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    Moyen-Orient

    Les tensions s’exacerbent entre chiites et sunnites dans le monde arabe

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    Depuis l’invasion américaine de l’Irak, les chiites sont revenus sur le devant de la scène arabe. A partir de 2003, la frontière qui séparait l’Iran chiite du monde arabe à majorité sunnite s’est brisée. Au Bahreïn et en Irak, où les chiites sont majoritaires, mais aussi en Arabie Saoudite et en Syrie, la question chiite est omniprésente sur le terrain moyen-oriental.

    Alors que l’Etat du Koweït vient de condamner un citoyen sunnite à sept ans de prison et à près de 18 000 dollars de dommages et intérêts pour avoir insulté sur Twitter la minorité chiite du pays, le Bahreïn poursuit la répression envers la communauté chiite du royaume.

    Une confession réprimée au Bahreïn et en Arabie Saoudite

    Au Bahreïn, le pouvoir est sunnite alors que les opposants chiites représentent près de 70% de la population. Depuis plus d’un an, ils réclament des réformes sociales et des droits semblables à ceux que possèdent les sunnites. Mais la dynastie des Khalifa ne cède rien et réprime à tout va. En mars 2011, une intervention militaire menée avec l'aide de l’Arabie Saoudite a fait plusieurs morts sans parvenir à mettre fin à la contestation.

    Riyad soutient, et même encourage, la répression par la dynastie sunnite bahreïnienne des chiites. Le royaume saoudien craint les répercussions sur son sol. Car l’Arabie Saoudite, séparée de Bahreïn par un pont, tente elle aussi d’étouffer le soulèvement de sa minorité chiite dans la province orientale du royaume. Depuis plusieurs mois, la minorité chiite, majoritaire en nombre dans cette région pétrolière stratégique, revendique des droits identiques à ceux des sunnites. Les manifestations, pacifiques la plupart du temps, sont matées à coups de gaz lacrymogène et les arrestations arbitraires sont légions.

    Au Bahreïn comme en Arabie Saoudite, pour mieux réprimer, les autorités accusent Téhéran d’être derrière les soulèvements, arguant de la menace nucléaire iranienne.

    Il semblerait pourtant que les revendications sociales que réclament ces populations chiites marginalisées dans ces régions du golfe Persique ne possèdent pas de lien avec les préoccupations iraniennes. Une chose est sûre cependant : à la frontière du monde arabe, le régime de Téhéran est prêt à tout pour conserver intact le « croissant chiite » de plus en plus fragilisé par le conflit syrien.

    La révolution syrienne ou la stabilité régionale mise à rude épreuve

    Le conflit syrien menace plus que jamais la survie de l’axe Téhéran-Damas-Hezbollah libanais. Tandis que l’Arabie Saoudite et le Qatar veulent armer les opposants syriens, Téhéran, le Hezbollah libanais mais également Bagdad dénoncent l’incursion étrangère dans les affaires de Damas.

    Le rôle de la Syrie dans ce qu’il est commun d’appeler « le croissant chiite » est crucial. La famille du président Assad est en effet issue de la minorité alaouite, une branche du chiisme. Damas fait le lien entre les deux puissances chiites que sont l'Iran et le parti libanais Hezbollah. Alors qu’il apparaît clair que les jours du régime syrien sont comptés, Téhéran continue de soutenir Damas dans sa sanglante répression. Le régime iranien sait que la chute du pouvoir damascène affaiblirait son influence et freinerait son soutien logistique au parti chiite libanais. Et cela, même si Téhéran peut désormais compter sur le régime de Bagdad.

    En Irak, après des décennies de répression sous Saddam Hussein, les chiites sont désormais au pouvoir et comptent bien se faire entendre. En soutien à leurs frères bahreïniens et malgré les attentats sanglants anti-chiites qui se multiplient en Irak, le chef radical chiite Moqtada Sadr a appelé le 16 avril au boycottage du Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn.

    Car cet événement sportif international est une occasion à ne pas rater pour les chiites puisque, d'ordinaire, nul ne semble se soucier des cris de détresse des opposants au régime du Bahreïn. Chaque jour, les comptes Twitter et Facebook créés au début du soulèvement ne cessent de faire le funèbre décompte des blessés, des torturés et des tués. Et cela dans un silence assourdissant de la part d’une grande partie de la communauté internationale qui semble privilégier ses intérêts stratégiques au détriment des intérêts humains.

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