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« Kamal Jann », Dominique Eddé raconte le volcan arabe d'avant éruption

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Avec Kamal Jann, la romancière franco-libanaise, Dominique Eddé, signe un portrait fidèle et âpre du monde arabe prérévolutionnaire. C'est un monde corrompu et sombre, menacé par le chaos et d’atroces soubresauts !

Il y a du Macbeth et de la tragédie grecque dans le nouveau roman de la Franco-Libanaise Dominique Eddé. Son action se déroule toutefois loin de l’Ecosse chère au barde anglais. Kamal Jann, du nom du protagoniste de l’intrigue, nous fait voyager entre New York, Paris et un Moyen-Orient compliqué où le sang coule à flots, pas seulement pour satisfaire des haines immémoriales ! Des islamistes purs et durs y côtoient les services de sécurité des dictateurs sanguinaires, des agents secrets et des baroudeurs de tout poil qui se font la guerre pour défendre les intérêts établis et les puissants. 

Les femmes sont à l’arrière-plan. Puissantes, elles ne se contentent pas de tisser la toile du deuil, telle Pénélope, en attendant le retour de leur Ulysse. Elles participent pleinement à la corruption ambiante, n’hésitant pas parfois à donner un coup de pouce au destin pour hâter la fin de leurs hommes, volages et cyniques. Tous les parfums d’Arabie ne suffisent pas pour couvrir l’odeur de mort et d’apocalypse qui se dégage de cette fresque sombre et cruelle.

Un monde corrompu

Tenant magistralement les fils de sa narration sur plus de 450 pages, Dominique Eddé nous fait entrer au cœur de ce monde corrompu dès les premières scènes de son roman. Nous sommes à Damas, le centre névralgique du livre. Les lecteurs font connaissance avec Sayf Eddine Jann, chef des services secrets, et avec ses méthodes brutales pour mater les contestataires et les déviants. « Pilier invisible » du régime, l’homme est craint par les opposants mais aussi par les notables dont il fait surveiller les moindres mouvements par ses sbires. Il espionne, rackette, torture, tue et massacre avec impunité. Sayf Eddine Jann est emblématique du pouvoir qui tient le pays sous sa botte depuis des décennies.

Homme fort du clan Jann, Sayf est aussi à l’origine des drames qui ont secoué sa famille. Il a brisé la vie de sa fille unique en l’obligeant à se séparer de son enfant conçu hors mariage. Il a fait assassiner son frère et son épouse sauvant in extremis leurs deux fils de la mort certaine. Il les a ensuite élevés. Il a même payé les études aux Etats-Unis du plus brillant de ses deux neveux, mais le succès professionnel de Kamal Jann, devenu avocat d’affaires à Manhattan, reste entaché de la corruption de son oncle. Abusé sexuellement par ce dernier tout au long de son adolescence, Kamal a fait le serment de se venger en le tuant. L’opportunité se présente lorsque sous la pression de la CIA, il retourne dans son pays pour retrouver les traces de son frère djihadiste, instrumentalisé par le pouvoir en place. S’ils sont très différents l’un de l’autre, les deux frères nourrissent une haine commune pour leur oncle omnipotent et pour le régime qu’il défend. Leurs destins tragiques, métaphores d’un monde arabe en déliquescence malgré ses immenses potentialités à la fois humaines et géopolitiques, sont le véritable sujet du roman de Dominique Eddé.

Une écriture sans fioritures

Comment ne pas être frappé par la lucidité de l’imagination de cette romancière ? Son roman rédigé pour l’essentiel avant l’éclatement des révolutions arabes est réellement prémonitoire. Les événements racontés dans ces pages collent à l’actualité syrienne et résonnent étrangement au vu des révélations quotidiennes depuis un an sur les massacres et les exactions perpétrées par le régime alaouite.

Romancière, journaliste, polémiste, Dominique Eddé est une observatrice attentive du monde arabe dont elle est issue. Les Eddé ont gouverné le Liban. De leurs rangs ont émergé présidents et ministres. Dominique Eddé elle-même est connue pour son militantisme en faveur de la cause palestinienne. Elle s’était fait remarquer il y a quelques années par sa Lettre à des Israéliens parue en juillet 2006 dans les pages du Monde. Elle n’est pas insensible pour autant aux maux qui rongent le monde arabe dont Kamal Jann raconte puissamment, et avec une empathie profonde, les abîmes et les rêves secrets de liberté. Une évocation obsédante dont le secret réside dans l’écriture sans fioritures de Dominique Eddé où l’ironie se mêle inextricablement à la détresse d’un peuple prisonnier des folies de son élite.


Kamal Jann, par Dominique Eddé. Paris, Albin Michel, 2012. 455 pages. 22 euros.

 

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