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    Moyen-Orient

    Violences en Syrie : l’indéfectible soutien russe à Damas

    media Le président syrien Bashar al-Assad (G) serre la main de son homologue russe Dmitry Medvedev (D) à Damas, le 10 mai 2010. Photo : Khaled al-Hariri/ Reuters

    Alors que les Européens, appuyés par les Etats-Unis, avaient présenté, deux jours plus tôt, un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies sanctionnant Bachar el-Assad et son entourage, Moscou a dévoilé, vendredi 26 août, sa propre mouture : un document bien moins contraignant, appelant à une simple « poursuite des réformes ». Une énième marque de soutien au régime syrien qui entretient d’étroites relations avec le Kremlin depuis l’ère soviétique.

    Comme un écho à l’initiative de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et du Portugal, la Russie a avancé sa position vis-à-vis de la Syrie : il n’est pas question de geler les avoirs de 23 personnalités syriennes (dont ceux du président), comme le soumettait le projet européen. Une semaine auparavant, Moscou s’était déjà élevée contre les appels occidentaux exigeant la démission de Bachar el-Assad. Comme seule réponse à la répression qui frappe l’opposition syrienne, la diplomatie russe lui somme de poursuivre les réformes promises au soir du 20 juin dernier, dans son discours à l'université de Damas.

    Au Conseil de sécurité des Nations unies, une bataille diplomatique s’est donc engagée. La Chine et la Russie, de concert, ont refusé de participer aux discussions sur le texte européen. Moscou s’est même voulue menaçante en sous-entendant qu’elle pourrait faire usage de son droit de veto.

    Une défiance vis-à-vis de l'opposition syrienne

    Car ni le départ du président el-Assad, ni même des sanctions à son encontre, ne sont une option pour le Kremlin. Et si une délégation de l’opposition à l’étranger s’est bien rendue dans la capitale russe, le 27 juin dernier, cette entrevue n’a accouché d’aucune concession susceptible de lui donner du crédit. Justifiant cette prise de distance avec l’opposition syrienne, Mikhaïl Marguelov, le président de la Commission des affaires internationales du Conseil de la Fédération, expliquait, au début du mois, que celle-ci comptait en son sein des éléments islamistes, « proches des Frères musulmans ».

    Mais bien plus que l’hypothétique instabilité qui découlerait d’un changement de régime, c’est la solidité des liens établis avec celui en place qui conditionne l’attitude russe. Depuis la période soviétique, les deux pays entretiennent de très bonnes relations diplomatiques, commerciales et militaires. Si bien que cette preuve de soutien n'a rien d'exceptionnel : en 2005, par exemple, la Russie avait décidé d’alléger la dette syrienne de plus de 70%. Trois ans plus tard, Damas apportait son soutien à l'action russe en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

    Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays se sont accrus dans le courant des années 2000, et les ventes d’armes figurent en bonne place des exportations russes en direction du régime baasiste. « Tant qu’il n’y a pas de sanctions, d’instructions ou d’ordres du gouvernement, nous sommes tenus de remplir nos engagements contractuels », déclarait ainsi Anatoli Isaïkine, le président de l’entreprise fédérale d’exportation d’armement, il y a une semaine, alors que l’on comptait déjà plus de 2000 victimes de la répression.

    Des atouts géostratégiques

    Le port de Tartous abrite des installations militaires russes. world factbook/wikimedia.org

    Mais pour Moscou, les raisons de ne pas sanctionner le régime en place sont à trouver essentiellement dans le domaine géostratégique. Depuis un accord passé entre l’URSS et la Syrie, en 1971, les Russes disposent d’une position militaire dans le port de Tartous, sur la côte sud-ouest du pays. Depuis 2008, le duo Medvedev-Poutine s’est ressaisi du dossier et désire installer, à Tartous, une véritable base navale à compter de 2012, destinée à accueillir des navires lourds, comme des frégates, des croiseurs et des porte-avions, dans le cadre du schéma de redéploiement de la flotte russe de la mer Noire.

    De plus, par sa position stratégique au Proche et Moyen-Orient, le régime syrien se révèle être un appui de choix à la diplomatie russe qui souhaite demeurer présente sur les dossiers « chauds » de la région (relations israélo-palestiniennes, nucléaire iranien, tensions religieuses au Liban), Damas ayant l’oreille à la fois du Hamas, du Hezbollah et de Téhéran. Ainsi, en décembre 2010, le représentant pour le Proche-Orient du ministère des Affaires étrangères russe s’est entretenu, dans la capitale syrienne, avec Khaled Mechaal, président du bureau politique du Hamas, prenant le contre-pied de la politique occidentale d’ostracisme vis-à-vis du mouvement islamiste.

    Néanmoins, le Kremlin semble souffler le chaud et le froid dans le dossier syrien. Si la Russie a des raisons indéniables d’appuyer Damas, elle tempère, au gré des périodes, cette amitié, afin notamment de ménager ses partenaires occidentaux. « On a tendance à croire – j’ignore pourquoi – que nous avons des relations particulières avec la Syrie. De telles relations existaient en effet à l’époque soviétique. Aujourd’hui, il n’y en a plus », se défendait Vladimir Poutine, le 21 juin dernier. Le signe, aussi, que Damas n’aura peut-être pas indéfiniment toute la latitude d’action qu’elle souhaite aux yeux des Russes.

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