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Article publié le : mercredi 08 février 2012 - Dernière modification le : mercredi 08 février 2012

Syrie : quelles pistes pour une sortie de crise ?

Poignée de main entre le président syrien Bachar el-Assad (G) et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, à Damas, le 7 février 2012.
Poignée de main entre le président syrien Bachar el-Assad (G) et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, à Damas, le 7 février 2012.
Reuters/Pool

Par Murielle Paradon

Alors que les violences continuent en Syrie, les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter de sortir le pays de la crise et mettre fin aux violences qui ont fait au moins 6 000 morts en moins d’un an. La Russie tente une médiation, tandis que les capitales occidentales accentuent la pression sur le régime de Bachar el-Assad.

Bachar el-Assad est prêt à « faire cesser les violences d’où qu’elles viennent ». Cette déclaration faite à l’issue d’un entretien avec le chef de la diplomatie russe a immédiatement été démentie par les bombardements qui ont redoublé d’intensité sur la ville de Homs, haut lieu de la contestation au régime.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov était à Damas mardi 7 février 2012. La Russie qui a apposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU la semaine dernière, ne veut pas du départ de Bachar el-Assad, elle a des intérêts en Syrie. Elle prône plutôt un assouplissement du régime, qui pourrait être négocié avec l’opposition, après un arrêt des violences. Pour l’instant, on en est loin.

Selon Philippe Migault, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), « la balle est dans le camp de Bachar el-Assad. Mais s’il décide de s’engager dans un mouvement de dialogue, il faudra qu’en face il y ait du répondant. Nous pouvons très bien imaginer qu’une partie de l’opposition soit d’accord pour transiger avec le pouvoir, pour trouver des compromis, mais qu’une autre partie ne le soit pas du tout ».

En effet, l'opposition syrienne est divisée. Entre les différentes sensibilités politiques, les appartenances confessionnelles, et surtout le fait qu’il existe une opposition de l’intérieur et une autre de l’extérieur, difficile de trouver un langage commun et d’envisager un dialogue avec Bachar el-Assad, que certains refusent de toute façon.

« Effet d’annonce »

La France, qui soutient le Conseil national syrien, principal mouvement d’opposition à l’étranger, a d'ailleurs proposé d'aider à structurer les différents courants de l'opposition et souhaite créer un « groupe d’amis du peuple syrien », selon les propres termes de Nicolas Sarkozy. Mais cette proposition laisse les experts sceptiques.

« De quel droit la France peut-elle structurer l’opposition ? », s’interroge Judith Cahen, spécialiste de la Syrie à l'Institut national des langues et civilisations orientales, qui ne comprend pas en quoi consiste ce « groupe d’amis » et y voit plutôt « un effet d’annonce ».

La France, tout comme d’autres pays européens a par ailleurs rappelé mardi son ambassadeur en Syrie, tandis que les Etats-Unis ont fermé leur ambassade à Damas et les monarchies du Golfe ont annoncé l’expulsion des ambassadeurs syriens de leurs pays. Pour quel effet ? Aucun, selon Philippe Migault. « La France a cessé depuis longtemps d’être une grande puissance, y compris au Moyen-Orient, ironise-t-il, et le fait que Paris fronce les sourcils ne fait «ni chaud ni froid» à Bachar el-Assad. »

L’opposition armée soutenue de l’extérieur

Pour isoler le régime de Bachar el-Assad, l’Union européenne a choisi une autre voie. Elle envisage de renforcer les sanctions économiques à l’égard de la Syrie. Mais pour Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO), les sanctions prises jusqu'ici se sont révélées inefficaces.

« L’Europe depuis le mois de novembre n’importe plus de pétrole syrien, les entreprises européennes et américaines sont parties (…) mais l’économie syrienne ne s’est pas effondrée car elle a longtemps vécu en état d’autosuffisance. La Syrie est en autosuffisance alimentaire, énergétique. Et puis certains pays lui sont venus en aide. L’Irak a ouvert son marché aux produits syriens ».

Inefficacité des sanctions économiques, impasse diplomatique, l’option militaire est-elle donc envisageable ? Non, même si au sein du Conseil national syrien, certains le souhaitent. Mais les Occidentaux, échaudés par l’expérience libyenne, ne sont pas prêts à s’engager.

Reste la possibilité d’armer l’opposition syrienne, les déserteurs de l’Armée syrienne libre. « C’est déjà fait, affirme Fabrice Balanche. On se doute que le Qatar fait passer des armes en Syrie ou finance l’achat d’armes en Syrie, comme en Libye. Le chercheur s’interroge, est-ce qu’on va continuer à armer cette Armée syrienne libre, sur quelle échelle, avec le risque d’une guerre civile qui dérive en conflit communautaire comme ce fut le cas au Liban ou en Irak ? »

Pour Judith Cahen, la seule solution serait que le pouvoir se fissure de l’intérieur. « La seule chose que je vois c’est que l’armée lâche Bachar el-Assad, qu’elle négocie avec les grandes familles qui tiennent l’économie en Syrie et que le régime implose ». Mais tant que l'armée, forte de 400 000 hommes au moins, reste fidèle à Bachar el-Assad, la répression continuera. Et pour l'instant, l'arme diplomatique reste sans effet.

tags: Bachar el-Assad - Crise économique - Russie - Syrie
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Commentaires (2)

Syrie, oeuvrer pour les réformes engangées et souhaitées

Enfin un article un peu plus nuancé que la doctrine imposée dans les media français depuis 10 mois (en gros: Bashar pas fiable, non diffusé, ordonnant la violence face à des civils tous pacifiques), même s'il n'évoque pas la sortie de crise par la continuation et l'application des réformes souhaitées par tous, sauf par les quelques parties corrompues et manipulées du régime, et bien sûr aussi par les mercenaires équipés et téléguidés par les services anglais et la vieille stratégie du Likud ré-explicitée en 1981. Depuis le printemps l'ambassade de France est informée du plan de réformes, et personne n'en parle. La politique française n'a jamais essayé de rapprocher les parties gouvernementales et les oppositions pacifiques, elle n'a fait que provoquer,déformer, bloquer l'information syrienne gouvernementale, mettre de l'huile sur le feu par les menaces de sanctions, son agit-prop. Mieux valait soutenir Michel Kilo dès qu'il a participé à des réunions publiques à Damas en juillet, plutôt que Bourhan Ghalioun bien loin des perceptions quotidiennes des syriens de l'intérieur.

Opposition et Régime venez négocier

L'opposition et le régime doivent se mettre sur une table pour négocier, le peuple syrien à trop souffert, Pourquoi l'opposition ne veut pas du tout négocier avec Assad ? Pourquoi ? je vous assure que c'est un faux problème, La Russie a parfaitement raison de soutenir la Syrie, l'exemple de la Libye doit interpeller, SVP interpeller chacun de nous. il ne sert à rien, rien d'intervenir militairement pour des avantages mesquins de l'opposition. Du jour au lendemain la Libye s'enfonce dans la crise. A BON ENTENDEUR SALUE.

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