni Moubarak, qui terminait son cinquième mandat lorsqu'il a démissionné.

    « Amender la constitution n’est pas suffisant »

    Hossam Eissa est professeur à la faculté de Droit au Caire. Il a activement participé au mouvement de la révolution du 25 janvier dernier. Selon lui, la Constitution doit être totalement remise à plat, et pas simplement amendée, car elle était taillée sur mesure pour l'hyper président Moubarak. « On ne peut pas réviser une Constitution qui est déjà tombée, ce n’est pas possible. Il faut refaire une nouvelle Constitution. Deuxièmement, même si on accepte la légalité de la Constitution actuelle, on a refusé de changer les nombreux articles qui donnent au président de la République des pouvoirs qui n’existent nulle part dans le monde. Le prochain président aura exactement les mêmes pouvoirs que Hosni Moubarak. C’est une manière de contourner ou de mettre fin à la révolution, et je crois que nous n’allons jamais permettre cela ». 

     
    Une révolution « confisquée »

    Certains pensent qu'ils se font confisquer leur révolution. Pourtant le nouveau gouvernement a fait des annonces plutôt positives ces derniers jours, mais trop tardives selon les manifestants. En effet, la justice égyptienne a annoncé que l’ancien président Hosni Moubarak et ses proches ont désormais interdiction de sortir d'Egypte et leurs avoirs sont gelés. Mais cette annonce a été faite dix jours après sa démission. Habib El Adly, l'ex-ministre de l'Intérieur détesté de tous car représentant la machine répressive du régime, a été déféré lundi 28 février devant un tribunal pour corruption. Son procès devrait débuter le 5 mars. Mais ce n'est pas suffisant selon Bahey Eldin Hassan, directeur de l'Institut du Caire pour les droits de l'Homme.« Oui, Moubarak est parti, ses avoirs sont sous contrôle, et il a interdiction de quitter le territoire, mais c'est toujours le même régime qui est en place, et avec les mêmes visages odieux et aucune enquête sérieuse n'a été lancée, ni sur ce qui s'est passé après le 25 janvier dernier, ni avant cette période. Le ministre de la Justice est toujours en place, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, ce sont deux des visages les plus odieux de ce régime ».

    Prisonniers politiques et disparus

    Autre constat : l’état l'urgence n'a toujours pas été levé. En vigueur depuis l’assassinat du président Anouar el-Sadate en 1981, cette législation d’exception a régulièrement été prolongée. En outre, Bahey Eldin Hassan de l'Institut du Caire pour les droits de l'Homme insiste sur le fait que la question des prisonniers politiques n'est pas réglée. « La plupart des personnes qui ont été arrêtées après le 25 janvier ont été relâchées, mais la situation n'est pas claire en ce qui concerne les disparitions. Il y a eu beaucoup de cas de disparus ou des cas de personnes dont on est encore sans nouvelle ».

    Six mois, insuffisant pour assurer une transition démocratique

    Autre sujet de discorde, c'est la période de transition de six mois qui est annoncée pour organiser des élections législatives en juin et présidentielle en septembre, largement insuffisante après plus de 30 ans de dictature, comme le souligne le professeur de droit Hossam Eissa. « C’étaient des bandits qui gouvernaient l’Egypte pendant 30 ans. On ne peut pas ouvrir des horizons qui étaient fermés en seulement trois mois. Ce n’est pas possible, quatre élections en six mois, c’est criminel ! Comment se préparer ? Comment donner leur chance aux nouveaux visages pour se faire connaître et obtenir la confiance du peuple ? Ces élections vont se terminer par un duel entre les Frères musulmans et l’ancien Parti National Démocrate (PND) de Moubarak. Ce sont les seuls représentations qui existent actuellement sur la scène politique ».
    Le Conseil suprême des forces armées a annoncé un calendrier préliminaire lundi 28 février, les amendements de la Constitution doivent faire l'objet d'un référendum le 19 mars prochain.

    L’attaque de l’armée vendredi 25 février inquiète …

    L'assaut donné vendredi dernier par l'armée à coup de pistolets électriques (Taser) et de matraques pour déloger des manifestants de la place Tahrir au Caire, qui réclamaient le départ du Premier ministre Ahmed Chafik, nommé par Moubarak le 29 janvier, est un signe très négatif selon Bahey Eldin Hassan. « Ce qui s'est passé sur la place Tahrir vendredi soir est très inquiétant, car c'était la première fois que l'armée attaquait les manifestants. Et même les excuses que l'armée a faites ne sont pas très convaincantes, Depuis quand l'armée peut-elle attaquer sans en avoir reçu l'ordre? Et si c'était le cas ce serait encore plus inquiétant pour le futur ». Selon Chayma Hassabo, chercheuse au Cedej (Centre d’Etudes et de Documentation Economiques Juridiques et Sociales), qui se trouvait vendredi soir sur la place lors de l’attaque de l’armée, les contestataires ont perdu leur confiance dans l’armée jusque là considérée comme « unie au peuple », selon leurs propres slogans.

     
    … et la mobilisation continue place Tahrir.

    L’armée avait fait ses excuses en utilisant le réseau social Facebook pour mieux se faire entendre des jeunes, à l’origine de la contestation en Egypte. Mais dès le lendemain de cet assaut, alors que la place Tahrir avait été soigneusement nettoyée et balayée par les manifestants eux-mêmes, des tentes ont été à nouveau érigées en signe de protestation. Vendredi 4 mars, après la grande prière, une forte mobilisation est attendue sur la place de la Liberté (Tahrir) au centre du Caire. Les contestataires réclament notamment la démission du premier ministre Ahmed Chafik, la nomination d'un Conseil présidentiel pour assurer une transition sur au moins un an, la libération des prisonniers politiques, et la condamnation des auteurs de la répression du 28 janvier dernier.

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