GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 20 Juillet
Dimanche 21 Juillet
Lundi 22 Juillet
Mardi 23 Juillet
Aujourd'hui
Jeudi 25 Juillet
Vendredi 26 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    Trois documentaires syriens inédits, la terreur vue de l’intérieur

    media Captation d'écran du documentaire syrien "Tournesol", "Stories" of Syria, "Rastan" (2011), 25 mn. Siegfried Forster / RFI

    La Syrie aujourd’hui, c’est une guerre du régime de Bachar el-Assad contre son peuple qui a déjà fait plus de 9 000 morts. Ce sont aussi des artistes qui risquent leur vie pour transmettre la réalité à travers leurs œuvres. Trois documentaires syriens, réalisés en 2011 et jusqu’ici inédits, ont pu passer la frontière pour témoigner de la brutalité du régime, de l’espoir d’un peuple, de la créativité et du courage des documentaristes dans la Syrie de nos jours.

    Séance spéciale ce vendredi 16 mars dans une salle bondée du cinéma parisien « La Clef ». Regarder un documentaire sachant que le réalisateur est peut-être en train d’être torturé. Selon les organisateurs, deux des trois auteurs des documentaires inédits projetés ce soir se trouvent dans les geôles du régime de Bachar el-Assad. « Les noms de documentaristes et des équipes de tournage seront révélés après la chute du régime » indique le programme. « Ce sont des films qu’on a eu de l’intérieur de la Syrie avec beaucoup de difficulté, explique Hala Alabdalla, cinéaste syrienne qui a présenté les trois documentaires. Faire sortir des images est très dangereux pour le régime. Les films sont encore plus importants que les images, ce sont des œuvres. » 

    Hama 82-11

    A l’écran, c’est Hama qui ouvre le flot d’images inédites avec des travellings mouvementés dans les rues, avec la force de la foule qui manifeste, des maisons mitraillées, détruites par l'armée et des gens qui racontent dans la pénombre l’histoire terrifiante de cette ville martyre. Hama a déjà été bombardée et anéantie par le père de Bachar el-Assad. C’était après l'insurrection de 1982. Pour la première fois depuis 30 ans, des témoins osent parler des escadrons de la mort et des scènes apocalyptiques qui se répètent aujourd’hui. Le film commence avec une tempête sur un cimetière sous les palmiers d’Hama. Un hommage aux 40 000 morts d’abord massacrés et après enterrés dans le silence.

    3 documentaires et 540 manifestations

    Tous les trois documentaires le témoignent, la répression par le régime syrien n’a pas changé de nature, mais le silence est en train d’être brisé et, aujourd’hui, des voix et des images existent. Omar, 24 ans, journaliste syrien présent lors de la projection à Paris, connaît bien les manifestations, le soulèvement et la répression dont il est question dans les trois films. Il a été arrêté, emprisonné, torturé et, il y a deux mois, il a dû quitter son pays : « Ces films reflètent toujours ce qui se passe en Syrie aujourd’hui. C’est toujours d’actualité. Ce vendredi 16 mars, on a compté 540 manifestations en Syrie. Le milieu culturel joue un rôle très important. La majorité des intellectuels syriens, des cinéastes, des acteurs, ont pris partie pour la révolution syrienne. Aujourd’hui, soit on est arrêté, soit on s’exile. »

    Des vrais documentaires
     

    Les gens à l’intérieur de la Syrie ont besoin de la création artistique.

    Hala Alabdalla, cinéaste syrienne 19/03/2012 - par Siegfried Forster Écouter

    Les réalisateurs préfèrent la voix off, évitent les visages et tout ce qui pourrait servir à identifier les gens. La caméra tremble souvent. Ils filment en courant et, parfois, ils cherchent à se cacher sachant qu’ils risquent de devenir martyrs quelques minutes après. Chaque image sent l’urgence et pourtant, il ne s’agit pas de bribes de vidéo mises sur Youtube, déclare Hala Alabdalla : « Pour moi, ce sont des vrais documentaires. Avec une petite caméra, il y a la volonté de montrer comment la résistance syrienne est en train de se construire, d’exister, de continuer. Ce sont des documentaires tout à fait honorables, réalisés par des documentaristes qui ont été torturés, emprisonnés, menacés de mort, mais ils continuent à travailler. Ils ne montrent pas seulement des manifestations. Il y a une écriture cinématographique. Dans le film sur Hama, il y a des témoignages des gens qui n’ont jamais parlé de ce qui s’est passé pendant les massacres de 1982, mais avec des images d’aujourd’hui, des sentiments d’aujourd’hui. »

    La topographie de la terreur

    Hama (26 mn), Homs (26 mn), Rastan (25 mn), les trois documentaires portent des noms de villes dans leur titre. Ce n’est pas un hasard. Les films racontent cet acharnement contre des villes et des quartiers, ils décrivent la topographie de la terreur et de la résistance. Ils dressent un hommage aux lieux qui permettent aux gens de résister et de garder l’espoir. Dans Rastan, il y a ces deux soldats qui brandissent leur carte d’identité après avoir refusé de tirer sur des manifestants pacifiques. Dans Homs, il y a ce chanteur engagé qui monte à visage découvert sur l’estrade avec sa conviction inébranlable que les mots de vérité soient plus forts que les armes de Bachar el-Assad.

    Et oui, malgré toutes les horreurs vécues et montrées, les documentaires ne propagent pas la haine, mais l'incroyable soif de liberté d'un peuple. « Je suis très ému du courage de ces cinéastes qui ont risqué leur vie, la vie de leurs familles pour sortir ces films et pour transmettre la réalité de ce qui se passe en Syrie au monde extérieur, témoigne Bara, 29 ans, architecte et activiste syrien qui a dû quitter sa patrie il y a trois mois. Depuis, je considère que je suis devenu « hors Révolution ». Quoi que je fasse, j’ai toujours le sentiment que ce n’est pas assez. » Le film sur Rastan porte aussi le titre Tournesol, comme la fleur qui penche sa tête, mais qui garde les yeux rivés vers le soleil et l’espoir.

    ______________________________

    Les trois documentaires syriens inédits étaient projetés le 16 mars dans le cadre des Rendez-vous des vendredis de l’ L’Association du Cinéma euro-arabe (ACEA) au cinéma parisien « La Clef ».

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.