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    Moyen-Orient

    D’où viennent les tensions entre ultra-orthodoxes et laïcs en Israël ?

    media Bnei Brak est l'une des villes les plus marquées religieusement d'Israël. Ici les «craignant de dieu» lors de la fête de Pourim, en 2010. Uriel Sinai/Getty Images

    Une série d’incidents a profondément marqué l’opinion israélienne ces dernières semaines. Une partie des juifs ultra-religieux du pays tente d’imposer la séparation hommes-femmes dans l’espace public. Décryptage d'une tendance qui commence à peser lourd sur la vie sociale du pays.

    Il y a d’abord eu ces cérémonies militaires problématiques : des soldats religieux ont exprimé le souhait de ne pas entendre de femmes chanter. L’affaire a suscité une vive émotion dans un pays où les hommes passent trois ans à l’armée et les femmes deux.  

    Puis en décembre, l’histoire de cette Israélienne de 28 ans, Tanya Rosenblit, montée à bord d’un bus reliant la ville d’Ashdod (sud d’Israël) à Jérusalem. Une ligne fréquentée par des ultra-orthodoxes et sur laquelle les hommes voyagent à l’avant du véhicule et les femmes à l’arrière. La jeune femme n’a pas voulu se plier à cette règle tacite… Furieux, des « hommes en noir » l’ont alors entourée et insultée, bloquant le départ du bus pendant une trentaine de minutes. Lorsque la police est enfin arrivée, ce fut pour demander à la passagère de s’asseoir à l’arrière. Outrée, Tanya Rosenblit a raconté son histoire aux médias.

    L’affaire a suscité des réactions au plus haut niveau, le Premier ministre Benyamin Netanyahu et le président Shimon Peres s’exprimant avec vigueur contre les tentatives d’une minorité d’imposer son mode de vie dans l’espace public.

    Puis il y a eu l'affaire de Beit Shemesh, ville peuplée de juifs religieux, non loin de Jérusalem. Les Israéliens ont été émus et parfois furieux du récit d’une petite fille de 8 ans, Na’ama Margolis, qui a raconté à la télévision l’attitude hostile et menaçante de certains ultra-orthodoxes de son quartier. Là, des incidents ont éclaté lorsque la police a tenté d’ôter des panneaux demandant aux femmes de ne pas passer devant une synagogue. Bousculade, injures… les policiers ont même été traités de « nazis » par les ultra-orthodoxes de ce quartier.

    Qui sont ces « ultras » ?

    Ce sont des haredim des « craignant Dieu », frange la plus pieuse du judaïsme. Vêtus de noir, les hommes portent barbe et chapeau et souvent des papillotes sur les côtés du visage. Les femmes sont aussi vêtues de couleurs sombres, la tête couverte d’un bonnet tricoté ou d’une perruque. Le monde ultra-orthodoxe représente environ 10% de la population israélienne. Les membres de cette communauté vivent concentrés dans certains quartiers de Jérusalem ou dans des villes très marquées religieusement comme Bnei Brak près de Tel-Aviv ou Beit Shemesh. Deux grandes colonies de Cisjordanie, Modiin Ilit et Beitar Ilit, sont également des localités à dominante ultra-orthodoxe. « Mais les fauteurs de troubles ne sont qu’une petite minorité de ce monde orthodoxe », assure Yaakov Sitruk, rabbin français installé depuis 25 ans en Israël.

    Pourquoi veulent-ils la séparation entre hommes et femmes ?

    « C’est une loi, explique le rabbin Yaakoc Sitruk, dans le judaïsme il y a des circonstances dans lesquelles hommes et femmes sont séparés ». Mais le religieux précise « il faut faire une différence entre la Halakha (la loi juive) et les usages ou les volontés de chacun. Je peux comprendre que certains veuillent séparer hommes et femmes dans un autobus. Mais la loi juive ne l’exige pas ». La question ne se pose plus depuis longtemps dans les secteurs peuplés exclusivement d’ultra-orthodoxes. « Cela fait des décennies qu’il est impossible pour une femme de se promener en pantalon à Mea Shearim (quartier religieux de Jérusalem), explique le journaliste et écrivain Marius Schattner auteur d’un ouvrage intitulé Israël, l’autre conflit (André Versaille éditeur)… mais tant que cela se passait chez eux ça allait. Le problème c’est que la démographie et la pauvreté pousse ces populations à s’installer dans d’autres secteurs. Et là des frictions sont possibles ».

    Quelle réaction des laïcs israéliens ?

    Avec un taux de natalité supérieur à 7 enfants par femme, la population ultra-religieuse est en pleine expansion en Israël. Les ultra-orthodoxes représentent aussi l’un des groupes sociaux les plus pauvres, notamment parce que leur idéal d’étude de la Torah et des autre textes sacrés les tient éloignés du monde du travail. Une situation qui les assimile à un « fardeau pour la société », selon de nombreux laïcs israéliens. S’ajoute à cela le fait que la plupart des « hommes en noir » ne font pas leur service militaire, ce qui suscite méfiance et incompréhension dans un pays où l’armée est une institution centrale.

    Nombreux sont donc les Israéliens à exprimer leur ras-le-bol. Fin 2010, des manifestations ont dénoncé une allocation automatique versée aux étudiants religieux pères de famille. Et depuis plusieurs mois, on ne compte plus les rassemblements dénonçant le risque d’exclusion des femmes de la sphère publique sous la pression des religieux. « Le public israélien commence à comprendre le danger, lance Eyal Akerman de l’ONG « Israel Hofshit » qui milite pour la laïcité en Israël. Pour le jeune militant, « il faut une séparation totale de la religion et de l’Etat en Israël, mais il ne faut pas attendre, cela doit être maintenant ».

     

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