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    Moyen-Orient

    Le pouvoir alaouite souffle le chaud et le froid en Syrie

    media Manifestation contre le régime à Homs dans le centre de la Syrie, 18 avril 2011 Reuters/Handout

    Damas abroge la loi martiale tout en menaçant de mater l’opposition qui continue de demander la fin du régime alaouite. Celui-ci accuse des islamistes salafistes de fomenter une insurrection armée. Une manière de dénoncer des ingérences saoudiennes.

    C’est un véritable partage des rôles entre Bachar el-Assad, le président « clément » qui abroge l’état d’urgence ce 19 avril d’un côté et de l’autre ses féroces services de sécurité chargés de défendre à tout prix le régime alaouite contre des opposants accusés de s’organiser en insurrection armée. La semaine dernière, Bachar el-Assad s’était engagé à mettre fin aux limitations des libertés d’expression imposées par la loi martiale en vigueur depuis 1963. Il avait aussi procédé à un remaniement du gouvernement et annoncé la libération de protestataires. A défaut de convaincre, la promesse avait été rapidement suivie de menaces.

    Damas traite l’opposition en rébellion armée

    Les aspirations populaires qui s’expriment désormais aux quatre coins de la Syrie depuis leur déclenchement dans la ville méridionale de Deraa, le 15 mars dernier, ont poussé lundi soir plus de 20 000 manifestants à réclamer le départ de Bachar el-Assad dans un rassemblement monstre organisé sur la grande place de Homs, au centre du pays, après les funérailles de sept manifestants tués dans la répression. Une véritable « insurrection », accusent aujourd’hui les services de sécurité du pouvoir alaouite en assurant que « les évènements de Homs et de Banias - où des soldats, des policiers et des civils ont été tués et des biens publics et privés détruits - montrent qu'il s'agit d'une rébellion armée de groupes salafistes ».

    Damas promet de mater les manifestants et de les traiter en rebelles armés et non point en opposants légitimes. Dans les rues, où la foule persiste à se rassembler jour après jour, les slogans appellent à l’unité en proclamant « alaouite, sunnite, chrétien, kurde, tous unis » afin d’éviter un dérapage confessionnel dans ce pays composite. Car justement, pour la minorité alaouite, une branche de l'islam chiite qui règne en Syrie depuis 1963 en noyautant le parti laïc Baas, évoquer une implication salafiste dans les rangs de son opposition, c’est surtout une manière de dénoncer une ingérence étrangère. Avec le salafisme, un sous-produit islamiste et radical du wahhabisme sunnite propre à l’Arabie Saoudite, Damas accuse en fait directement Riyad.

    En même temps, le régime syrien réactive la mémoire de la répression qui avait noyé dans le sang les Frères musulmans, les radicaux de la mouvance salafiste, et avec eux tous ceux qui avaient cru dans la révolte islamiste de la ville de Hama, au cœur du pays profond, en 1982, sous Hafez el-Assad. Une page d’histoire qui peut se lire et se relire à la lumière de rivalités régionales toujours très actives.

    L’axe chiite face aux monarchies sunnites du Golfe

    De père en fils, le pouvoir syrien reste ancré dans l'axe chiite qui - de l'Iran au Hezbollah libanais - l'oppose à Riyad, chef de file régional du camp adverse et sunnite. La guerre froide syro-saoudienne s’est même durcie en ces temps où la révolte arabe a gagné le Bahreïn, avec le soulèvement très durement réprimé de la majorité chiite que gouverne la dynastie sunnite des al-Khalifa, affidée des monarchies du Golfe. Selon le chercheur de l’Institut français d’analyses stratégiques (IFAS), David Rigoulet-Roze, le prince Bandar, chef du Conseil de sécurité saoudien, aurait même réactivé ses réseaux pour effectivement tenter de déstabiliser le régime Bachar el-Assad tout en contrecarrant les ambitions régionales de Téhéran.

    Dimanche dernier, les douanes syriennes ont déclaré la saisie « de mitrailleuses, de fusils, de pistolets, de lunettes de vision nocturnes, de lance-grenades, ainsi que d'importantes quantités de munitions » cachées dans le conteneur frigorifique d’un camion en provenance d'Irak, au point de passage frontalier el-Tanaf. Un retour à l’envoyeur selon David Rigoulet-Roze qui rappelle qu’en 2003, Damas, avait opportunément laissé des groupes d’obédience salafiste passer sa frontière avec l’Irak où les « forces d’occupation américaines » étaient censées constituer leur objectif premier. Aujourd’hui encore, des sunnites irakiens continuent de contester les armes à la main le pouvoir chiite installé à Bagdad depuis l'intervention américaine. Un bouleversement qui a redonné de l'influence à Téhéran dans la région, au grand dam de Riyad.

    L’Arabie Saoudite voit dans l’Iran son ennemi principal et pourrait à ce titre employer tous les moyens pour l’affaiblir. D’autant, souligne David Rigoulet-Roze que l’Arabie Saoudite est convaincue de l’appui des pasdarans iraniens aux forces de répression syriennes. Le Hezbollah libanais aussi serait impliqué dans la réplique sécuritaire en cours en Syrie. Lundi, il a en tout cas réaffirmé sa « solidarité et sa loyauté » envers la Syrie, une allégeance officielle au régime de Bachar el-Assad. Selon le mouvement chiite libanais, celui-ci « fait face à un complot américano-sioniste occidental pour porter atteinte à son rôle national, panarabe et résistant ». Reste que les Etats-Unis, la France et même Israël ont eux aussi des raisons de craindre une remise en question brutale et radicale de l’équilibre régional-fut-il un équilibre de la terreur- auquel participe la Syrie.

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