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    Moyen-Orient

    Quel rôle pour l’Iran dans la crise syrienne ?

    media Kofi Annan souhaite inviter la République islamique, alliée indéfectible de Damas, à la table des négociations sur la Syrie. Reuters/Allison Joyce

    L’Iran serait-il la clé pour une solution en Syrie ? C’est ce que semble indiquer la proposition de Kofi Annan, l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue Arabe sur la Syrie, qui souhaiterait la mise en place d'un groupe de contact élargi sur le dossier syrien, comprenant l'Iran, afin de trouver au plus vite une solution pour résoudre la crise qui semble dégénérer en guerre civile dans certaines zones du pays. Une proposition que rejettent les Etats-Unis et plusieurs pays occidentaux dont la France.

    La Russie et la Chine avaient déjà évoqué l'idée d'une grande conférence internationale sur la situation en Syrie, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en guise de geste de bonne volonté pour afficher leur soutien au plan de paix en six points de Kofi Annan. Ils voulaient y intégrer l'Iran, une proposition rejetée notamment par les Etats-Unis et la France. Le ministre français des Affaires étrangères l’avait rappelé après la réunion d’Istanbul ce mercredi (réunion du groupe des « Amis de la Syrie », avec des représentants de 16 pays) : en aucun cas l’Iran ne peut être associé à une conférence sur la Syrie, « car tout d’abord ce serait contradictoire avec l’objectif de pression forte sur la Syrie, et cela aurait une interaction sur les discussions sur le nucléaire iranien, ce qui n’est pas souhaitable ». Justement, l’Iran veut prouver qu’il est un acteur à part entière dans la région, et que les discussions ne doivent pas se cantonner au dossier nucléaire. Selon David Rigoulet-Roze, spécialiste des questions confessionnelles au Moyen-Orient et chercheur à l’IFAS, « l’Iran a une marge de manœuvre très réduite, mais le fait même de solliciter l’Iran est très important pour Téhéran, parce que c’est une reconnaissance d’un rôle régional auquel il ne cesse d’aspirer ».

    L’Iran revendique son rôle régional prépondérant

    Téhéran est irrité de se voir stigmatisé et cantonné aux discussions sur le dossier nucléaire, alors qu’il revendique son rôle prépondérant dans cette partie du monde. « La proposition de Kofi Annan conforte l’Iran dans sa volonté de jouer un rôle au niveau régional », souligne le chercheur Mohammad Reza Djalili, professeur émérite à l’Institut des hautes études internationales à Genève. « Car l’Iran pense qu’il a tous les atouts nécessaires pour être une grande puissance, mais à cause des sanctions et de son isolement sur la scène internationale, on l’empêche de jouer ce rôle essentiel », explique-t-il. Sur le plan régional justement, il faut rappeler que la Syrie est le seul pays arabe allié de l'Iran, et que la Syrie est dirigée par un régime alaouite, une branche du chiisme. Géographiquement, la Syrie permet donc de raccorder l'Iran à la Méditerranée et au Liban, sur l'arc chiite Téhéran-Damas-Hezbollah. Selon David Rigoulet-Roze « si le verrou syrien saute, c’est un cauchemar géopolitique pour l’Iran. Cela explique le soutien de Téhéran vis-à-vis de Damas ».

    Le soutien affiché de l’Iran au régime de Bachar el-Assad

    Pour les Etats-Unis et plusieurs acteurs occidentaux dont la France, il est hors de question d’inclure l’Iran dans un groupe de contact élargi. Car depuis le début du soulèvement en Syrie, l’Iran a toujours affiché son soutien indéfectible au régime du président syrien.

    Mohammad Reza Djalili rappelle que « l’Iran soutient le régime de Bachar el-Assad. Son discours sur la situation en Syrie est une photocopie du discours syrien, disant qu’il s’agit d’une manipulation de l’extérieur, un complot ourdi contre un régime qui fait partie des pays dits du front de la résistance (entendez par là, les pays qui s’opposent à Israël) ». L’Iran aurait d’ailleurs fourni des armes à son allié, ainsi que des systèmes de surveillance d’internet et des réseaux sociaux, que Téhéran a déjà testés régulièrement à l’encontre des militants et des opposants iraniens. Comme le rappelle David Rigoulet-Roze, « l’Iran aide la Syrie au niveau de la cyber-guerre, pour le contrôle des outils internet, il l’aide même sur le terrain puisque ça a même été reconnu dernièrement à Téhéran par des membres des "pasdaran", et ils disent qu’ils aident pour éviter que cela ne dégénère trop, comme si l’Iran était susceptible d’empêcher que le conflit en Syrie ne dégénère en guerre civile ethno-confessionnelle à grande échelle. »

    L’Iran, la clé d’une solution politique en Syrie ?

    De leur côté, les Russes et les Chinois se disent opposés à toute intervention militaire en Syrie, à l’imposition d’un changement de régime et à des sanctions. Les Etats-Unis, la France ou la Grande-Bretagne eux non plus ne sont pas favorables à une intervention armée, contrairement à l’Arabie Saoudite et le Qatar. Selon David Rigoulet-Roze, « la Syrie est une zone sismique et les lignes de faille qui traversent la Syrie ont un prolongement dans toute la région. La Syrie est la caisse de résonnance régionale et sur le plan géopolitique c’est une bombe atomique, c’est pour cela que tout le monde a très peur ». En revanche, les Occidentaux veulent continuer à faire pression sur Moscou et Pékin pour qu’ils lâchent leur allié syrien et acceptent au moins l’idée d’une transition politique qui réponde aux aspirations du peuple syrien. Un scénario difficile dans le contexte actuel, car le régime de Damas continue de faire la sourde oreille à toutes les critiques extérieures. Pourtant, Moscou semble changer de ton vis-à-vis de Damas : même si la Russie ne veut pas entendre parler d’un changement de régime comme préalable au règlement du dossier syrien, Moscou a affirmé n’avoir jamais posé comme condition préalable que Bachar el-Assad devait rester au pouvoir à la fin du processus politique.

    Une étroite marge de manœuvre

    De son côté, Kofi Annan qui a appelé tous les pays à l’unité pour que son plan de paix en six points puisse enfin être respecté, n’a pas proposé d’inclure l’Iran dans le groupe de contact élargi devant les quinze membres du Conseil de sécurité de l’ONU, il s’est contenté de faire ces propositions dans le cadre d’un dialogue bilatéral. Selon le professeur Mohammad Reza Djalili, il ne faut pas oublier la rivalité entre l’Iran et l’Arabie Saoudite en termes d’influence régionale. Car l’Iran souhaite justement sortir de son carcan bridé du dossier nucléaire, et veut briller dans la région, même s’il a perdu de son aura. « Potentiellement, l’Iran est aussi important que la Turquie ou que l’Arabie Saoudite, ajoute-t-il, mais politiquement, l’Iran ne jouit pas d’un soutien international qui pourrait l’aider à regagner la scène politique régionale et internationale à travers sa participation effective à des négociations ».
     

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