Syrie : nouveau bain de sang à Homs
A Homs, ce sont près de 300 personnes qui auraient été tuées pour la seule journée d'hier, vendredi 3 février 2012, affirme le Conseil national syrien (CNS). Même s’il est difficile de savoir avec précision ce qui se passe dans ce pays fermé à la presse et soumis à un strict contrôle, les images diffusées par les télévisions arabes et les témoignages recueillis évoquent une violence accrue et aveugle.
Les témoignages décrivent un bombardement impitoyable, une ville transformée en zone de guerre. Personne, ni aucun quartier n'a été épargné par « une véritable pluie de bombes ». Et c'est un véritable bain de sang qui est décrit. Le bombardement de la ville a démarré hier, vendredi 3 février vers 17 heures, heure locale, et s'est poursuivi jusqu'à l'aube. Les témoins déclarent que les premiers pilonnages se sont surtout concentrés sur le quartier d'al-Khalidiya, où de nombreuses maisons se sont effondrées sur leurs occupants et où l'on dénombre la majorité des victimes.
Tout au long de la nuit, les bilans n'ont cessé de s'alourdir. Selon les opposants du Conseil national syrien, c'est « l'un des massacres les plus horribles depuis le début (en mars dernier), du soulèvement en Syrie ». L'opposition estime qu'il s'agit de représailles après les nouvelles défections enregistrées au sein des forces armées.
Un tournant au Conseil de sécurité de l’ONU ?
Depuis le début du soulèvement, Homs compte parmi les principaux foyers de contestation du régime de Bachar el-Assad. Les nouvelles du bombardement de Homs ont évidemment circulé dans tout le pays. Dans plusieurs localités, des manifestants ont commencé à se regrouper. La journée de ce samedi risque d'être longue et sanglante en Syrie.
C’est dans cette atmosphère que se réunit vers 15 heures (TU) le Conseil de sécurité de l'ONU qui est toujours divisé. Le régime de Damas est soutenu par la Russie et la Chine. Tous deux ont jusqu'à présent systématiquement opposé leur veto à toute condamnation. Avec ce qu'il vient de se passer, les délégations occidentales qui tentent de faire plier le régime, estiment que cette fois, Pékin et Moscou auront du mal à justifier un veto.
En tout cas, jusqu'ici, le régime se montre « assez solide » sur le plan international, peut-être « assez soutenu » pour continuer à se comporter sans complexe avec une brutalité inouïe.

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