ONU : la résolution de la Ligue arabe sur la Syrie à l'épreuve du veto russe

Le texte soumis le 31 janvier 2012 au Conseil de sécurité est le troisième projet de résolution sur la Syrie depuis le début des violences dans ce pays. Le premier a reçu un double veto russe et chinois. Le second, présenté par la Russie, s’est perdu dans d’interminables négociations. Cette fois, le texte introduit par le Maroc porte le sceau de la Ligue arabe. Le secrétaire général de l’organisation, Nabil al-Arabi, défendra lui-même cette résolution devant le Conseil de sécurité. Aux yeux des Occidentaux, ce soutien des pays arabes à un changement de pouvoir à Damas est une évolution majeure dans le dossier syrien.
De notre correspondant à New York
Dans les grandes lignes, le texte présenté ce mardi, dont RFI s’est procuré une copie, reprend les propositions de la Ligue arabe pour mettre fin au conflit : l'appel à l’arrêt de toutes les violences, la libération de toutes les personnes détenues « arbitrairement », le retrait des forces armées des villes syriennes, et enfin l'accès libre et entier aux observateurs de la Ligue arabe.
Le cœur de la résolution se trouve au paragraphe 7. On y trouve les propositions pour une transition du pouvoir en Syrie, telle que décrite au cours de la houleuse réunion de la Ligue arabe le 22 janvier dernier, au Caire. Bachar el-Assad est sommé de « déléguer toute son autorité » à son vice-président, qui serait chargé de former un gouvernement d’union nationale et de préparer des « élections transparentes et démocratiques », sous supervision internationale et de la Ligue arabe. Le terme « déléguer » est volontairement large pour ne pas être accusé de soutenir un renversement du régime, mais entre les lignes, c’est bien du départ du président syrien dont il s’agit.
Si le texte demande également l’arrêt des violences de « toutes les parties y compris les groupes armés [ d’opposition, NDLR] », l’accent est mis sur les « violations des droits de l’homme flagrantes et généralisées » de la part des autorités syriennes. Un langage contesté par la Russie. Moscou considère en effet essentiel d’établir une équivalence dans la responsabilité des violences entre les autorités syriennes et l’opposition. Les Européens et les Etats-Unis s’y refusent.
Ne pas franchir la ligne rouge tracée par Moscou
La résolution ne comporte ni sanctions, ni référence à la Cour pénale internationale (CPI), deux lignes rouges pour la diplomatie russe. Pas question non plus d’adopter un embargo sur les armes. Le Conseil se contenterait d’exprimer sa « profonde inquiétude sur le transfert continu d’armes vers la Syrie ».
Cette résolution a-t-elle une chance d’être adoptée ? L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitaly Churkin, a déjà indiqué que le texte était « inacceptable » en l’état.
La Russie se refuse pour l’instant à lâcher Bachar el-Assad, son dernier allié au Proche-Orient. Un veto russe sera politiquement délicat car interprété comme un vote de Moscou contre le monde arabe et la volonté de la Ligue arabe, mais cela reste l’hypothèse la plus probable. La Russie peut également choisir de s’abstenir et laisser passer cette résolution. La Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Pakistan, également très réservés, suivront probablement la décision russe quelle qu’elle soit.

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Commentaires (4)
« Merci ! »
« Merci ! »
De quoi il à parler en réalité Son Excellence ?
Primo :
Moi je pense que le ton va monter chez les diplomates occidentaux et je comprends du fait la colère française qui cotise à fond la caisse , car il s'agit d'un inédit pour le futures actions Onusienne , pris en flagrant délit d’inaction et « complicité » et qui pourra de lors faire jurisprudence pour tout sort des dictatures alors que certes, le budget des Nations Unis diminue constamment donc : ça « réserve » légendaire fut remise en cause .
Secundo :
Devant l’Amérique latine qui cherche un droit de veto et tas d’autre pays « émergente », Paris et non seulement doit changer de stratégie pour être crédible et balayer ainsi la complaisance de forme gardé habituelle depuis les 30 ans derniers avec l’O.N.U, car intenable aujourd’hui et faire appuie sur des ex-dictatures « redevenue fréquentable » ce qui explique les insistance « Merci » presque humiliante mais à quel point salvatrice en période occidentale électorales.
Terso :
S’appuyé indirectement sur « la voix arabe », cela permet sans doute globalement et économiquement de créer un consensus au gout de la Chine et de la Roussie, déçu de ce voire systématiquement obligé – pour cause d’un régime communisme et de terreur - d’être sur la touche et ce « différencier » ainsi.
En conclusion, je ne crois pas que on est devant la vengeance (légitime) Iraquienne mais plutôt dans un tournent nouveaux qui métra sans doute plus tard les prémices d’une modification plus que impérieuse de la fameuse charte onusienne ; seul la bonne volonté commune pourra modifier cette dernière ; bientôt, je crois, et progressivement le continent de l’Afrique du sud va se réveiller …
Personnellement j’en doute que chaque année l’OTAN pourra faire le sale boulot de nettoyage, rien que pour le plaisir de servir de scout contre le conservatisme technocrates qui pulluler dans les pensées onusienne.
Le courage de l’anticiper et dire haut et fort, voilà son vrai message ! A quel prix reste voire… Merci encore Paris !
LES MEMES BETISES DE LA LYBIE
Vous voulez commettre les mêmes erreurs que vous aviez faites en terre libyenne, l'OTAN a massacré, tué les libyens, vous avez sauvagement tué Kadafi, la RUSSIE A PARFAITEMENT RAISON. NOUS SOUTENONS FERMEMENT LA RUSSIE. Pourquoi dire à un Président de la République de quitter le pouvoir, vraiment les occidentaux et la ligue arabe, je sais pas comment vous qualifier.
Personne n'est dupe , merci l'internet.
Vous etes le premier a crier sur tous les toits sur les crimes commis en Syrie mais les memes crimes sont commis en RDC sous silence total des occidentaux.Brovo la Chine , Bravo la Russie.Aujourd'hui nous savons tous que vous n'etes qu'une bande de manupilateur. Vive l'internet , vive Face book car la au moins nous avons des informations fiables.
deux poids deux mesures
la plupart des pays dela ligue arabe sont pays dirigés par les monarchies c'est - à dire les regimes dictatoriaux pourquoi ne pas commencer par democratiser ces pays ;de plus quel est ce regime occidental democratique ? personne ne doute des fraudes qui ont amené au pouvoir Sarkozy et beaucoup de presidents et premiers ministres occidentaux.le monde n'est plus ce qu'il etait au xix siecle quand la planette toute entiere etait dupée par un groupuscule malhonnète pour s'emparer des biens des peuples des Etats souverains . c'est fini ça; et l'Afrique se prepare à une guerre sans merci contre l'occident c'est une question de temps.
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