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    Moyen-Orient

    Faut-il des soldats à la place des observateurs arabes en Syrie ?

    media De la fumée s'élève au-dessus de Homs, le 13 janvier 2012. REUTERS/Handout

    Les observateurs dépêchés par la Ligue arabe en Syrie le 26 décembre 2011 doivent conclure aujourd'hui un rapport déterminant pour la suite de la mission. Celle-ci pourrait être suspendue et le Qatar a même suggéré d’envoyer des troupes « pour faire cesser la tuerie ». Parallèlement, le Conseil de sécurité de l'ONU reste divisé sur le dossier syrien.

    Convient-il de renforcer la mission d’observation arabe ou faut-il plutôt mettre sur pied une force d’interposition arabe en Syrie ? Simple hypothèse d’école pour une Ligue arabe trop divisée pour s’engager clairement ou bien défi à relever après une pluie de critiques ? A l’instar de ses semblables, l’organisation a souvent laissé passer l’orage en faisant le dos rond. Et dimanche, au Caire, les chefs de la diplomatie arabe devront débattre du sujet à la lumière du rapport des observateurs attendus ce 19 janvier.

    Ligne de faille sunnite-chiite

    Samedi 21 janvier, c'est le Comité de la Ligue arabe sur la Syrie qui va se pencher sur la question. Or ce comité ad hoc est actuellement présidé par le Qatar d’autant plus pressé d’imposer sa marque qu’il passera le relais à l’Irak en mars prochain. L’Irak désormais partie prenante du croissant chiite dont le régime alaouite de Bachar al-Assad est le maillon le plus faible et qui passe par l’Iran et le Liban du Hezbollah. Un axe confessionnel qui coïncide avec des fractures politiques alarmantes en ces temps de contestation dans les pays du Golfe, en particulier en Arabie Saoudite et au Bahreïn.

    Dans l'immédiat et pour la Ligue arabe, en Syrie, c’est l'avenir de sa mission d'observation qui est en jeu et avec elle le plan de sortie de crise qui lui avait permis de sauvegarder une certaine image d’organisation « au-dessus de la mêlée ». Les 165 observateurs étaient chargés de vérifier que Damas tient les engagements pris devant la Ligue arabe le 2 novembre dernier : à savoir le retour aux casernes des forces de répression, la libération des opposants et l'ouverture d'un vrai dialogue politique avec leurs représentants.

    Le régime de Bachar al-Assad n’a même pas cherché à finasser avec l’opinion internationale en donnant à la Ligue les arguments qu’il n’aurait pas déplu à certains de ses Etats membres d’obtenir pour donner du grain à moudre aux adversaires les plus résolus de la minorité alaouite. A défaut du moindre allégement de la répression, la Ligue arabe a donc suspendu de ses rangs la Syrie le 12 novembre avant de décréter des sanctions quinze jours plus tard, en l’occurrence un gel des relations commerciales et bancaires de ses membres avec la Syrie : Une double première dans l’histoire de l’organisation panarabe.

    Le Qatar aux avant-postes

    Finalement, la Ligue arabe a quand même envoyé des observateurs en Syrie, le 26 décembre dernier. Une décision qui témoigne des divergences d'opinion sur le régime de Bachar al-Assad au sein de l’organisation. Mais la mission a immédiatement essuyé le feu de critiques lancées à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie. Le Qatar avait déjà été l'un des premiers à dénoncer le fait que les observateurs arabes dépendent des autorités syriennes en matière de transport, de sécurité et même de communication.

    Dimanche 15 janvier, l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani est monté au créneau sur une chaîne de télévision américaine pour recommander l'envoi de troupes arabes en Syrie, afin de « mettre fin à la tuerie » a-t-il dit. Une idée à mettre sur la table ce week-end, selon le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, mais aussi de l’avis de son prédécesseur Amr Moussa qui est aujourd’hui candidat à la présidence en Egypte. L’Egypte, dont le Qatar met provisoirement à profit l’éclipse momentanée, de même qu’il passe sur l’avant-scène diplomatique du Golfe le temps d’une difficile succession en Arabie Saoudite comme le souligne le chercheur de l'Institut français d'analyse stratégique, David Rigoulet-Roze.

    Avec cette proposition, Doha repose en fait à sa manière la question de fond : Intervention militaire ou bien solution négociée ? Comment sortir de la crise syrienne ? Avec des soldats et non plus des observateurs ? Pour sa part, Damas a immédiatement répliqué en rejetant catégoriquement tout déploiement de troupes sur son territoire ce qui signifie que si l’idée était malgré tout retenue, il faudrait « forcer » la Syrie à l’admettre. Une implication militaire panarabe ou seulement qatarienne à laquelle ne croit pas du tout l'opposition syrienne rassemblée derrière le Conseil national syrien, le CNS, qui n’espère pas non plus d’ailleurs une quelconque initiative décisive de la Ligue arabe.

    Une Ligue arabe divisée

    Vice-président de la commission affaires étrangères du CNS, Monzer Makhous, ne voit que gesticulations intéressées dans la proposition du Qatar comme dans l’envoi d’une délégation d’observateurs dirigés par un officier soudanais accusé de crimes contre l’humanité dans son pays. « La Ligue arabe est à l’image parfaite d’un monde arabe divisé entre ceux qui comme l’Algérie ou l’Irak veulent la survie du régime syrien et les autres qui comme l’Arabie Saoudite veulent sa fin », dit-il. A son avis l’organisation va essayer de sauver la face en continuant « à parler d’observation et de dialogue » tandis que Damas « change les noms des villages et des quartiers où sont conduits les observateurs », que les forces de répression « continuent de tuer dans le dos des observateurs » et que le pouvoir monte de toutes pièces « l’opposition avec laquelle il veut bien discuter ».

    Quant au Qatar, Monzer Makhous ne croit pas qu’il risquera des troupes dans l’aventure syrienne, où Damas l’attend de pied ferme comme « un agent des Occidentaux et en particulier des Américains ». De son côté, le chercheur David Rigoulet-Roze rappelle que le riche émirat du Golfe a au moins les moyens financiers de ses ambitions diplomatiques et qu’il a lancé une « OPA » sur l’islam politique sunnite en pleine ascension dans le mouvement de contestation arabe. « On l’a vu en Libye », dit-il, où des troupes qatariennes sont allées soutenir les rebelles islamistes, comme il le fait aujourd’hui avec ceux de Syrie, mais aussi en Tunisie où Doha finance le mouvement Ennahda.

    Le Qatar a aussi la main du côté de l’Armée syrienne libre aux confins turco-syriens, où s’agiterait également une pléiade d’envoyés des services secrets occidentaux. Affinités et inquiétudes idéologiques pèsent sur la gestion internationale du dossier syrien. Et si la Chine et la Russie se rangent catégoriquement contre l’idée d’une intervention internationale en Syrie, les sanctions occidentales ne paraissent pas suffisantes pour faire plier le régime. Le Conseil de sécurité est paralysé lui aussi par les divergences d’opinion. L’opposition syrienne du CNS persiste quand même à demander que la Ligue arabe lui passe la main.

    Début janvier 2012, la Ligue s'était prononcée pour l'envoi de nouveaux observateurs en renforts. Une décision suspendue après une attaque contre plusieurs de ses envoyés en Syrie. Un bon motif pour consolider la mission ou au contraire pour jeter l'éponge.

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