Palestine / Unesco - 
Article publié le : lundi 31 octobre 2011 à 22:04 - Dernière modification le : mardi 01 novembre 2011 à 11:55

L'admission de la Palestine à l'Unesco reçoit des échos divers et contrastés

Riyad al-Malki, le ministre des Affaires étrangères palestinien lors de la 36e session de l'Unesco, le 31 octobre 2011.
Riyad al-Malki, le ministre des Affaires étrangères palestinien lors de la 36e session de l'Unesco, le 31 octobre 2011.
Reuters/Benoit Tessier

Par RFI

L'admission de la Palestine ce lundi 31 octobre 2011 en tant que membre de l'Unesco a provoqué une vague de réactions positives dans le monde arabe, le mécontentement des Etats-Unis, et des craintes de la part du premier secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon, qui s'inquiète de voir Washington couper les subventions, qui représentent 22% du budget de l'Unesco.

Dans les Territoires palestiniens, les autorités ont suivi le vote de l'Unesco de très près. Celui-ci était d'ailleurs diffusé en direct sur la télévision locale. Notre correspondant Mouhssine Ennaimi a suivi les débats avec elles dans les locaux du ministère des Affaires étrangères. Il a recueilli la réaction spontanée du porte-parole, pour qui ce vote est une victoire symbolique mais aussi politique.

Hassan Balawi

Porte-parole de l'Autorité palestinienne

C'est un signe important pour nous que la majeure partie de la planète... s'est prononcée aujourd'hui pour la justice, pour la victoire de la juste cause du peuple palestinien.(...) Nous attendons maintenant que les Etats-Unis et l'UE fassent pression sur Israël pour mettre fin à l'occupation.

 

31/10/2011 par Mouhssine Ennaimi

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Etats-Unis : un vote « prématuré et contreproductif »

Avec notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes

« Une distraction, un raccourci ». Voilà comment Washington qualifie le vote de ce lundi

David Killion

Ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Unesco

Il y a d'autres façons de promouvoir la cause du peuple palestinien que de chercher à décrocher un statut de membre prématuré auprès de l'Unesco.

 

31/10/2011 par Véronique Gaymard

à l'Unesco. Un vote qui « nous distrait de notre objectif commun de négociations directes », affirme le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

Un peu plus tôt, l'ambassadeur américain à l'Unesco avait, lui aussi, évoqué d'incontournables négociations directes. « Il n'y a pas d'autre voie », a affirmé David Killion. « Nous ne pouvons pas accepter l'admission prématurée de la Palestine » a jouté le diplomate, pour justifier le vote négatif de Washington, ce lundi.

En effet, les Etats-Unis n'avaient pas vraiment le choix. Deux lois datant des années 90 interdisent au gouvernement américain de financer une agence de l'ONU qui accepterait la Palestine en tant qu'Etat membre, en l'absence d'un accord de paix préalable avec Israël. Washington avait donc clairement annoncé qu'en cas de vote positif, ce lundi, les Etats-Unis suspendraient leur participation financière à l'Unesco qui représente 22% du budget de l'agence.

Ce lundi la nouvelle est donc tombée. Le Département d'Etat a annoncé la suspension immédiate de la contribution américaine. « Nous devions verser 60 millions de dollars en novembre. Nous ne le ferons pas », a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine.

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La France a voté pour l’adhésion de la Palestine à l’Unesco alors qu'elle s'était abstenue lors du vote au conseil exécutif.

Bernard Valéro

Porte-parole du ministère français des Affaires étrangères

Nous avons pris nos responsabilités, cela veut dire d’une part que nous avons répondu à la question et que, d’autre part, nous continuons à prier nos partenaires palestiniens de travailler en direction de l’Assemblée générale de Nations unies parce que nous savons très bien qu’aux Nations unies nous allons vers un échec qui est annoncé à partir du moment où l’un des membres permanents a indiqué qu’il voterait contre une reconnaissance de la Palestine aux Nations unies.

 

31/10/2011 par Monique Mas

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Israël : « une manœuvre palestinienne unilatérale qui ne changera rien sur le terrain »

Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul

Pour le ministère israélien des Affaires étrangères, il s’agit d’une « manœuvre palestinienne unilatérale » qui ne changera rien sur le terrain, mais éloigne davantage la possibilité d’un accord de paix.

Le Premier ministre israélien parle de « démarche inadmissible » et la réaction la plus forte provient du chef de la diplomatie israélienne. Avigdor Lieberman propose qu’Israël rompe toutes formes de relations avec l’Autorité palestinienne et lui fasse payer le prix fort. Le ministre envisage de couper toutes coopérations avec l’Unesco.

Israël enregistre donc ce qu’il considère comme un nouvel échec sur le front diplomatique et les reproches vont en premier lieu à l’Unesco, une organisation qui, souligne-t-on, a pour but de promouvoir la science et la culture, et non pas de déterminer qui est apte à obtenir le statut d’Etat. La décision aurait dû être prise par le Conseil de sécurité et par l’Assemblée générale des Nations unies à New York et non pas par cette agence de l’ONU à Paris.

Critique également à l’égard de l’Autorité palestinienne : « les actions des Palestiniens à l’Unesco nient à la fois les négociations bilatérales et la proposition du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, ONU, Russie et Union Européenne ndlr) de poursuivre le processus diplomatique », souligne un responsable israélien. Et ce que les Israéliens souhaitent à l’heure actuelle, ce sont des négociations discrètes avec les Palestiniens, loin des micros et loin des caméras.

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L'Afrique a majoritairement voté en faveur de l'admission de la Palestine

Le continent africain, qui a toujours soutenu la Palestine, a voté en masse même si certains Etats comme le Togo, le Rwanda, l'Ouganda, le Cameroun, la Côte-d'Ivoire et le Libéria se sont abstenus et que Madagascar, l'Ethiopie et l'Erythrée se sont diplomatiquement absentés.

L'Afrique a soutenu l'admission de la Palestine à l'ONU

Moriké Damaro Kamara est le ministre guinéen de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Nous souhaitons que l'Etat d'Israël et l'Etat de Palestine vivent en paix. Notre philosophie en Afrique (c'est que) quand deux frères ne s'entendent pas, il faut qu'un troisième, un quatrième, un cinquième frère... leur expliquent ce qu'ils doivent faire et c'est ce qu'a fait l'Unesco...

 

01/11/2011 par Boniface Vignon

 

tags: ONU - Territoires Palestiniens
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