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Syrie : la délicate mission des observateurs de l’ONU
En Syrie, une bombe a explosé le mercredi 9 mai 2012 au passage d’un convoi transportant des observateurs de l’ONU. Cela s’est passé à Deraa, bastion de la contestation, dans le sud du pays. Derrière le convoi de l’ONU se trouvaient des véhicules de l’armée syrienne. Selon un témoin, dix soldats ont été blessés. De leur côté, les observateurs sont sains et saufs. Cet attentat confirme que la mission des observateurs de l’ONU en Syrie est très délicate.
Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh
Les observateurs internationaux sont pris entre deux feux. L’opposition syrienne ne cache pas son scepticisme sur leur capacité à stopper la répression. Et le régime se plaint de la poursuite des attaques rebelles. Quelques heures avant l’attentat de Deraa, le chef de l’Armée syrienne libre (ASL), le colonel Riyad el-Asaad, avait qualifié les observateurs de « faux témoins » dans une interview au quotidien saoudien Asharq al Awsat.
Le régime syrien lui aussi est insatisfait. Les responsables officiels s’abstiennent de faire des commentaires publics, mais les journaux proches du pouvoir ne s’en privent pas. Mercredi, le quotidien Al-Watan titrait en Une que l’émissaire international Kofi Annan était « incapable de condamner clairement les violences terroristes ». Il y a une semaine, ce même journal accusait le chef des observateurs Robert Mood d’ignorer l’escalade provoquée par les rebelles.
Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, estime que l’attaque de Deraa pourrait remettre en cause la mission onusienne dans le pays, une mission qui constitue, selon le médiateur Kofi Annan, la dernière chance d’éviter à la Syrie une guerre civile totale.
Il faut dire que le nombre et les moyens dont disposent les observateurs ne les aident pas beaucoup. Vers la fin de la semaine, ils seront une centaine pour surveiller une zone de plus de 50 000 km2.

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