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Nouvelles violences en Syrie malgré le cessez-le-feu

En Syrie, le cessez-le-feu, en vigueur depuis six jours, est violé quotidiennement. Les opposants au régime et les forces gouvernementales se rejetant la responsabilité du non-respect de la trêve. Ce mercredi 18 avril 2012 a donc été marqué par de nouveaux bombardements et des manifestations d'opposants, alors qu'une mission d'observateurs internationaux est en cours dans le pays pour surveiller l'application du cessez-le-feu.
Le cessez-le-feu a bien du mal à se maintenir en Syrie malgré les divers engagements des autorités de Damas. Pas plus tard que ce mercredi 18 avril 2012, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a promis à son homologue chinois à Pékin que la Syrie respectait la trêve mais, a-t-il ajouté, «Damas ne laissera pas 'des terroristes' perturber la vie des Syriens.»
Sur le terrain les bombardements ont repris, notamment à Homs, au centre du pays, dans les quartiers rebelles de Khaldiyé, Bayada, Jourat al-Chayah et d'al-Qarabis. L'OSDH, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, indique que 14 personnes ont été tuées ce mercredi à Homs, à Deraa au sud et à Idleb, au nord-ouest.
Par ailleurs, cela fait trois jours que la mission d'observation internationale est sur le terrain. Les observateurs de l'ONU se sont rendus à Erbin, à proximité de Damas, où ils ont été accueillis par des centaines de manifestants de l'opposition. Des coups de feu ont été tirés au moment de cette visite. Selon l'OSDH, huit personnes ont été blessées par des tirs des forces gouvernementales.
Les médias officiels accusent de leur côté les « groupes terroristes » d'avoir tué à Alep et Idleb au nord-ouest, une dizaine de militaires et de membres des forces de sécurité.

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Nouvelles violences en Syrie malgré le cessez-le-feu
Syrie : « Si l’armée quitte notre village, nous risquons d’être égorgés »
Témoignage
Nous avons demandé à un Syrien originaire de Homs (*) qui réside aujourd’hui dans un village de la province de Homs, de nous expliquer pourquoi l’armée de Bachar el-Assad bombarderait et réprimerait violemment son propre peuple, comme le répètent sans cesse les médias internationaux.
Silvia Cattori : Les images diffusées par les chaînes télévisées et les commentaires des journalistes sont, comme vous devez le savoir, immanquablement en faveur des rebelles. Des images très impressionnantes d’immeubles en feu, des panaches de fumée noire, des maisons qui s’écroulent nous sont montrées. Homs est présentée comme « ville martyr et symbole de la révolution syrienne » [1].
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi l’armée syrienne bombarde – si l’on en croit nos médias - aveuglément des lieux habités ?
Réponse : Madame, pardonnez-moi ; l’armée syrienne ne bombarde pas à l’aveugle ; elle ne bombarde pas des maisons qui sont habitées. On ne sait jamais si les images diffusées par al-Jaziira, al-Arabya ou vos chaînes télévisées, sont véridiques ou sont des images montées. Si elles correspondent vraiment avec ce qui s’est passé tel jour à tel endroit. Sachez que, quand on voit des panaches de fumée noire, ce sont des pneus de voitures que font brûler les mercenaires.
L’armée bombarde les lieux où elle a localisé des mercenaires. Il est difficile pour l’armée de les approcher et de les arrêter autrement. Les mercenaires utilisent des armes très sophistiquées, munies de viseurs, qui touchent le cœur de la cible. A Zabadani, les mercenaires ont tué plus de 150 soldats avec ces armes-là.
L’armée bombarde actuellement un endroit précis du quartier el-Hamidiyyé, [cet entretien a été réalisé le 11 avril, à la veille du cessez-le -feu] à majorité chrétienne, qui est pratiquement vide de ses habitants. Vous savez qu’il n’y a pas à Homs de quartier à 100 % chrétien, alaouite, ou sunnite.Tout le quartier el-Hamidiyyé est entre les mains des mercenaires. Les maisons ont été détruites à 80 % par les mercenaires. Ils ont détruit, dans ce même quartier, la maison d’une de mes nièces qui avait fui et tout ce qu’elle possédait. Ils ont mis le feu à tout l’immeuble. Voilà dans quelles circonstances l’armée bombarde en Syrie.
Depuis décembre les mercenaires ont peu à peu pris le contrôle de toute la zone d’el-Hamidiyyé, Bustan el-Diwan et d’el-Arzoun. L’armée n’a pas pu entrer dans cette zone jusqu’à présent. Les mercenaires circulent à l’intérieur des maisons vides et presque toutes détruites. Ils campent en ce moment dans le soubassement de deux églises. Dans l’église grecque catholique, déjà en partie brûlée par les mercenaires ; et dans l’église syriaque. L’une est fameuse pour sa très ancienne peinture de la Sainte vierge. Ce n’est pas la seule église qu’ils ont ruinée. Ils ont également détruit une église très ancienne à l’est de Homs, Mar Elias [saint Elias, un martyr de Homs]. C’est une situation très pénible pour les habitants.