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    Moyen-Orient

    Syrie : un partisan du dialogue national témoigne

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    Pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui exigent de lui l’ouverture d’un dialogue national, Bachar el-Assad avait créé en juin un comité chargé de mener la Syrie vers « un Etat multipartite et démocratique », avec à sa tête le vice-président Farouk al-Chareh. Une réunion préparatoire s’est déroulée dimanche 10 juillet à l’Hôtel Sahara à Damas en l’absence de tout représentant des manifestants, qui ont qualifié ce « dialogue national » de « monologue ».

    De fausses promesses d’ouverture selon les manifestants

    Environ 200 personnes étaient invitées à cette réunion : des personnalités proches du régime, des membres du parti Baas au pouvoir, quelques opposants et des personnes présentées comme des indépendants (acteurs, écrivains, intellectuels…). Les autorités avaient assuré aux délégués qu’ils participeraient à de véritables réformes sur le multipartisme, la liberté d’expression, les élections, y compris la révision de l’article 8 de la Constitution, qui stipule que le parti Baas au pouvoir depuis 1963 est le « dirigeant de l’Etat et de la société ». Justement, l’opposition réclamait l’abrogation de cet article.

    Les partisans actifs du régime participent donc à ce qui est présenté comme une « préparation à un dialogue national », mais ils n’ont en réalité pas intérêt à un quelconque changement et veulent conserver leur pouvoir à tout prix. En revanche, certaines personnes présentes dans cette réunion commencent à se préoccuper d’une alternative à Bachar el-Assad, mais elles ont peur de l’éventuelle accession des Frères musulmans au pouvoir ou du risque d’une partition du pays.

    Le régime dénonce un complot de l’étranger et agite le spectre du chaos

    Le régime joue sur cette peur du chaos à l’intérieur du pays. Le nouveau président de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a d’ailleurs rencontré le président Bachar el-Assad ce mercredi à Damas, il a rappelé « l’importance de la stabilité en Syrie … nécessaire pour assurer la stabilité » dans tous les pays de la région ; il a aussi refusé « toute ingérence dans les affaires intérieures des pays arabes ».

    Les contestataires de la rue et l’opposition dans sa large majorité refusent tout dialogue tant que la répression continue, que les prisonniers politiques ne sont pas libérés, que des enquêtes sur les crimes commis ne sont pas ordonnées, et que la liberté de manifester pacifiquement n’est pas garantie. Les manifestants eux, réclament la chute du régime et des élections libres.

    De leur côté, les autorités dénoncent un complot ourdi de l’étranger : les manifestants seraient manipulés de l’extérieur pour commettre des violences contre des civils et les forces de sécurité et ainsi déstabiliser le pouvoir. Le président Bachar el-Assad avait qualifié les manifestants de « saboteurs » ou d’« extrémistes » dans son troisième discours le 20 juin dernier.

    La « rencontre consultative du dialogue national » du 10 juillet s’est tenue dans un climat de forte suspicion, après les visites des ambassadeurs américains et français dans la ville de Hama où étaient mobilisées d’immenses manifestations. Les autorités ont qualifié ces visites « d’ingérence dans les affaires intérieures ». En réaction, des partisans du régime ont attaqué lundi 11 juillet les représentations diplomatiques des deux pays à Damas.

    Malgré ces tensions diplomatiques et la poursuite de la répression par les forces de sécurité dans plusieurs villes du pays, le gouvernement a qualifié les discussions du 10 juillet de « franc succès ». Le vice-président Farouk al-Chareh a martelé que « sans un système politique multipartite démocratique … notre société ne parviendra pas à la liberté et à la paix civile ».

    C’est ce que prône Elias Khouri, président de l’Union des juristes arabes et représentant de cette ONG auprès de l’ONU à Genève. Il soutient le président Bachar el-Assad et croit à cette ouverture démocratique du régime.

    RFI : Une grande partie de l’opposition ne veut pas participer à cette ébauche de dialogue national, quel est votre regard sur cette initiative ?

    Elias Khouri : Le dialogue national, c’est la voie à emprunter. La seule voie. Je milite depuis plus de 30 ans en faveur du dialogue entre les nations pour résoudre les problèmes économiques, sociaux, culturels ou relatifs aux droits de l’homme. En dehors du dialogue, c’est la violence qui prévaut, et le recours à la violence ne résout aucun problème. Le pouvoir en Syrie a cédé en faveur des revendications des manifestants syriens. Il a réagi positivement en ouvrant toutes les voies possibles pour un dialogue entre toutes les idées, entre tous les opposants, quelles que soient leurs tendances ou leur sensibilité politique ou leurs intérêts économiques.

    Je crois que ceux qui ne veulent pas participer, n’ont pas vraiment envie d’aider à résoudre nos problèmes nationaux. Ces gens-là revendiquent plutôt le pouvoir lui-même. Ils ne veulent pas trouver solution, tout ce qu’ils veulent, c’est arriver au pouvoir rapidement.

    RFI : Parmi ceux qui ont refusé de participer à ce dialogue, il y avait des personnes qui au départ y étaient plutôt favorables mais qui ont changé d’avis après la répression par l’appareil d’Etat. Ils ont donc demandé l’arrêt de cette répression avant l’amorce de tout dialogue.

    E. K. :
    A cet égard, je souhaite faire la remarque suivante : la répression s’exerce aussi de la part de manifestants et de petits groupes armés qui sont infiltrés parmi eux, qui coupent les routes, agressent les forces de l’ordre, et même qui tuent et mutilent. Ces gens-là sont infiltrés, soit payés par l’extérieur, soit mal informés ou mal orientés.

    Il est vrai qu’il y a eu une répression inadmissible de la part des forces de l’ordre contre les manifestants, qui a commencé à Deraa dans le sud du pays. Mais nous avons observé qu’il y avait des éléments infiltrés, armés, qui ont brûlé des établissements publics et privés, et qui ont tué des policiers. Ces groupes armés sont financés par des officines implantées dans la région, dans certains émirats, en Europe et aux Etats-Unis. La violence nécessite une réaction violente des forces de sécurité pour rétablir l’ordre.

    Ceux qui veulent vraiment le dialogue étaient présents lors des trois jours de réunion préparatoire, même s’ils n’étaient pas physiquement présents. Selon mes informations, leurs idées étaient présentes. Autour de la table, tous les problèmes ont été abordés, y compris les problèmes de retrait des forces de sécurité, la libération des prisonniers - de tous les prisonniers – le rétablissement de l’ordre et la garantie pour les citoyens de vivre librement, avec dignité mais aussi en sécurité.

    RFI : Que pensez-vous des opposants qui refusent toute intervention étrangère, mais qui réclament un changement de régime et une ouverture démocratique ?

    E. K. : Justement, nous sommes est en train de discuter de l’ouverture démocratique et de l’Etat de droit. D’ailleurs, la déclaration finale de ces rencontres parle expressément de cette thématique. C’est une transition qui se fera avec l’accord du régime actuel. Mais pour ces gens-là ne pas participer au dialogue est un prétexte. Ils disent qu’ils ne veulent pas d’intervention militaire, mais ils appellent le Conseil de sécurité à voter une résolution ou encore le Conseil des droits de l’homme. Ils essayent maintenant de provoquer un incident diplomatique pour faire voter une résolution au Conseil de sécurité, comme cela a été fait en Irak ! Tout avait commencé par une résolution puis deux, puis trente sous le chapitre VII de la charte des Nations unies pour demander une intervention armée illégale.


     

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