Irak : le trafic commercial reprend sur le fleuve Chatt el-Arab après 31 ans

En Irak, le Chatt el-Arab s’ouvre à nouveau au trafic commercial. Le confluent, marquant la frontière entre l’Irak et l’Iran avait été fermé par Saddam Hussein alors en guerre contre Téhéran. 31 ans plus tard, c’est à l’initiative de la compagnie pétrolière britannique Shell qu’un port a été inauguré ce mardi 7 février. Celui-ci devrait permettre aux embarcations en provenance du golfe Persique de poursuivre leur expédition jusqu’à l’intérieur des terres. Une idée séduisante, mais qui soulève de nombreuses interrogations.
Avec notre correspondante à Bagdad, Fatma Kizilboga
L’idée peut sembler séduisante. L’utilisation des voies fluviales apporterait un soutien indéniable à la reconstruction du pays, très ralentie par le manque d’infrastructures et d’investissements.
Mais une interrogation persiste, celle relative à la sécurité de ces eaux. La zone, qui marque la frontière entre l’Iran et l’Irak, est en effet connue pour son trafic de contrebande, principalement d’armes en provenance d’Iran. Un problème que les autorités irakiennes ont bien du mal à endiguer, alors qu’aucun renforcement de la coopération avec Téhéran n’a encore été évoqué.
Autre question, concernant cette fois la capacité du Tigre et de l’Euphrate à accueillir la traversée de porte-conteneurs, sachant que Bagdad se plaint continuellement de leur faible débit. Un contentieux de longue date, véritable poison des relations avec les voisins turcs et syriens qui prétendent respecter le partage des eaux.
A quelques semaines du passage de l’Irak à la présidence de la Ligue arabe, Bagdad aurait-elle obtenu certaines concessions de Damas ? Difficile à vérifier, mais le scénario, lui, n’est pas écarté par certains diplomates.

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