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    Moyen-Orient

    L'Etat palestinien naîtra-t-il à l'ONU cet automne ?

    media Le président palestinien Mahmoud Abbas à la tribune des Nations unies à New York, le 25 septembre 2010. Photo: Chip East/ Reuters

    Le président palestinien Mahmoud Abbas est à Paris ce jeudi 21 avril 2011, où il a rendez-vous, entre autres, avec Nicolas Sarkozy. Au cours de cette visite, il sera question du blocage du processus de paix et de la nouvelle stratégie des Palestiniens, qui vont chercher à obtenir la reconnaissance internationale de leur Etat cette année, devant les Nations unies.

    Israéliens et Palestiniens ne négocient plus depuis septembre 2010. L’Autorité palestinienne refuse de discuter alors que la colonisation se poursuit. Et Israël demande au contraire des négociations immédiates mais sans préconditions. Dans ce contexte, les Palestiniens élaborent une stratégie diplomatique nouvelle.

    « Nous irons devant le Conseil de sécurité pour demander notre admission comme membre à part entière de l’ONU, explique Hanane Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine ) et députée palestinienne. Si le Conseil de sécurité refuse, à cause du traditionnel veto américain, alors nous irons devant l’Assemblée générale des Nations unies, afin d’obtenir une résolution contraignante, qui nous reconnaîtra comme membre de l’ONU. »

    Avec ce scénario, les Palestiniens veulent mettre la communauté internationale face à ses responsabilités, après dix-huit ans de « Processus de paix d’Oslo » sans résultat. Ils veulent aussi prendre au mot Barack Obama qui, en septembre dernier, à la tribune de l’ONU, avait parlé d’un Etat palestinien en 2011.

    Cela dit, il ne suffit pas que la communauté internationale reconnaisse l’Etat palestinien dans ses frontières de 1967 pour qu’il prenne effet en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est, comme par un coup de baguette magique. Mais « les choses changeront, promet Hanane Ashrawi. Car Israël sera alors dans la position d’un agresseur. Cela deviendra une question de droit : le fait qu’Israël occupe la terre d’un autre Etat, qu’il vole cette terre, qu’il brouille les limites territoriales et qu’il exploite les ressources. C’est donc un acte d’agression contre lequel la communauté internationale aura le devoir de nous protéger. »

    Inquiétude israélienne

    Les dirigeants israéliens observent avec méfiance ces grandes manœuvres diplomatiques palestiniennes. L’expression « tsunami diplomatique » est régulièrement utilisée pour décrire un vaste mouvement de reconnaissance internationale de l’Etat palestinien qui isolerait l’Etat hébreu et le contraindrait à des gestes non désirés.

    Israël conteste la démarche des Palestiniens sur le plan juridique, affirmant que l’ONU n’a pas le pouvoir de dessiner des frontières. Pour le gouvernement israélien les Palestiniens s’engagent dans une stratégie erronée. « La seule route que je connaisse pour l’Etat palestinien, ce sont les négociations », explique le vice-Premier ministre israélien, Dan Meridor, qui est aussi ministre des Renseignements dans le gouvernement de Benyamin Netanyahu.

    Pour l’Etat hébreu, il faudra forcément des aménagements et des échanges de territoires pour tenir compte de la présence de 300 000 colons en Cisjordanie et de 200 000 autres à Jérusalem-Est. « Les frontières de 1967 ne sont et ne seront pas les frontières de l’Etat palestinien », assure Dan Meridor selon lequel, par exemple, « Le quartier juif de Jérusalem et le Mur (des Lamentations, ndlr) appartiennent à Israël ».

    Alors dans quelques semaines, le gouvernement israélien va tenter de reprendre l’initiative. Benyamin Netanyahu s’adressera au Congrès américain fin mai et dira quels sont ses projets de relance du processus de paix, pour tenter d’éviter ce fameux « tsunami diplomatique » à l’ONU.

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