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Article publié le : dimanche 15 janvier 2012 - Dernière modification le : dimanche 15 janvier 2012

Syrie: Ban Ki-moon presse Bachar el-Assad de «cesser de tuer son peuple»

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à Beyrouth, le 15 janvier 2012.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à Beyrouth, le 15 janvier 2012.
REUTERS/Mohamed Azakir

Par RFI

Bachar el-Assad a promulgué une amnistie générale pour les personnes impliquées dans les «événements» depuis le 15 mars, comme il l'avait déjà fait précédemment deux fois en mai et juin, sans que l'on sache si celà sera de nature à calmer les manifestants. Au même moment, depuis Beyrouth où il se trouve, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, exhorte le dirigeant syrien à cesser les massacres. « La répression mène à l'impasse », a-t-il martelé.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalife

De Beyrouth, à 120 kilomètres de Damas, Ban Ki-moon a adressé un message sans équivoque à Bachar el-Assad.

« Rien n’arrêtera le vent du changement qui a éclaté il y a un an en Tunisie. Rien ne brisera la volonté des gens à retrouver leur dignité et leur liberté, et à mettre un terme à la corruption ».

S’adressant nommément au président syrien, le secrétaire général des Nations unies l’a exhorté à stopper les tueries. « Cessez de tuer votre propre peuple ! La voix de la répression est sans issue ! », a martelé Ban Ki-moon.

Pour le secrétaire général de l’ONU, le temps de l’autocratie, du transfert du pouvoir à l’intérieur d’une même famille, du monopole des richesses, du musellement des médias et de la privation des libertés fondamentales est révolu.

Le dossier syrien était au centre des entretiens de Ban Ki-moon ces deux derniers jours à Beyrouth. Il a évoqué la situation des réfugiés syriens avec les responsables libanais. Ceux-ci ont réitéré leur refus d’installer un camp pour les familles syriennes ayant fui leur pays. Selon eux, la majorité des réfugiés est hébergée chez des proches au Liban et vit dans des conditions acceptables.

Les promesses non tenues de Bachar el-Assad

L'agence officielle Sana annonce, sans donner plus de détails, que « le président Assad a promulgué un décret stipulant une amnistie générale pour les crimes commis pendant les évènements entre le 15 mars 2011 et le 15 janvier 2012 ».

Cette simple phrase trahit l'incapacité du président syrien à trouver une réponse à la crise que traverse son régime. Comment peut-il en effet justifier de décréter une amnistie, alors que depuis le début de la révolte, il accuse les manifestants d'être au choix, des terroristes liés à al-Qaïda, des membres de gangs armés qui veulent semer le chaos, ou encore, le bras armé d'un complot venu de l'étranger ?

L'annonce de cette amnistie traduit d'autant plus l'impuissance de Bachar el-Assad, que ce n'est pas la première qu'il promet. Le 31 mai 2011, tous les détenus politiques, y compris les Frères musulmans, étaient censés être libérés, puis le 21 juin, tous les auteurs de crimes commis depuis le 15 mars, date du début de la révolte, puis en novembre, ceux qui rendraient leurs armes à la police seraient amnistiés...

Et encore, ces dernières semaines, le régime avait promis la libération à ceux qui n'avaient pas de sang sur les mains. Pour leur grande majorité, ils attendent toujours en prison, dans des conditions effroyables.
RFI

tags: Bachar el-Assad - Ban Ki-moon - Liban - Syrie
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