Syrie: la poursuite des violences suscite des craintes sur l'avenir de la mission de l'ONU
La mission d'observation qui vient de débuter en Syrie est l'une des plus délicates jamais entreprises par les Nations unies, car les experts ont pour objectif de superviser une trève qui, pour l'instant sur le terrain, n'existe pas. Tous ces observateurs auront une mission bien précise, codifiée par la résolution 2042 du Conseil de Sécurité, veiller au respect de la trève.
Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh
Leur tâche est titanesque. Mais l’avant-garde des observateurs, qui est arrivée ce lundi 16 avril en Syrie, reste optimiste sur ses chances de succès.
Les six casques bleus, conduits par un colonel marocain, Hamad Hamich, seront rejoints dans les heures qui viennent par vingt-cinq autres camarades.
Cette équipe doit préparer le déploiement de 250 casques bleus, dont l’arrivée devrait être validée en fin de semaine, par une résolution votée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il s’agit de militaires, mais aussi d’experts en droit de l’homme et de juristes.
Premier objectif, première mission : entrer en contact avec les autorités syriennes, pour examiner les modalités du déploiement et la logistique nécessaire.
Une trêve déja violée plusieurs fois par les deux parties
Le but est de surveiller le cessez-le-feu décrété jeudi dernier, sous l’égide de l’émissaire international, Kofi Annan. Cette trêve très fragile a déjà été violée à plusieurs reprises par les deux parties. Mais les accrochages sont moins intenses que les semaines précédentes.
Il n’en reste pas moins que Ban Ki-moon est inquiet. Le secrétaire général des Nations unies a appelé les deux parties à respecter le cessez-le-feu, et a exhorté le gouvernement à faire preuve de retenue.
Les observateurs doivent surveiller essentiellement cinq provinces syriennes, de 50 000 kilomètres carrés à peu près, peuplées de quelque sept millions de personnes. Idleb, Homs, Hama, Damas et Deraa, qui vont de la frontière turque au nord, à la frontière jordanienne au sud. Avec un effectif de 250 hommes, cette mission s'annonce plus que difficile. Certains disent qu’elle est pratiquement impossible.
En visite à Moscou, des opposants syriens comptent sur la Russie pour résoudre la crise syrienne |
Avec notre correspondante à Moscou, Veronika Dorman « La Russie peut jouer un rôle crucial pour convaincre le régime syrien d’arrêter les violences » : c’est ce qu’a déclaré Haytham Manaa, un membre du Comité de coordination pour le changement national et démocratique. Ce mouvement d’opposition, qui n’appartient pas au Conseil national syrien, compte sur la Russie pour jouer un rôle décisif d’intermédiaire dans la résolution de la crise. Selon les agences, Haytham Manaa prétend que Moscou est favorable aux changements démocratiques en Syrie et ne tient pas à ce que Bachar al-Assad reste au pouvoir. Les opposants présents ce mardi 17 avril 2012 à Moscou ont assuré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov que la Syrie libérée ne s’isolera pas sur la scène internationale. Les relations commerciales, économiques et culturelles seront maintenues, notamment avec le peuple russe et la Russie, a promis l’un des chefs du mouvement, Abdul al-Azim. Sergueï Lavrov a, de son côté, regretté la fragilité du cessez-le-feu. Il a accusé sans les nommer certains pays de vouloir saper le plan de paix de l’ONU. Fidèle à la position de non-ingérence de la Russie, le ministre russe des Affaires étrangères n’a pas manqué d’appeler les pays étrangers à œuvrer en fonction des intérêts du peuple syrien, en laissant de côté leurs propres ambitions géopolitiques. |

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