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    Moyen-Orient

    Mort de ben Laden : les grandes étapes de l’opération «Geronimo»

    media Image vidéo de la résidence d'Oussama ben Laden peu après l'assaut américain, la nuit du 2 mai 2011. REUTERS/Stringer

    Après des années de traque, c’est en août 2010 que les services de renseignement américains repèrent ben Laden dans un complexe situé à Abbottabad, une petite ville du nord du Pakistan à 50 km à peine de la capitale, où il réside avec une partie de sa famille. S’ensuivent des mois de préparation et cinq réunions avec le Conseil national de sécurité pour fixer les modalités de l’opération baptisée « Geronimo », nom d’un guerrier apache qui désigne ben Laden. Le président Barack Obama donne son feu vert vendredi 29 avril. L'assaut a lieu dans la nuit du 1er au 2 mai.

    Les Navy Seals passent à l’action

    Seul moyen de récupérer le corps de ben Laden et de l’identifier, l’option choisie est l’attaque au sol. Un bombardement ou une attaque de drones pourraient en outre faire des victimes collatérales. L’opération est confiée aux Navy Seals (Sea, Air, Land, soit terre, air, mer), des troupes d'élite employées notamment pour des missions antiterroristes, de reconnaissance ou de guerre non conventionnelle.

    Une résidence factice pour l’entraînement du commando ?

    Les Navy Seals, un acronyme de Sea, Air, Land (mer, air, terre) qui signifie également « phoque », ont constitué le groupe d'assaut. La mission a sans doute impliqué des pilotes d'hélicoptères de l'armée de Terre et des membres de l'armée de l'Air, selon Dick Hoffmann, un expert de la Rand Corporation, qui a passé 20 ans dans cette unité (1987-2007). Selon lui, il s'agit d'une mission classique dite de « kill-capture ».

    L'objectif est de mettre la main sur la cible pour en tirer des renseignements. Sauf si la personne est armée et représente une menace pour l'équipe d'intervention. Dans ce cas, « les gars lui mettent quelques balles dans le front », lâche Dick Hoffmann. Oussama ben Laden a été tué « par des balles américaines » alors qu’ « il résistait », selon un haut responsable américain de la Défense.

    La résidence de ben Laden à Abbottabad ayant été identifiée six mois avant que l'assaut ne soit donné, l'unité a pu faire des répétitions, selon lui. D'après le National Journal, une résidence factice aurait même été construite à l'abri des regards sur la base américaine de Bagram au nord de Kaboul pour ces entraînements.

    Quatre hélicoptères mobilisés

    Au Pakistan, quatre hélicoptères américains (deux engagés, deux en soutien en cas de problème) décollent de la base américaine de Ghazi vers 1 heure du matin, heure locale. Ils transportent 79 hommes. L'un des appareils, vraisemblablement une version modifiée d'un MH-60 Blackhawk, se pose brutalement en raison d'une « défaillance mécanique » et se trouve hors d'usage, selon un premier compte-rendu de hauts responsables américains.. L'appareil sera détruit sur place par les forces américaines.

    Un micro-blogueur devient commentateur malgré lui

    Sans le savoir, un riverain d’Abbottabad a décrit l’attaque en direct. Sohaïb Athar, qui se présente sur son profil Twitter comme un consultant en technologie de l'information, a décrit en direct sur le site de micro-blogging des mouvements d'hélicoptères et des explosions sans réaliser qu'il assistait à la fin d'Oussama ben Laden, l'homme le plus recherché au monde.

    « Un hélicoptère survole Abbottabad à 1 heure du matin (événement rare). Va-t-en hélicoptère avant que j'aille chercher ma tapette géante », plaisante-t-il dans l'un des premiers messages.

    Il fait ensuite état d'une déflagration, puis de la présence de deux hélicoptères, dont l'un s'est écrasé. Apprenant par un communiqué des services de renseignement pakistanais que le chef d'al-Qaïda a été tué à Abbottabad, il s'exclame dans un nouveau message : « L'Isi [Inter-Services Intelligence, le renseignement pakistanais] l'a confirmé. Et voilà le voisinage qui s'en va. »

    Un raid « chirurgical »

    L’opération dure quarante minutes. Une fois défoncé le lourd portail métallique orangé, les Navy Seals largués depuis les hélicoptères n'ont rencontré qu'une faible résistance, selon de multiples témoignages recueillis dans le quartier par l'AFP.

    Depuis l'annonce de l'opération menée dans la nuit de dimanche à lundi dans sa résidence à Abbottabad, les détails sur les circonstances de la mort d'Oussama ben Laden ont fluctué.

    Notre dossier spécial

    Selon la dernière version officielle fournie, Oussama ben Laden n'était pas armé mais « il a résisté » lorsqu'il a été tué par des commandos américains, a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, contredisant une précédente version de la mort du chef d'al-Qaïda.

    « Dans la pièce il y avait une femme avec ben Laden, l'épouse de ben Laden, qui s'est précipitée sur les assaillants américains. Elle a reçu une balle dans la jambe, mais elle n'a pas été tuée », a ajouté le porte-parole.

    Deux autres familles, celle de l'émissaire de ben Laden et celle de son frère, habitaient également dans la résidence : « la première au premier étage du bâtiment où habitait la famille ben Laden et l'autre dans un second bâtiment », qui se trouvait dans l'enceinte de la résidence, selon Jay Carney.

    Deux hélicoptères se sont posés avec deux équipes de commandos. L'une d'elles est intervenue dans le bâtiment principal, remontant vers le troisième étage, l'autre se chargeant de l'autre bâtiment. C'est dans ce batîment annexe qu'un émissaire de ben Laden a ouvert le feu sur les froces armées. Il est alors abattu ainsi que sa femme. Il est le seul occupant de la résidence à tirer sur les Américains.

    « L'équipe a parcouru la résidence de façon méthodique, pièce par pièce au cours d'une opération qui a duré près de 40 minutes », a affirmé M. Carney. La dépouille du chef d'al-Qaïda est emportée par le commando. Elle sera immergée dans les heures suivantes en mer d'Arabie depuis un porte-avions américain.

    Publier la photo du corps ?

    Interrogé sur l'éventuelle décision de rendre publiques des photos du cadavre d'Oussama ben Laden, le porte-parole de la Maison Blanche a répondu : « Je serai franc, la publication de photos d'Oussama ben Laden après cette fusillade est sensible, et nous évaluons la nécessité de le faire ». La question est de savoir si une telle publication « sert ou dessert nos intérêts, pas seulement ici mais dans le monde entier », a-t-il expliqué. « On peut dire que c'est une photo atroce », a-t-il jugé, refusant de dire s'il l'avait vue. Par la suite, le président américain a annoncé son refus de publier la photo.

    A washington, la « Situation room » sous tension
     

    Barack Obama et les principaux membres de l'administration américaine dans la Situation room de la Maison Blanche, le 1er mai 2011. REUTERS/White House/Pete Souza/Handout

    Le dimanche 1er mai dans l’après-midi, Barack Obama, ses conseillers, le vice-président, Joe Biden, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton ont pris place dans la « Situation room », salle de crise de la Maison Blanche pour suivre l'opération en temps réel : sur un écran géant, en vidéoconférence, Leon Panetta, directeur de la CIA, leur fait, du quartier général de l'agence de renseignement, le récit des événements qui se déroulent au même moment au Pakistan.

    « Les minutes étaient longues comme des jours et le président était très inquiet de la sécurité de nos équipes », raconte John O. Brennan, chef de la lutte contre le terrorisme à la Maison Blanche et ancien responsable de la CIA, qui pourchassait ben Laden depuis quinze ans.

    Le New York Times rapporte les échanges et l’ambiance dans la Situation room :

    – « Ils ont atteint la cible », indique Panetta.

    (Plusieurs minutes passent)

    – « Nous avons Geronimo [ben Laden] en visuel. »

    Quelques minutes plus tard : « Geronimo EKIA » [Enemy killed in action, « ennemi tué pendant l'intervention »].

    Un grand silence s'ensuit dans la salle de crise.

    Finalement, le président prend la parole.

    – « On l'a eu. »                                                                          (Avec AFP, Reuters)

     
    L'opération Géronimo une semaine après

    Tout au long de la semaine, l’administration Obama a distillé quotidiennement aux médias des informations soigneusement sélectionnées sur le raid de dimanche dernier. Désir de transparence ou motivation politique ?

    Selon notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet, après un mauvais départ – informations erronées sur la façon dont Oussama Ben Laden avait été abattu – l’administration Obama a voulu se racheter en fournissant à la presse pratiquement chaque jour des détails nouveaux sur le déroulement de l’opération Geronimo.

    L’accent a été mis sur la mine de renseignements que le commando des forces spéciales avait pu ramener : téléphones portables, ordinateurs, disques durs, documents électroniques et notes manuscrites. La CIA a créé un groupe de travail réunissant neuf agences dont le FBI et le Pentagone, pour analyser toutes les données recueillies lors de ce que un haut responsable du renseignement a qualifié samedi 7 mai de «saisie la plus importante depuis la naissance de l’organisation islamiste». Cerise sur le gâteau pour les médias, la diffusion de cinq cassettes vidéos montrant Ben Laden sous un jour peu flatteur. Bien que le son n’ait pas été rendu public, les images sont suffisantes pour démythifier le personnage qui a terrifié la planète.

    En livrant aux journalistes toutes ces informations, l’administration Obama, selon les analystes, veut aussi envoyer un message à al-Qaïda : nous savons beaucoup de choses sur vous maintenant et nous allons les utiliser pour vous détruire.

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