Après le massacre de Houla, les ambassadeurs syriens expulsés de l'Union européenne
En représailles au massacre de Houla qui a fait 108 morts, dont 49 enfants, vendredi dernier, les Européens ont annoncé le renvoi des ambassadeurs syriens dans leur capitale. C’est Paris, par la voix de son président François Hollande, qui a ouvert le bal des expulsions ce mardi 29 mai.
Le président français, François Hollande, a annoncé ce mardi matin l'expulsion de l'ambassadrice syrienne à Paris, Lamia Chakkour. C'est Berlin qui, quelques minutes plus tard, a emboîté le pas à la France en déclarant avoir convoqué son ambassadeur de Syrie pour lui signifier son expulsion du territoire allemand. L'ambassadeur a 72 heures pour quitter l'Allemagne.
En Grande-Bretagne, le chargé d'affaires syrien à Londres, le plus haut représentant de Damas au Royaume-Uni, a à son tour été expulsé en début de journée. Rome a également expulsé le représentant diplomatique syrien en Italie. Puis Madrid s’est joint au mouvement en renvoyant à Damas son représentant syrien en Espagne.
Hors d'Europe, le Canada et l'Australie ont également durçi le ton face au régime répressif de Bachar el-Assad en renvoyant de leur pays les représentants diplomatiques syriens. Washington a annoncé en fin de journée l'expulsion du chargé d'affaires syrien.
Cette série d’expulsion, saluée par le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, intervient au moment où les ambassadeurs des 27 pays de l'UE se réunissent à Bruxelles pour évoquer la situation en Syrie après le massacre de Houla, qui a provoqué l'indignation de la communauté internationale.
François Hollande, qui a réaffirmé la nécessité pour le président syrien de « quitter le pouvoir », a annoncé dans le même temps la tenue dans la capitale française début juillet d’une réunion du groupe des pays amis de la Syrie.
Les Casques bleus pris pour cible
A Damas, l’émissaire des Nations unies Kofi Annan a rencontré le président syrien, alors que la mission de l'ONU, est de plus en plus critiquée.
Kofi Annan le dit lui même c’est un « moment charnière » pour sa mission en Syrie. Les violences continuent et sur le terrain, le chef des Casques bleus, Hervé Ladsous, constate que les observateurs sont pris pour cible : « Nos Casques bleus se font agresser, se font attaquer, et sont l'objet de tirs [...] à l'arme individuelle. Heureusement, ils sont tous dans des véhicules blindés. Ce n'est évidemment pas acceptables. »
Les relations avec le gvt syrien sont au plus bas. Pour Hervé Ladsous, l’implication des forces gouvernementales dans le massacre de Houla ne fait guère de doute : « Un certain nombre de ces victiles l'ont été de fragments d'obus et d'éléments d'artillerie lourde. Or, que je sache, seul le gouvernement syrien a l'usage de blindés, de canons, de mortiers. »
Pour l’heure, pas question de prononcer l’échec de la mission Annan. Les officiels onusiens se contentent de répéter qu’il n’y pas de plan B.
En quatorze mois, les violences ont fait plus de 13 000 morts, dont plus de 1 800 depuis le 12 avril, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
(Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour)
Enquête de l'ONU sur le massacre de Houla |
« La plupart des victimes du massacre de Houla ont été éxécutées, y compris des femmes et des enfants ». L'annonce a été faite ce matin par le porte-parole du Haut commissariat des droits de l'homme de l'ONU, basé à Genève. Sur 108 morts, moins d'une vingtaine auraient en effet été tués par des tirs d'artillerie et de chars. Pour l'instant, il n'y a pas plus de détails. Dans la mesure où il ne s'agit que des premiers éléments d'une enquête effectuée par les Nations unies. Aucun responsable n'est montré du doigt pour le moment, même si des habitants de Houla ont incrimé les shabiha, les miliciens pro-régime. Damas, de son coté, nie toute implication. Le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem accuse des terroristes financés par l'étranger d'avoir perpétré le massacre. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l'ONU ainsi qu'au Haut commissariat aux droits de l'homme, il explique comment, selon lui, « des terroristes ont sauvagement tué des familles, brûlé des maisons et vandalisé un hôpital ». Walid Mouallem précise que l'armée n'est intervenue que pour défendre les civils. Les résultats d'une enquête diligentée, cette fois par le régime, doivent être publiés mercredi. |

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