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    Moyen-Orient

    Les ultra-orthodoxes et l’armée, casse-tête du gouvernement israélien

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    Plusieurs dizaines de milliers de juifs ultra-orthodoxes sont exemptés du service militaire, ce qui crée un sentiment d’injustice dans un pays ou les garçons passent trois ans à l’armée et les filles, deux ans. Renforcée par l’arrivée des centristes du parti Kadima, la coalition au pouvoir doit remplacer la loi Tal qui permet aux étudiants en religion d’échapper à l’uniforme.

    De notre correspondant à Jérusalem

    Le rabbin Henri Kahn, nous accueille dans les locaux de Kountrass, la revue francophone qu’il anime à Mea Shearim, le quartier le plus religieux de Jérusalem. Ici tout le monde est vêtu de noir, les hommes portent barbe, chapeau et papillotes, les femmes ont la tête couverte et les familles comptent 8,10 ou 12 enfants. « Nos jeunes ne veulent pas faire l’armée, explique le rabbin Kahn. L'idéal pour nous, c’est l’étude de nos textes anciens. Le jeune qui se dévoue à l’étude sent qu’il a sa place, y compris dans la défense du pays ».

    Dès la création de l’Etat d’Israël en 1948, une exemption fut accordée aux étudiants des Yeshivot, les séminaires talmudiques. La mesure concernait alors quelques centaines de jeunes hommes mais l’explosion démographique de la population ultra-orthodoxe a poussé les dirigeants israéliens à légiférer. Dans les années 2000, la loi Tal a maintenu le principe du sursis en créant des mesures destinées à encourager les jeunes haredim (juifs ultra-orthodoxes) à porter l’uniforme, via des programmes spécifiques et des régiments dédiés. Une douzaine d’années plus tard, c’est le constat d’échec. On estime que 65 000 jeunes israéliens sont exemptés pour raisons religieuses. Interrogée par RFI, l’armée israélienne avance de son côté le chiffre de 2 000 ultra-orthodoxes sous les drapeaux.

    Il est à noter que la minorité arabe d’Israël (20% de la population) bénéficie également d’une exemption et se voit proposer un service civil.

    Sentiment d’injustice

    Les religieux ultra-orthodoxes s’attirent régulièrement les critiques de leurs compatriotes. « Pour quelqu’un comme moi, avec deux enfants. Pour chacun de mes voisins qui ont servi dans l’armée comme moi et qui ont des enfants qui serviront dans l’armée. C’est vraiment injuste et il y a de quoi être en colère ! explique Laura Wharton, conseillère municipale de Jérusalem, membre du parti de gauche Meretz. Voilà des gens qui estiment être trop occupés car ils doivent prier ! » s’agace la jeune femme qui milite au sein d’une organisation demandant l’égalité devant le service national. Le sentiment d’inéquité est renforcé par le fait que les ultra-orthodoxes contribuent très peu à l’économie du pays et qu’ils reçoivent énormément de subventions.

    La loi Tal, expire le 31 juillet 2012, ainsi en a décidé la Cour suprême de l’Etat hébreu. Il faut donc trouver un nouveau système. C’est le dossier prioritaire de la coalition élargie dont Israël s’est doté cette semaine, avec l’arrivée des centristes du parti Kadima. Débats houleux en vue au sein d’une coalition des partis laïcs et des partis religieux ? Le journaliste et écrivain Marius Schattner nuance : « pendant des années ça n’a empêchait personne de dormir, surtout pas le commandement militaire car on ne peut pas transformer un étudiant d’un séminaire talmudique en combattant ! » Pour Marius Schattner auteur d’un livre intitulé Israël : l’autre conflit. Laïcs contre religieux (André Versaille Editeur), certains partis politiques ont fait de cette question leur cheval de bataille, à commencer par la formation ultranationaliste laïque Israël Beitenou d’Avigdor Lieberman (ministre des Affaires étrangères et partenaire de la coalition avec les 15 députés de son parti).

    Quelles solutions ? « Une armée de métier », proposent les représentants du monde ultra-orthodoxe, comme le rabbin Henri Kahn. Pour l’instant, il n’en est pas question du côté du gouvernement, qui annonce réfléchir à une loi « élargissant progressivement le partage du fardeau » au sein de la population.

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