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    Moyen-Orient

    La traque des cybermilitants syriens sur la toile

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    Il y a un an en Syrie, les premières manifestations contre le régime commençaient à Deraa, dans le sud-ouest du pays. Un an après, le bilan est très lourd. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), la répression par le régime de Bachar el-Assad aurait fait plus de 9 000 morts, en grande majorité des civils. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, les forces armées syriennes pratiquent des méthodes de la terre brûlée pour écraser toutes les révoltes dans le pays. Ceux que l’on appelle les « cyberactivistes » ou « cybermilitants » qui utilisent internet pour diffuser les images des manifestations et de la répression -images qui se retrouvent ensuite sur YouTube et sur les chaînes de télévision- sont particulièrement visés. Reporters sans Frontières a d'ailleurs décerné cette semaine le prix du net-citoyen au centre des médias des Comités locaux de coordination.

    Soazik Dollet Responsable du bureau Moyen-Orient et Afrique du Nord de Reporters sans Frontières. 10/10/2013 - par Monique Mas Écouter

    Les journalistes, bloggeurs ou net-citoyens payent souvent de leur liberté et parfois de leur vie le fait de faire passer des informations sur ce qui se passe en Syrie. Certains d’entre eux ont encore été arrêtés le 16 février dernier à Damas, sept ont été libérés mais huit sont toujours en détention, dont Mazen Darwish, directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression. Selon Lucie Morillon, responsable du bureau « nouveaux médias » à Reporters sans Frontières (RSF), « les journalistes-citoyens doivent faire face à une surveillance généralisée par le régime, à des tortures qui sont appliquées à ceux qui sont détenus, pour essayer de remonter les réseaux d’activistes afin de les neutraliser. Ces personnes qui sont à la fois journalistes et militants prennent d’énormes risques pour nous informer ».

    Les Comités locaux de coordination ont développé des réseaux de militants à travers tout le pays qui tentent de faire passer des informations sur la situation en Syrie. Parfois, ces informations sont transmises par internet lorsque cela fonctionne –ceux qui sont situés près des frontières libanaises, turques ou jordanienne bénéficient de leurs réseaux, par des clés USB ou encore par des vidéos qui passent de main en main. « Aujourd’hui si on n’avait pas internet, on n’aurait pas d’information sur ce qui se passe en Syrie », notamment dans les villes qui ont été pilonnées comme Homs ou Idleb. RSF a remis lundi 12 mars le prix du net-citoyen au centre des médias de ces Comités locaux de coordination (LCC). Une de ses représentantes, la Syro-canadienne Jasmine (pseudo) est venue à Paris pour le recevoir.

    Une organisation en réseau pour quadriller le territoire

    Jasmine n'a que 27 ans, originaire de Hama, la ville qui a été écrasée par le père de Bachar el-Assad en 1982. Ses parents se sont réfugiés au Canada, et c'est depuis ce pays qu'elle opère. Depuis le soulèvement en mars 2011, elle a laissé tomber ses études, son travail et se consacre jour et nuit à la collecte et au tri des informations qui lui sont envoyées depuis la Syrie. « Au centre média où nous opérons, nous avons une grande équipe, et nous traitons l’information de façon très professionnelle. Nous avons un groupe qui se charge des traductions de l’arabe vers le français, puis nous diffusions ces informations vers les médias, nous les publions sur Facebook, sur Twitter, on a aussi une application sur iPhone ». Mais depuis un an, beaucoup de ces cybermilitants sont morts, ont disparu ou sont détenus, car le régime dispose d'outils de plus en plus sophistiqués pour organiser leur traque sur internet et les dissuader de continuer à envoyer des informations auprès de la presse internationale.

    Les cybermilitants tentent de déjouer les pièges de la surveillance en ligne

    Le plus grand souci de Jasmine est de former ses contacts en Syrie. « Pour faire en sorte que leur identité reste anonyme, nous disons aux activistes sur le terrain de ne révéler aucun détail personnel à qui que ce soit, même s’ils ont l’impression qu’ils peuvent faire confiance. On essaye d’apprendre tous les moyens de les maintenir en sécurité. Par exemple, nous avons un groupe de techniciens qui forment les activistes à l’utilisation de programmes cryptés, en insistant pour qu’ils changent leurs mots de passe en permanence, pour s’assurer qu’ils restent toujours en sécurité ».

    RSF tente d’apporter son aide à ces cybermilitants en fournissant ces logiciels cryptés et des moyens de sauvegarder leurs données, leurs réseaux et leurs contacts en prenant le minimum de risque, et contrairement à ce qui se dit, Skype n’est pas forcément l’outil le plus sûr pour communiquer. « On ne peut pas garantir une sécurité en ligne à 100% mais on peut leur donner un certain nombre de conseils, du basique au plus technique, car ils doivent comprendre qu’en face ils ont à faire avec des personnes qui sont très à l’affût et très au point des dernières techniques de surveillance ». Le problème se pose de façon encore plus aigüe pour les militants qui ont débarqué sur la toile sans en connaître les pièges et qui n’ont pas les réflexes de protection dans le domaine du numérique.

    L’Iran fournirait de l’aide logistique au régime syrien

    Selon une source diplomatique occidentale, les services de renseignements syriens bénéficieraient d’une aide logistique en matière de systèmes de surveillance électroniques et de communications fournis par les Iraniens. Une information que RSF confirme. Selon Lucie Morillon, « les services syriens ont en effet gagné en compétence ces derniers temps. On a assisté à beaucoup d’attaques de « fishing », des attaques qui sont destinées à intercepter des communications ou à inciter les dissidents qui se connectent sur leurs comptes de réseaux sociaux par exemple à entrer leur mot de passe et leurs identifiants sur des sites qu’ils croient être sécurisés mais qui ne le sont pas. Ce sont des techniques que les censeurs iraniens maîtrisent parfaitement ».

    C’est la raison pour laquelle plusieurs organisations dont RSF se spécialisent et fournissent leur expertise aux cybermilitants pour les aider à mieux se protéger de ces traques sur la toile. Quant à Jasmine, du centre média des Comités locaux de coordination, elle attend de la communauté internationale qu’elle dénonce ces coopérations entre les régimes iraniens et syriens, et des sociétés de pays européens qui ont pu dans les années précédentes conclure des marchés dans le domaine de la surveillance informatique pour lutter contre le terrorisme. « Nous aidons les gens sur le terrain à utiliser les programmes cryptés, à utiliser des programmes très sûr, à protéger leurs ordinateurs, leur identité sur internet pour se protéger au maximum. C’est tout ce que nous pouvons faire. Nous demandons à la communauté internationale d’empêcher les pays de fournir ces systèmes de surveillance au régime syrien, parce que les militants prennent de plus en plus de risques ».

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