Syrie / Ligue arabe - 
Article publié le : mardi 03 janvier 2012 à 10:43 - Dernière modification le : mardi 03 janvier 2012 à 10:48

Syrie : un pays de la Ligue arabe demande le retrait de la mission des observateurs

Marrat Hrama, Syrie, 30 décembre 2011. Au cour d'une manifestation contre le régime de Bachar el-Assad, un jeune garçon brandit une pancarte qui proclame : «A la ligue des pharaons arabes, pas de bénédiction sur vous, pas de bénédiction sur vos efforts».
Marrat Hrama, Syrie, 30 décembre 2011. Au cour d'une manifestation contre le régime de Bachar el-Assad, un jeune garçon brandit une pancarte qui proclame : «A la ligue des pharaons arabes, pas de bénédiction sur vous, pas de bénédiction sur vos efforts».
© Reuters

Par RFI

Alors que le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, interrogé ce mardi 3 janvier 2011 par une télévision française, indiquait qu'il souhaitait  voir la mission des observateurs de la Ligue arabe «clarifiée», un pays arabe au moins a demandé le retrait de la mission de Syrie. Une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères doit avoir lieu prochainement pour évaluer cette mission.

De notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Au siège de la Ligue arabe, au Caire, on précise que le pays qui a demandé le retrait de la mission des observateurs en Syrie, est un État du Golfe.

Les pays du Golfe sont les plus virulents dans la condamnation de la sanglante répression du soulèvement syrien. Un intérêt qui ne s’explique pas seulement par la pure défense des droits de l’homme. Il ne s’explique pas non plus par la volonté affichée du Qatar de devenir une puissance arabe, du moins diplomatiquement. En fait, les pays du Golfe, musulmans sunnites, sont préoccupés par la montée en puissance, depuis la chute de Saddam Hussein, d’un axe musulman chiite qui va du Hezbollah libanais aux Alaouites syriens, la branche du chiisme à laquelle appartient l'actuel chef de l'État Bachar el-Assad, jusqu'à, bien sûr, l’Iran.

Déstabilisation interne ?

L’Iran, devenu une grande puissance régionale, cherche à réimposer sa loi sur le golfe Persique. Beaucoup d’habitants de l’est de l’Arabie Saoudite et des autres États du Golfe sont chiites. Leur présence fait craindre une déstabilisation interne téléguidée par Téhéran. Pour contrer cet axe, les pays du Golfe soutiennent donc le soulèvement syrien.

Si le régime de Damas tombait, c’est la majorité sunnite qui prendrait le pouvoir. La Syrie deviendrait alors un rempart, empêchant l’Iran de soutenir le Hezbollah au Liban. L’Iran chiite serait alors entouré d’un croissant sunnite composé des pays du Golfe, de la Syrie et de la Turquie.

Lors de l'entretien accordé ce mardi matin à la chaîne de télévision I-Télé, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a indiqué : « Les conditions dans lesquelles se déroulent aujourd'hui cette mission d'observateurs méritent d'être clarifiées » en évoquant ses doutes sur son déroulement.

tags: Bachar el-Assad - Droits de l’homme - Ligue Arabe - Syrie
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