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    Moyen-Orient

    Benyamin Netanyahu devant le Congrès : des «non» et des conditions

    media Benyamin Netanyahu devant le Congrès américain le 24 mai 2011. REUTERS/Jason Reed

    Benyamin Netanyahu a prononcé un discours très attendu ce 24 mai, devant les deux chambres du Congrès des Etats-Unis. Le Premier ministre israélien a salué les révoltes du « printemps arabe », il a une nouvelle fois mis en garde contre les ambitions nucléaires de l’Iran et il a évoqué sa vision d’un accord de paix avec les Palestiniens. Il s’est dit prêt à des « concessions douloureuses » mais avec des conditions et des refus qui ne devraient pas permettre la relance des négociations.

    De notre correspondant à Jérusalem, Nicolas Falez

    Dans son discours du département d’Etat le 19 mai, Barack Obama avait souhaité voir naître un Etat palestinien dans des frontières proches de celles de 1967. Réponse de Benyamin Netanyahu : les frontières de 1967 sont « indéfendables », le chef du gouvernement israélien n’accepte même pas l’idée américaine que ces lignes servent de point de départ à la négociation.

    Le Premier ministre israélien dit qu’il se montrerait « généreux » sur la taille d’un futur Etat palestinien mais il se veut intraitable sur le tracé des frontières, qui doivent englober les grands blocs de colonisation. Il annonce même que des colonies doivent continuer à exister en dehors d’Israël en cas d’accord de paix.

    Benyamin Netanyahu rejette toute idée de division de Jérusalem, dont les Palestiniens revendiquent la partie orientale pour en faire leur capitale. Il exige le maintien d’une présence militaire dans la vallée du Jourdain. Il affirme que la solution au problème des réfugiés palestiniens doit se trouver « hors d’Israël » Et il exige que les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’Etat juif. « Ce n’est pas une recette pour la négociation, ni pour la paix », soupire Ghassan Abdallah, militant de la société civile palestinienne, joint par RFI. Selon un porte-parole du Président Mahmoud Abbas « Benyamin Netanyahu ajoute des obstacles à la paix ». Même tonalité de la part du Hamas, selon lequel Benyamin Netanyahu pose
    des conditions « impossibles à remplir » pour les Palestiniens…

    La coalition reste stable

    Avec de telles conditions, Benyamin Netanyahu n’a pas mis en péril sa coalition, qui aurait pu voler en éclat si le Premier Ministre israélien avait envisagé de plus importantes concessions. « Benyamin Netanyahou ne représente pas l’opposition israélienne, ni l’Union européenne, ni le gouvernement américain », note Emmanuel Navon, professeur de relations internationales à l’université de Tel Aviv et qui approuve la politique de l’actuel gouvernement. « Je remarque que nous avons un Premier ministre du Likoud qui soutient un Etat palestinien, ce qui représente un changement énorme. Alors que la direction du Fatah ne bouge pas d’un iota. Au contraire, elle se radicalise, comme le montre son alliance avec le Hamas » ajoute Emmanuel Navon.

    Cet accord de réconciliation Hamas-Fatah, Benyamin Netanyahu l’a clairement rejeté durant son discours devant les parlementaires américains. « Israël ne négociera pas avec la version palestinienne d’al-Qaïda » a lancé le chef du gouvernement israélien. Netanyahou demande donc à Mahmoud Abbas de « déchirer l’accord de réconciliation » qu’il vient de signer avec le mouvement islamiste.

    Les Palestiniens à l’ONU en septembre

    Dans ce contexte, on voit mal les Palestiniens renoncer à leur projet d’aller à l’ONU en septembre, pour demander la reconnaissance internationale de leur Etat. Une perspective que Barack Obama pourrait évoquer cette semaine, lors de son séjour en Europe. Mais après avoir obtenu si peu de Benyamin Netanyhu, il lui sera difficile de demander à ses interlocuteurs européens de ne pas soutenir la démarche des Palestiniens aux Nations unies.

     

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