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Article publié le : mardi 13 mars 2012 à 23:17 - Dernière modification le : mercredi 14 mars 2012 à 07:10

Syrie: Bachar el-Assad annonce des législatives en mai alors que la répression se poursuit

Des rebelles tués les poings liés derrière le dos à Homs, lundi 12 mars 2012.
Des rebelles tués les poings liés derrière le dos à Homs, lundi 12 mars 2012.
AFP / Sana

Par RFI

Le président syrien Bachar el-Assad a donné ce mardi 13 mars 2012 sa réponse aux propositions de médiation de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan. Celle-ci n'a pas encore été rendue publique. Le président syrien a lui annoncé ce mardi à la mi-journée la tenue d’élections législatives le 7 mai prochain alors que les combats ont fait 48 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Le régime de Bacahr el-Assad annonce la chute de la ville rebelle d'Idleb.Dans un rapport publié ce mercredi 14 mars, Amnesty international dénonce des pratiques de «torture systématique» sur les détenus.

Adam Ajlani : «à quoi servent des élections dans un pays qui est presque en guerre civile ?»
 

Professeur en sciences politiques au Centre d'études stratégiques

14/03/2012
par Catherine Monnet
 
 

Des législatives « libres et indépendantes », c'est ce qu'annonce Bachar el-Assad au moment où la Ligue arabe dénonce des crimes contre l'humanité et demande une enquête internationale sur ce qui s'est passé à Homs dimanche dernier quand une cinquantaine de femmes et d'enfants ont été massacrés.

Bachar el-Assad a donné mardi en fin de journée sa réponse aux propositions de médiation de Kofi Annan. «Ils ont répondu, nous examinons leurs réponses, nous n'avons pas d'autre commentaire pour le moment» a déclaré à l'AFP le porte-parole du médiateur, Ahmad Fawzi.

Bachar el-Assad joue la montre et les effets d'annonce, mais aussi le fer et le feu contre son opposition qu'il continue de traiter de « terroriste ». Difficile de croire donc qu'il va répondre aux voeux de l'envoyé spécial des Nations unies, Kofi Annan, qui lui demande de suspendre les hostilités, d'autoriser un accès humanitaire et surtout d'ouvrir un dialogue politique. Des demandes qui ont déjà été maintes fois formulées par les diplomaties arabes et occidentales. Sans succès. Bachar el-Assad organisant un référendum constitutionnel fin février quand une présidentielle aurait pu convaincre l'opposition de renoncer à la lutte armée. Une option militaire soutenue par les monarchies pétrolières du Golfe.
 
Aujourd’hui, la solution politique paraît distancée tant par l'obstination de Bachar el-Assad que par la montée en force de l'armée des déserteurs et les embuscades tendues aux forces du régime, comme ce mardi dans la région sud de Deraa, qui s'était enflammée la première il y a tout juste un an. 
 
La prise d'Idleb par l'armée
 
Alors que l'Observatoire syrien des droits de l'homme annonçait mardi soir la mort d'au moins 48 personnes dont de nombreux membres des forces de sécurité, le régime annonçait lui la prise de la ville d'Idleb, près de la frontière turque.

Des frontières que de nombreux Syriens tentent de franchir pour échapper aux combats. Ils seraient environ 30 000 réfugiés syriens à avoir fui les combats et passé les frontières, et 200 000 déplacés à l'intérieur du pays. C'est le Haut-commissariat aux Réfugiés qui a annoncé ces chiffres ce mardi, alors que cette instance de l'ONU vient de nommer un coordonnateur régional pour les réfugiés syriens en la personne de Panos Moumtzis, qui avait déjà auparavant été le coordonnateur humanitaire de l'ONU pour la Libye. Il devrait se rendre cette semaine dans la région.

Le minage des frontières turque et libanaise

Bernard Valéro, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, insiste sur le rôle des pays voisins qui accueillent les réfugiés, notamment le Liban.

Bernard Valéro : «Nous sommes sur un registre dramatique»

Porte-parole du Quai d'Orsay

...(il y a) un nombre considérable de déplacés, de réfugiés. Beaucoup essaient de se mettre à l'abri au Liban malgré les persécutions terribles des forces de répression syriennes. On commence à parler du minage des frontières terrestres de la Syrie avec ses voisins et en particulier avec le Liban et la Turquie. Tout cela est très inquiétant...

 

14/03/2012 par Véronique Gaymard

 

tags: Bachar el-Assad - Ligue Arabe - ONU - Syrie
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(1) Réaction

Législatives en Syrie

Je ne pense pas que M. El Assad abandonnera la répression. Lui demander de suspendre les hostilités sans obtenir de garantie de la part des forces rebelles, c'est pousser son état-major à abandonner du terrain. Il est également difficile d'obtenir des garanties valables de l'opposition si celle-ci continue d'être divisée. Comme la répression a été une formule gagnante pour les autorités durant l'insurrection de 1979-1982, ça m'étonnerait que M. El Assad laisse cette carte. C'est une guerre civile qui a cours, avec des crimes dont la comptabilité n'est pas facile à établir par des sources véritablement indépendantes (ni pro-gouvernementales, ni pro-opposition). En face, l'opposition armée se fera tôt ou tard financée par les monarchies pétrolières islamisantes, et on risquera de se retrouver dans un schéma où, sous couvert de démocratie, des monarchies conservatrices appuieront le renversement et le démantèlement d'un pouvoir dictatorial séculier et l'arrivée au pouvoir de nouveaux conservateurs (Libye) alors que ces monarchies s'efforcent de ne rien concéder auprès de leurs propres populations quand celles-ci aspirent à la démocratie et à l'ouverture (envoi en 2011 d'un corps expéditionnaire saoudien pour mater les manifs au Bahreïn ; emprisonnements de militants ; face à cette situation, appels très timorés au dialogue de la part des États-Unis, qui disposent d'une base militaire au Bahreïn).

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