GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 13 Septembre
Samedi 14 Septembre
Dimanche 15 Septembre
Lundi 16 Septembre
Aujourd'hui
Mercredi 18 Septembre
Jeudi 19 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    La délicate équation syrienne

    media Le président syrien Bachar el-Assad, à Damas. REUTERS/Khaled al-Hariri/Files

    Alors que la répression a fait au minimum 16 morts, ce vendredi 29 avril, à Deraa, la communauté internationale s’inquiète de l’aggravation de la situation en Syrie. Toutefois, de nombreux pays, qu’ils soient alliés ou ennemis du régime de Bachar el-Assad, préfèreraient malgré tout le maintien du statu quo actuel.

    Le printemps arabe en Syrie embarrasse aussi bien les Américains et leurs alliés européens, la France en tête, que les pays arabes du Golfe et Israël, pour des raisons diverses. D’une part, en raison de la peur de l’inconnu. D’autre part, en raison du jeu particulier que joue le régime des Assad, le père puis le fils, dans la sous-région. David Rigoulet-Roze, chercheur attaché à l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas), estime que la Syrie a un rôle de « pays-pivot dans la sous-région, et du coup [est] un facteur d’équilibre entre les forces sous-régionales. Or, ajoute-t-il, les Assad sont là depuis suffisamment de temps pour que l’on soit rassuré sur le fait qu’en maintenant cet équilibre, ce régime est un gage de sécurité, au moins par la durée. C'est-à-dire que l’on sait à qui on a affaire. Si ce régime est renversé, toutes les options sont ouvertes, y compris les plus inquiétantes . C’est ce qui explique la prudence de tous les acteurs, y compris ceux qui détestent cordialement ce régime ».

    Les Israéliens font profil bas

    Très clairement, il faut que le Conseil des droits de l'homme condamne les violations qui ont été commises.

    Jean-Baptiste Mattéi, ambassadeur de France à l'ONU, Genève 29/04/2011
    Jean-Baptiste Mattéi, ambassadeur de France à l'ONU, Genève, sur les violations des droits de l'homme en Syrie, le 29 avril 2011.
    Écouter

    Pour les Israéliens, c’est plus qu’un embarras, c’est un vrai casse-tête, qui a conduit les dirigeants de Tel Aviv à faire profil bas, parce que leur grand ennemi voisin est, paradoxalement, un gage de sécurité pour eux. Agnès Levallois, chercheur, spécialiste de la Syrie, chargée de cours à l’Ecole nationale d’administration, souligne que « depuis la fin des guerres israélo-arabes, dans les années 60-70, Israël s’accommode du régime Assad car la frontière est toujours restée très calme entre les deux pays. Bien sûr, le contentieux entre les deux pays, à savoir le plateau du Golan, reste entier mais il n’y a jamais eu d’affrontement armé entre les deux voisins. Finalement, pour Israël, la Syrie est un ennemi avec lequel ce pays compose parfaitement. Cette situation convient tout à fait aux Israéliens qui ont une véritable inquiétude à l’idée d’un changement de régime en Syrie ».

    Du côté des alliés traditionnels de la Syrie - l’Iran et le Hezbollah libanais -, pas question bien entendu de lâcher le régime et de prendre le risque d’ouvrir une brèche sunnite au milieu d’un arc chiite. Cette position est celle également de la Russie, qui bloque au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution qui condamnerait le régime syrien. David Rigoulet-Roze rappelle à ce propos que Moscou a toujours, grâce aux Syriens, une base militaire sur l’est de la Méditerranée, à Tartous. Cette vieille alliance entre Moscou et Damas, même si elle a changé de nature ces dernières années, perdure. Et Moscou ne veut pas que tout cela soit balayé lors d’un changement de régime à Damas.

    Risque de partition de la Syrie ?

    Pour la communauté internationale, un autre souci face à la situation actuelle est l'éventuel risque de partition du pays. Le régime de Bachar el-Assad s’appuie en effet sur les minorités religieuses, alaouite, chrétienne et druze. « La minorité alaouite qui est au pouvoir, et qui représente entre 10 et 12 % de la population du pays selon les estimations, a noué des liens privilégiés avec les autres minorités religieuses du pays, à savoir les chrétiens et les druzes, pour faire face à la majorité sunnite, explique Agnès Levallois. Du coup, ces minorités chrétiennes et druzes peuvent redouter la chute du régime et leurs craintes sont légitimes. Certains observateurs s’interrogent sur l’après-Assad et se demandent si l’on ne risque pas un démembrement du pays comme cela s’est passé en Irak. »

    L’embarras des Occidentaux face à cette « exception syrienne » tient aussi au risque que l’après-Assad ouvre la porte à un régime extrémiste religieux. C’est en tout cas l’épouvantail que les Assad, père et fils, à la tête d’un régime laïc, agitent depuis des années. « C’est vrai que les Assad, le père puis le fils, ont joué de cette carte en prétendant qu'il vaut mieux que ce soit eux, parce que si ce n’est pas eux, ce sera forcément des extrémistes religieux, soit les Frères musulmans, soit des islamistes », précise Agnès Levallois. Et il est vrai que depuis des années, le régime syrien a réussi à accréditer cette idée que sans eux, la Syrie basculerait entre les mains des extrémistes religieux. Voilà pourquoi les pays occidentaux se sont finalement accommodés de ce régime même s’il ne correspondait à aucun de leurs critères en matière de démocratie et de droits de l’homme.

    Y a-t-il une relève politique en Syrie ?

    Agnès Levallois, qui a vécu en Syrie et qui connaît très bien ce pays, est plutôt optimiste. « Certes, reconnaît-elle, les opposants ont été pourchassés, emprisonnés, et nombre d’entre eux ont dû fuir leur pays. » S'il n’y a pas, aujourd’hui, selon la chercheuse une opposition politique organisée dans le pays, il existe des élites intellectuelles. On ne pourrait donc pas parler de « vide politique » en cas de renversement du régime Assad. « Je suis certaine qu’il y a en Syrie des élites intellectuelles et politiques qui seraient tout à fait capables de prendre en main la relève, conclut Agnès Levallois. Cela impliquera forcément une période d’adaptation, de transition, éventuellement instable et difficile puisque cette relève n’est pas encore structurée et organisée. Il ne faut pas se laisser abuser par cette idée de risque de chaos en cas de chute du régime actuel. Dans ce pays, il y a les ressources humaines et politiques nécessaires pour assurer la transition vers un autre régime. »

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.