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    Moyen-Orient

    La «guerre de l’ombre» du Mossad israélien en Iran

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    Le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) révèle les efforts de la République islamique pour se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran dément. Israël se sent directement menacé par la perspective d’un Iran nucléaire et appelle donc l’Occident à prendre de nouvelles sanctions contre la République islamique. Tout en laissant planer la menace de frappes préventives contre l’Iran, l’Etat hébreu mène une guerre secrète contre Téhéran et son programme nucléaire.

    De notre correspondant à Jérusalem,

    Les faits sont troublants. Depuis 2010, trois scientifiques iraniens impliqués dans le programme nucléaire de leur pays ont été assassinés. Dernière victime en date : Darioush Rezaei abattu par balles à Téhéran, en juillet dernier. Troublantes aussi, ces mystérieuses explosions qui, ces dernières années, ont touché des bases ou des membres des Gardiens de la Révolution, la force d’élite du régime islamique, impliquée dans les programmes nucléaire et balistique du pays.

    Le 12 novembre, l’une de ces bases a été dévastée par une déflagration qui a fait 36 victimes dont le responsable des missiles iraniens, le général Hassan Moghadam. Enfin, à deux reprises cette année, l’Iran a reconnu être victime d’un virus informatique. Le premier d’entre eux, Stuxnet, aurait affecté des centres nucléaires du pays.

    Ces événements ont-ils une origine commune ? Oui, selon la plupart des spécialistes israéliens des questions de sécurité et de défense. « Israël a les moyens de mener de telles actions », estime Elie Karmon, chercheur à l’Institut du contre-terrorisme d’Herzliya. Avis partagé par Michel Bar-Zohar, ancien député israélien, historien, très proche du président Shimon Peres dont il est le biographe : « Nous essayons de retarder ce programme le plus possible et nous avons réussi, assure Michel Bar-Zohar, ils devaient être prêts en 2007 et ne le seront pas avant 2013, 2014 peut-être 2015 ».

    Silence officiel

    Les dirigeants israéliens restent muets à propos de ces « accidents » en cascade sur le territoire iranien. De l’avis des spécialistes, c’est le Mossad, le service de renseignement et d’opérations extérieures de l’Etat hébreu qui est en première ligne pour tenter de freiner les progrès nucléaires de l’Iran. Ni les effectifs ni le budget du Mossad ne sont connus mais en termes de ressources « ce que le Mossad veut, le Mossad l’obtient », affirme Ronen Bergman, spécialiste des questions de défense au quotidien israélien Yediot Aharonot et auteur d’un livre intitulé La Guerre secrète contre l’Iran.

    Selon Ronen Bergman, le Mossad est impliqué dans la collecte d’informations en Iran mais aussi dans des opérations sur le terrain. En termes de renseignements, « le Mossad israélien, la CIA américaine, le BND allemand, le MI-6 britannique et la DGSE française ont la même vue d’ensemble des projets nucléaires de l’Iran, explique le spécialiste, mais quand on parle d’opérations de sabotage, je dirais que si l’un de ces pays a décidé de mener une action alors il la mène en solo ». De l’avis des spécialistes, l’architecte de cette guerre secrète d’Israël contre Téhéran s’appelle Meir Dagan, récemment remplacé à la tête du Mossad par Tamir Pardo.

    Sabotage à distance

    Des agents israéliens peuvent-ils mener des actions clandestines dans un pays ennemi, aussi distant et contrôlé que l’Iran ? Les experts répondent par l’affirmative mais soulignent que d’autres moyens existent, tels que l’utilisation de groupes d’opposants iraniens ou la fourniture de matériel saboté à l’avance. Et plusieurs sources israéliennes citent le même exemple : celui de cette nouvelle cascade de centrifugeuses (machines servant à enrichir l’uranium) qui a explosé dès sa mise en route dans l‘usine iranienne de Natanz. Probablement parce qu’un des composants livré à l’Iran avait été saboté en amont.

    Frappes aériennes

    Ces actions semblent donner des résultats mais elles n’écartent pas le risque d’une intervention aérienne israélienne de grande ampleur contre les installations iraniennes. En 1981, l’aviation israélienne a bombardé le réacteur nucléaire irakien Osirak qui avait été fourni par la France à Saddam Hussein. En septembre 2007, en Syrie, les bombardiers israéliens ont réduit en miettes une mystérieuse installation, probablement un réacteur nucléaire clandestin.

    Israël –qui dispose de la bombe atomique sans l’avoir officiellement reconnu- ne veut pas d’un autre Etat nucléaire dans la région. Le scénario de la frappe préventive est à prendre au sérieux. « Mais la situation est différente, de l’Irak et de la Syrie, selon Elie Karmon, l’Iran dispose de nombreux sites, dispersés dans tout le pays. Israël a les moyens d’une telle opération mais elle prendrait deux ou trois semaines. La question est donc : que se passera-t-il après le premier ou le deuxième jour de frappes ? ».

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