La Turquie demande l'aide de l'ONU pour faire face à l'afflux de réfugiés syriens
Les violences se sont poursuivies en Syrie avec au moins 35 nouvelles victimes pour la journée de vendredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. De nombreux Syriens continuent de fuir leur pays, notamment vers la Turquie qui fait face à un afflux sans précédent de réfugiés avec 25 000 Syriens accueillis dans les camps du Croissant rouge turc.
Ave notre envoyé spécial à Reyhanli sur la frontière turco-syrienne, Jérôme Bastion
Le martyr de Killi, à 15 kilomètres au-delà de la frontière toute proche, et des villages de Binniche, Taftanaz, Hezzano, qui a fait fuir en Turquie en 72 heures quelque 5000 personnes, selon un bilan provisoire, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, pour Ahmet Davutoglu.
Après avoir entendu les récits des habitants de ces campagnes du nord-est d’Idleb, qui décrivent de véritable crimes contre l’humanité, le chef de la diplomatie turque a décroché son téléphone pour dire au secrétaire général de l’ONU que la Turquie ne pouvait plus continuer à faire face seule à cet afflux de réfugiés, et notamment de blessés, mais aussi qu’il fallait à tout prix faire cesser les violences et les massacres du régime de Bachar el-Assad.
M. Davutoglu avait déjà lancé un appel à la solidarité devant le groupe des amis du peuple syrien il y a six jours, mais la poursuite et même l’accélération de l’exode impliquent une mobilisation rapide, a-t-il plaidé auprès de Ban Ki-moon.
D’autant que les incidents frontaliers se multiplient : après des coups de feu atteignant le territoire turc, c’est hier le survol par des hélicoptères militaires syriens des collines marquant la limite entre les deux pays qui a créé la panique. Ces mêmes hélicoptères qui avaient bombardé, ces jours derniers, des villages désormais désertés et ravagés, selon les témoignages recueillis dans les camps.
Ban Ki-moon : «La promesse d'Assad de cesser les opérations militaires ne peut servir de prétexte pour continuer à tuer» |
« La promesse de Bachar el-Assad de cesser les opérations militaires au plus tard le 10 avril ne peut servir de prétexte pour continuer à tuer ». Déclaration ce vendredi du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, alors que l'armée syrienne intensifie son offensive contre des villes rebelles. Officiellement, le président el-Assad a accepté le plan de paix de l'émissaire spécial de l'ONU, Kofi Annan. Celui-ci prévoit l'arrêt des offensives de l'armée, le retrait des troupes des centre-ville et la fin de l'utilisation des armes lourdes. Un cessez-le-feu serait alors instauré. Mais cette promesse ne garantit rien. Déjà, à la fin du mois de mars, Bachar el-Assad s'est engagé à cesser immédiatement toute violence. Sur le terrain, la répression a continué. Malgré son adhésion officielle au plan de Kofi Annan, le régime pourrait donc continuer ses actions après la date-butoir du 10 avril. C'est pourquoi certains pays comme la France ou les Etats-Unis restent sceptiques. |

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