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    Moyen-Orient

    Egypte : les procès des dirigeants de l'ère Moubarak s'accélèrent

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    En Egypte, la justice s'est emparée des dossiers des hauts dirigeants du régime de l'ancien président Hosni Moubarak. Plusieurs d'entre eux sont poursuivis pour la violente répression contre les manifestations du 25 janvier et des jours qui ont précédé la chute du régime le 11 février dernier, ou encore pour corruption et détournements de fonds publics, ou pour les deux comme l'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli, le premier à être condamné à 12 ans de prison.

    Nettoyer le régime de la corruption ou juger les hauts responsables accusés de s’enrichir aux dépens du peuple, faisait partie des revendications des premières manifestations de janvier dernier place Tahrir au Caire.

    Après l’ouverture de son procès le 5 mars dernier, Habib el-Adli - qui avait plaidé non coupable - a été condamné le 5 mai à douze ans de prison pour blanchiment d’argent et détournements de fonds. L’ex-ministre de l’Intérieur, honni des Egyptiens, était le premier à avoir été évincé du pouvoir puis arrêté le 17 février dernier, moins d’une semaine après la chute du régime de Hosni Moubarak au pouvoir depuis trente ans.

    Moins de quatre mois après le début de la révolution, plusieurs ministres sont accusés de malversations financières et de détournements de fonds publics. Certains ont été arrêtés, d’autres se sont vus interdire de quitter le territoire et leurs avoirs ont été gelés. Sous la pression de la rue, l’ancien président Hosni Moubarak a lui aussi été arrêté et se trouve en détention provisoire dans un hôpital. Ses deux fils Gamal et Alaa sont également détenus dans une prison et doivent être entendus par le parquet. Il semble que le calendrier judiciaire s'accélère.

    « Le peuple veut savoir comment ces gens-là ont fait ce qu’ils ont fait »

    L'ancien ministre des Finances Youssef Boutros Ghali (qui se trouve au Liban et pour lequel un mandat d’arrêt a été lancé par Interpol) et l'ex-Premier ministre Ahmad Nazif sont eux aussi visés par des accusations de corruption et leur procès qui devait débuter le 2 mai a été reporté au 5 juin.

    Pour Hussein Haridi, ancien ambassadeur égyptien, aujourd'hui analyste politique, cette accélération des procès est nécessaire. « Cette accélération répond aux attentes du peuple égyptien, le peuple veut savoir comment ces gens-là, les hauts responsables de l’Etat ont fait ce qu’ils ont fait, car tout le monde savait qu’il y avait de la corruption, mais pas à ce point.

    Je crois que la majorité des Egyptiens sont surpris par cette corruption politique, économique ou de nature criminelle. Donc la majorité des Egyptiens attendent ces procès, d’abord pour voir quel sera leur châtiment, et ensuite car ces procès devraient avoir un effet dissuasif à l’avenir en ce qui concerne les prochains dirigeants de l’Etat en Egypte ».

    Elections en septembre : un calendrier serré

    Le Conseil suprême des forces armées qui assure la transition en Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak veut rapidement remettre le pouvoir à un gouvernement élu démocratiquement. Les élections législatives sont prévues en septembre et la présidentielle en novembre 2011. Les autorités veulent éviter de nouvelles confrontations avec les manifestants et cherchent à calmer la rue. Stéphanie David, représentante de la FIDH au Caire, suit de près la préparation des procès.

    « Il y a effectivement cette volonté de nettoyer les institutions de l’Etat, donc ils commencent par ces procès pour corruption, blanchiment d’argent et profits illicites. Depuis trois semaines les manifestants ont décidé de ne plus se réunir sur la place Tahrir les vendredis, en attendant les procès, en estimant qu’ils avaient obtenu certaines satisfactions et certaines réponses positives à leurs demandes. »

    Pour Hussein Haridi, la première condamnation, jeudi 5 mai, à douze ans de prison contre Habib el-Adli pour blanchiment d'argent et enrichissement personnel, est déjà un grand pas. « Je crois que le verdict a été bien reçu par les Egyptiens, celui-ci est le premier procès contre des dirigeants de l’ancien régime, je crois que ça va apaiser les tensions en Egypte actuellement ». Début mai, la Suisse a gelé les avoirs de l'entourage de Hosni Moubarak, des fonds estimés à 320 millions d'euros : les procès pourraient aussi permettre à l'Egypte de récupérer cette manne financière.

    Procès pour la répression violente contre les manifestants

    Hormis les procès pour corruption, le ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et six de ses collaborateurs seront jugés le 21 mai prochain pour avoir donné l'ordre de tirer sur des manifestants pacifiques et pour avoir créé une situation d’insécurité lors du retrait de la police de l'espace public – le procès avait débuté le 26 avril et avait été reporté.

    Plus de 800 personnes ont été tuées et des milliers blessées pendant la contestation qui a conduit à la chute de Hosni Moubarak le 11 février dernier et au transfert du pouvoir au Conseil suprême des forces armées, comme l’explique Heba Morayef, de Human Rights Watch au Caire :

    « Les 28 et 29 janvier, les services de sécurité égyptiens ont tué plus de 840 personnes pendant les manifestations et devant des commissariats. Ce que le gouvernement veut faire au plus vite, c’est commencer ces procès. Dès le début des chefs de division du ministère de l’Intérieur, et le ministre lui-même, ont été arrêtés, leur procès a été reporté au 21 mai ».

    Les manifestants arrêtés jugés par des tribunaux militaires

    L’ancien président Hosni Moubarak devrait répondre aussi de ces chefs d’accusation, c’est ce qu’attend Heba Morayef : « L’ex-président Moubarak est impliqué, mais nous ne savons pas encore quand il sera entendu par le tribunal à cause de son état de santé. La justice mène une enquête sur Moubarak et ses fils pour corruption et aussi pour avoir ordonné de tirer sur les manifestants ».

    Pendant que ces procès des proches de Moubarak s'accélèrent, d'autres procès sont en cours et largement éclipsés par les médias locaux. Alors que les hauts responsables de l’ancien régime sont jugés dans des tribunaux civils, des militants arrêtés après la chute de Moubarak et des criminels de droit commun - en tout plus de 8000 personnes - sont jugés de façon expéditive par des tribunaux militaires. De nombreux militants pacifiques ont été condamnés à 3 ans de prison comme le jeune peintre Amr Eissa.

    Pour l’ancien ambassadeur Hussein Haridi, cette justice rapide est nécessaire depuis que la police a déserté les rues de la capitale : « Le Conseil des forces armées a promis de relâcher les personnes qui étaient innocentes et qui avaient été arrêtées car elles n’avaient pas respecté le couvre-feu. Je pense que ce dossier sera traité correctement par les autorités et que la plupart seront relâchées ».

    La peine de mort, toujours en vigueur en Egypte

    En revanche, Heba Morayef de Human Rights Watch dénonce des détentions arbitraires et un système judiciaire déséquilibré. « Il y a eu plus de 5000 décisions par des cours militaires au cours des deux derniers mois, et chaque procès fait passer 5 à 6 personnes en même temps. Ces procès ne respectent pas les normes des droits de l’homme ».

    Heba Morayef demande que tous les manifestants qui ont été jugés par des cours militaires voient leur jugement annulé et soient rejugés dans les tribunaux civils. « Si ce n’est pas le cas, c’est un mauvais signal, cela signifie qu’on commence cette nouvelle période en Egypte après la révolution avec des gens qui auront été jugés lors de procès qui ne sont pas équitables ».

    Certains accusés encourent la peine de mort, toujours en vigueur en Egypte, c’est la peine que réclament de nombreuses familles de victimes notamment à l’encontre de l’ancien ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli.

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