GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 10 Décembre
Mercredi 11 Décembre
Jeudi 12 Décembre
Vendredi 13 Décembre
Aujourd'hui
Dimanche 15 Décembre
Lundi 16 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Moyen-Orient

    Dix ans après le 11-Septembre, l’internationale terroriste mise en échec par les révolutions arabes

    media Un jeune homme devant des policiers sur la place Tahrir. Les révolutions arabes semblent symboliser l'échec de l'idéologie djihadiste. Le Caire, le 30 août 2011. REUTERS/Mohamed Abd El-Ghany

    Dix ans après son attentat spectaculaire à New-York, l’internationale terroriste al-Qaïda est battue en brèche par les premiers succès du mouvement des révolutions arabes. Le renversement par des voies pacifiques des dictateurs tunisien et égyptien est une défaite cuisante pour l’idéologie djihadiste.

    C’est un « Front islamique mondial de lutte contre les juifs et les croisés » qu’Oussama Ben Laden avait créé fin 1998 pour mener son djihad international. Les partisans d’al-Qaïda avait en effet identifié l’Occident judéo-chrétien comme leur ennemi principal et ses obligés musulmans, en Afrique et en Asie en particulier, comme des cibles prioritaires. L’internationale terroriste d’al-Qaïda était alors parvenue à recruter suffisamment de candidats au suicide sur les cinq continents pour monter les attentats spectaculaires du 11-Septembre. Ceux-ci devaient apporter la preuve de sa force de frappe physique et idéologique, l’objectif étant rien moins que de mettre le monde au diapason de sa vision extrémiste.

    Des mots d’ordre à l’opposé de l’idéologie djihadiste

    Dix ans plus tard, en Tunisie d’abord, puis en Egypte, de simples citoyens aux mains nues sont parvenus à désarçonner suffisamment des dictatures très policières ou fortement militarisées pour les contraindre au moins à réviser leur absolutisme politique et à se défaire de ceux qui les incarnaient au sommet de l’Etat. Mais surtout, ces changements révolutionnaires ont été arrachés sur des mots d’ordre pacifistes et le plus souvent laïcs, à l’opposé de l’idéologie djihadiste. Et, depuis janvier 2011, le vent du changement souffle de Maghreb en Machrek jusque dans la péninsule arabique qui vit naître les pères fondateurs d’al-Qaïda et où les monarchies pétrolières parviennent de plus en plus difficilement à acheter la paix sociale pour garantir la pérennité de leurs régimes autoritaires.

    Dix ans après - Notre dossier spécial

    Les partisans du changement n’ont pas encore gagné la partie, y compris en Tunisie et en Egypte, en Syrie, au Bahrein ou au Yémen, sans parler de l’Arabie saoudite et des autres monarchies pétrolières qui maintiennent le couvercle politique solidement verrouillé. Face à la répression sanglante, les oppositions arabes comptent déjà des « martyrs » par milliers. Mais à la très grande différence des kamikazes recrutés par al-Qaïda, les militants de ces révolutions refusent les attentats aveugles et même très largement le passage à la lutte armée. Ils rejettent tout autant l’idéologie globalisante d’al-Qaïda, contraint de réduire ses visées internationalistes et d’adapter son discours pour survivre, avec notamment une série de messages de soutien aux révolutionnaires arabes lorsque leurs chances de succès se sont précisées.

    Finalement, tout spectaculaires et médiatiques qu’ils auront été, conformément aux desseins d’al-Qaïda, les attentats du 11-Septembre n’auront nullement été le triomphe qu’il espérait. Consacré ennemi public numéro 1 de l’Occident, al-Qaïda n’a pas emporté l’adhésion massive qu’il escomptait du côté des peuples musulmans. Sa stratégie terroriste a au contraire été instrumentalisée par les régimes arabes confrontés à des aspirations démocratiques qui s’avèrent justement très éloignées de l’islam « politique » revu et corrigé par le Saoudien-Yéménite Oussama Ben Laden. Jusqu’à sa mise à mort au Pakistan par un commando américain, le 2 mai dernier, le père fondateur de l’entreprise al-Qaïda a dû composer avec les enjeux nationaux de ses partisans pour garder la main sur ses filiales.

    Ce qu’al-Qaïda a raté, la jeunesse arabe l’a réussi

    En 1995, les amis islamistes soudanais d’Oussama Ben Laden n’avaient pas réussi à en finir avec le président égyptien, Hosni Moubarak, cible d’un attentat raté à Addis-Abéba. Le 11 février dernier, en 18 jours seulement, la jeunesse égyptienne, est parvenue à faire sortir le Raïs du jeu égyptien, sans discourir sur la rapacité occidentale ou la malveillance israélienne et sans se préoccuper du poids de leurs appuis aux régimes censés servir de rempart à l’islamisme. C’est ce que chacun a pu voir en Egypte comme en Tunisie. Et même le retour en force des islamistes, frères musulmans en tête, sur les scènes politiques arabes marque à sa manière l’échec de la stratégie djihadiste. C’est même explicitement ce qu’observe par exemple le chef de guerre libyen Abdelhakim Belhadj.

    Commandant en chef des « combattants révolutionnaires » à Tripoli après la fuite de Mouammar Kadhafi, Abdelhakim Belhaj, se défend d’avoir jamais adhéré à la motion internationaliste d’al-Qaïda malgré son itinéraire djihadiste d’Arabie saoudite en Afghanistan, au Soudan et en Malaisie. Il jure que son combat n’avait d’autre vocation que purement nationale, la chute de Kadhafi en l’occurrence. Des déclarations peut-être de circonstances mais qui témoignent en tout cas des difficultés grandissantes d’al-Qaïda à mobiliser sur des bases internationalistes. En témoigne aussi l’attitude de l’opposition en Egypte, terre natale du successeur d’Oussama Ben Laden, Ayman al-Zawahiri.

    Né en 1951 dans la banlieue du Caire, médecin de formation, mais aussi théologien, Ayman al-Zawahiri a dirigé l’organisation paramilitaire du Djihad islamique égyptien après un séjour au Pakistan où il participait à la lutte contre l’armée soviétique en Afghanistan. Compagnon d'Oussama Ben Laden depuis les années 1980, sans charisme personnel, al-Zawahiri est l’un des principaux idéologues d’al-Qaïda. Il n’est pourtant pas parvenu à être prophète du terrorisme en son pays où Hosni Moubarak est tombé le 11 février sous la pression pacifique de la rue.

    Une entreprise mondiale réduite à des succursales régionales

    Avec Ayman Al-Zawahiri, al-Qaïda s'est engagé à poursuivre la guerre sainte contre les Etats-Unis et Israël. Mais depuis le 11-Septembre, au lieu de gagner en crédit et en ampleur, la nébuleuse s’est enkystée au Maghreb et dans la Péninsule arabique en particulier, mais aussi en Asie. En Irak, en dépit des attentats qui perdurent sporadiquement elle n’a pas bien résisté aux coups de boutoir américano-chiites du pouvoir post Saddam Hussein. Très à l’aise sur le net, elle s’est efforcée de recruter de nouveaux terroristes à l’intérieur même de l’Occident, avec en particulier le site et le magazine américain en anglais « inspire » du prédicateur américano-yéménite Anwar al-Awlaqi. Mais là où elle surfe le mieux, au Sahel et au Yémen, ses objectifs planétaires initiaux sont désormais limités par des problématiques régionales ou locales conjoncturelles.

    Avant sa mort, Oussama Ben Laden est sorti à plusieurs reprises de sa retraite pakistanaise pour attribuer en quelque sorte son label à une action terroriste qu’il n’avait sans doute pas initiée et dont il n’avait vraisemblablement même pas été tenu informé comme la prise d’otages français le 16 septembre 2010 sur le site d’une mine d’uranium du groupe français d’Areva à Arlit, au nord du Niger. Opération revendiquée par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ainsi validée comme succursale de l’entreprise d’Oussama Ben Laden qui avait aussi consacré une filiale al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) dirigée par un des ses anciens secrétaires, Nasser al-Wahishi, et par un ancien chef d’al-Qaïda en Afghanistan, Qassem al Rahimi.

    Oussama Ben Laden est originaire du désert central du Hadramaout, la région de Shiban d’où sa famille a émigré en Arabie saoudite. Les cellules américaines de Guantanamo sont remplies de Yéménites, les détenus les plus nombreux avec les Saoudiens. Et depuis l’attaque du destroyer américain USS Cole dans le port d’Aden, au sud du pays, en 2000, les Etats-Unis apportaient une aide militaire consistante au président Ali Abdallah Saleh en proie lui aussi depuis le début de l’année 2011 à une contestation multiforme. Il est aujourd’hui en convalescence surveillée en Arabie saoudite depuis un attentat qui l’a défiguré en juin dernier.

    Saleh était jusque là parvenu à jouer de la menace terroriste, mais aussi de sa rébellion chiite au Nord, pour garder l’appui américain et saoudien. Le repli au Yémen des partisans saoudiens ou irakiens d’al-Qaïda constituent plus que jamais pour le président contesté une carte à jouer aussi bien à l’extérieur qu’avec son opposition. Et nul doute qu’il lui cède volontairement la place, comme de nombreux témoignages le signalent en indiquant que les forces loyalistes se retirent sans combattre de certaines places-fortes d’al-Qaïda. Mais en réalité, au Yémen, al-Qaïda profite davantage des solidarités tribales que de son aura idéologique.

    Le retour aux sources yéménites d’al-Qaïda concerne un nombre de militants très fluctuants, au rythme des enjeux locaux. Elle connaît des métastases régionales aussi de l’autre côté du détroit d’Aden, dans la Somalie sans Etat depuis deux décennies. Et au plan mondial, le danger terroriste reste certainement réel. Mais si la mobilisation occidentale peut partiellement expliquer pourquoi l’idéologie internationaliste d’Oussama Ben Laden n’est jamais parvenue à ébranler les dictatures arabes qu’elle prétendait combattre, c’est en toute indépendance d’esprit que les peuples opprimés du Moyen-Orient lui ont en majorité clairement tourné le dos.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.