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Article publié le : vendredi 01 juin 2012 à 09:05 - Dernière modification le : lundi 25 juin 2012 à 16:09

La voie étroite de l’ONU en Syrie

Le président syrien Bachar el-Assad au sommet de la Ligue arabe en 2010.
Le président syrien Bachar el-Assad au sommet de la Ligue arabe en 2010.
REUTERS/Zohra Bensemra

Par Karim Lebhour

La crise syrienne inquiète chaque jour davantage. A New York, l’ONU s’interroge sur l’avenir de sa mission. La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé ce vendredi 1er juin la communauté internationale à soutenir le plan Annan pour éviter un « conflit total » en Syrie et un « grave danger » pour la région.

De notre correspondant aux Nations unies à New York

Que peut faire l’ONU en Syrie ? L’émotion soulevée par la tuerie de Houla relance les interrogations sur la mission de supervision des Nations unies (Misnus), mise sur pied en avril. Les observateurs sur place ne parviennent pas à faire respecter le cessez-le-feu et les diplomates sont forcés d’admettre que le plan de paix de Kofi Annan est en bout de course.

« Ce train pourrait bien être sur le point de dérailler » a lancé mercredi la représentante américaine Susan Rice, à la sortie du Conseil de sécurité, tandis que le chef des insurgés de l'Armée syrienne libre, Riyad el-Asaad, a exhorté l'émissaire international à reconnaître son échec.

Le déploiement de 300 bérets bleus non armés en Syrie a suscité de fortes attentes et quelques malentendus. Leur mandat très limité est le fruit d’un compromis entre les Occidentaux et la Russie. Leur mission consiste uniquement à surveiller la cessation des violences et en aucun cas à s’interposer.

Armer les insurgés : un pari risqué

Faute de moyens aériens, refusés par la Syrie, les observateurs sont cloués au sol. Leurs véhicules blindés ont été pris pour cible à plusieurs reprises. À défaut de ramener le calme, ils sont les yeux et les oreilles de l’ONU. « Les observateurs ont prouvé leur utilité. Leur présence a permis d’obtenir un rapport le plus impartial possible sur les événements de Houla », note le représentant adjoint de la France de l’ONU, Martin Briens.

Le veto russe limite considérablement les moyens de pression sur les autorités syriennes. Les menaces de sanctions ou de renvoi vers la Cour pénale internationale (CPI) n’ont guère de chance de passer le cap du Conseil de sécurité. Moscou demeure inflexible. « Nous continuons de refuser les sanctions », a martelé le représentant russe Vitaly Churkin.

Une intervention militaire est exclue. Le Conseil de sécurité n’a pas encore digéré l’intervention en Libye. Quant à une action en dehors du cadre de l’ONU, les rodomontades ne doivent pas faire illusion : aucun pays, Etats-Unis en tête, n’a l’intention de s’engager dans des frappes en Syrie.

Certains Etats peuvent être tentés d’armer les insurgés, mais c’est un pari risqué. L’opposition syrienne est une nébuleuse mal définie et le risque est grand de voir ces armes tomber entre les mains de groupes liés à al-Qaïda, dont la présence est désormais avérée.

Bilan provisoire de la répression : 12 000 morts

L’ONU n’a donc d’autre choix que de jouer les médiateurs pour un accord politique entre le pouvoir en place et l’opposition, sur le modèle de ce qui s’est fait au Yémen avec le départ négocié du président Saleh. Encore faut-il que les Syriens le désirent.

Devant le Conseil de sécurité, Jean-Marie Guéhenno, adjoint de Kofi Annan, a confié que le sang versé était le plus grand obstacle aux négociations. « La Syrie est entrée dans une phase révolutionnaire. Les gens n’ont plus peur du régime. Les familles des victimes sont galvanisées », a-t-il expliqué selon un participant.

Dans une Syrie en ébullition, où le bilan de la répression est maintenant estimé à 12 000 morts, les appels au dialogue des Nations unies n’ont aucun effet. Faute d’alternative, Kofi Annan et les observateurs continuent leur mission. Le mandat des observateurs expire le 21 juillet.

Malgré les fortes réserves des Etats-Unis, son renouvellement ne fait guère de doute, tant un départ de l’ONU a toutes les chances de faire sombrer encore un peu plus la Syrie dans la guerre civile.

tags: Bachar el-Assad - ONU - Syrie
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(6) Réactions

Pour les seuls conflits en

Pour les seuls conflits en RDC et en Syrie, j'ai finalement compris que l'ONU ne sert à rien. Ban Kimoon ferait mieux de prendre ses vacances et laisser les Etats du monde jouer au jeux de " Que le plus fort gagne". C'est une honte pour l'humanité...Trop de protocole pour rien...

remerciement

Je remercie tous ceux qui pensent que l'ONU et le alcooliques sécurisent les grandes nations.
Je voudrais profiter de l'occasion pour rappeler aux USA que l'Israël est pire , c'est pourquoi ils sont toujours derrière lui.
De grâce il faut nous épargner un autre foyer de plus. Le Mali dans l'amertume vous remercie de l'avoir créer le problème qu'il connait actuellement.
Si vous voyez puissant c'est parce que les faibles existent.

vers la 3è Guerre Moniale ?

la multiplication des ces conflits , d'ici, par là , des coups d'État nous amène ou?. de jour en jour la Russie maintient toujours sa position de non intervention militaire en Syrie. bien sur que oui mais a quoi bon de jouer avec une seule personne pour couter la vie de milliers de personnes? quoi qu'il en soit, ce régime prendra fin je jour l'intervention militaire est confirmé par tous les occidentaux. on dit souvent pas d'ami dans la Guerre . Pensons au cas de Lybie et respectons la dignité Dieu.

Ras-le-bol

On se demande finalement a quoi sert ce machin de conseil de sécurité si a chaque fois des russes ou chinois doivent bloquer son action. Il faut absolument élargir ce fameux conseil aux autres pays et retirer le droit de veto a ses membres. Et ces bérets bleus qui coutent plus qu'ils ne sont efficaces...

Chacun se réjète la

Chacun se rejette la responsabilité, le gouvernement accuse les rebelles, et les rebelles accusent le gouvernement, qui fait quoi ?
D'après le général Kassem Djamal Souleiman, chef de la commission d'enquête mise sur pied par le gouvernement, les victimes de la tuerie étaient des familles "qui refusaient de s'opposer au gouvernement ou étaient en désaccord avec les groupes armés".

A aucun moment l'armée n'est entrée à Taldo, la localité où ont péri la majorité des cent huit victimes, dont une cinquantaine d'enfants, assure le militaire. "L'endroit où a été perpétré le massacre est une zone où se trouvent des groupes armés (...). Les troupes gouvernementales n'y sont pas entrées ni avant ni après" le carnage, a-t-il assuré. Le massacre "n'était pas dû à des bombardements" de l'armée régulière puisque "les corps ne portaient pas de marques (...) de brûlures". LA PAIX.

Brazo la chine bravo la Russie

La Guerre n'est pas la solution je pense que une autre voix est possible pour la sortie de la crise , attention ses votour les USA , l'Europe , l'ONU l'OTAN , les assoiffé de pétrole , troubler honte à vous , merci la Chine et la Russie on vous fait confiance

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