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    Moyen-Orient

    Gaza, cinq ans de solitude

    media Un tunnel de contrebande au sud de la Bande de Gaza, le 11 avril 2009. AFP

    Le 15 juin 2007, le Hamas prenait le contrôle de l’enclave palestinienne à l’issue de combats meurtriers avec les forces fidèles au président Mahmoud Abbas. Israël décidait alors d’imposer un strict blocus au territoire palestinien. Cinq ans plus tard, la bande de Gaza est toujours le royaume de la survie et ses habitants attendent beaucoup des évolutions en Egypte voisine.

    Décrire la Bande de Gaza en juin 2012, c’est affronter un double écueil : celui qui consisterait à ne parler que des supermarchés flambants-neuf aux rayons débordant de marchandise. Et celui qui consisterait à dépeindre un bidonville géant, dont personne n’aurait le droit de sortir. Si tout était si simple, nous ne serions pas à Gaza.

    L'exemple des célèbres tunnels de contrebande symbolise l’embargo décrété par Israël, à partir de l’enlèvement du soldat Gilad Shalit en 2006, et renforcé l’année suivante, lorsque le Hamas s’est emparé de Gaza. Pendant les premières années du blocus, l’essentiel des biens de consommation courante a transité par ces tunnels, creusés à la frontière egyptienne. Depuis 2010 et l’affaire de la Flotille pour Gaza, Israël a modifié sa politique, remplaçant la liste des produits autorisés par une liste des produits interdits. 

    Conséquence : aujourd’hui les Gazaouis importent massivement leurs produits alimentaires d’Israël et les tunnels servent à faire entrer ce qui reste interdit… ou ce qui est moins cher. Dans la première catégorie, on trouve les matériaux de construction (Israël n’autorise que les matériaux nécessaires à des projets internationaux). Dans la catégorie des produits plus rentables lorsqu’ils viennent des tunnels, on trouve essentiellement l’essence et les voitures. A chaque fois, le Hamas prélève une taxe sur ces biens. 

    Quand les millionnaires des tunnels font flamber l’immobilier 

    Un petit crocodile vert brodé sur la chemise, Abou Mohammad, nous a donné rendez-vous à Rafah, cette ville coupée en deux, entre bande de Gaza et Egypte. « Avant j’avais quatre ou cinq tunnels, explique le jeune homme, mais ça n’est plus rentable depuis que les marchandises rentrent de nouveau par les frontières avec Israël. Alors j’ai tout revendu, sauf un tunnel ».

    Vingt personnes travaillent dans le tunnel d’Abou Mohammad, une équipe de jour et une équipe de nuit. Le commerçant importe des matériaux de construction. La tonne de ciment lui coûte 70 dollars, et il la revend 95 dollars. Le Hamas en prélève 5 dollars au passage.

    « Il y a deux ans, un tunnel rapportait 15 000 dollars par jour ;aujourd’hui, c’est 1000 ou 1200 dollars par jour », constate le trafiquant qui précise qu’un tunnel se revend aujourd’hui 35 000 dollars, alors qu'il en coûtait presque dix fois plus il y a deux ans.

    Abou Mohammad ne souhaite pas divulguer le montant total de ses gains. Mais à Gaza, des fortunes ont clairement été amassées pendant les années les plus dures du blocus. Aujourd’hui, l’argent est réinvesti : « Maintenant, on achète des terrains et on investit dans l’immobilier », explique Abou Mohammed.

    Une frénésie immobilière qui se ressent dans la bande de Gaza, marquée par le manque d’espace et la pénurie de logements. Conséquence de cette spéculation: des prix qui flambent et des familles qui ne peuvent pas toujours suivre. D'autant que cette population est également confrontée au quotidien aux pénuries d’électricité et d’essence, précieuse pour faire tourner les générateurs électriques.  

    Gaza dépendante de l’aide internationale 

    Le taux de chômage reste élevé dans la Bande de Gaza, il touche 34% de la population selon l’ONU. Et 80% des habitants du territoire dépendent de l’aide internationale.

    L’explication de ces chiffres se trouve par exemple dans la fabrique de meubles des frères Masharawi, où les tables et les commodes s’empilent entre les machines-outils. Le mobilier en bois est une spécialité de Gaza, mais le secteur se porte plutôt mal puisqu’Israël interdit toujours aux entreprises du territoire d’exporter vers son territoire ou même vers la Cisjordanie.

    Avant le blocus, l’usine de Nabil et Nazeeh Masharawi employait 30 ouvriers. Ils ne sont plus que 13 aujourd’hui. « En 2007, nous avons dû fermer totalement l’usine, suite à l’interdiction d’exporter, se souvient Nazeeh Masharawi. Finalement, au bout de deux ans et demi, j’ai pris la décision de recommencer à travailler et de produire pour le marché local de Gaza. Par exemple, avant je produisais 700 tables de salles à manger par an, que je vendais en Israël. Maintenant, on en fait dix par an pour la Bande de Gaza… » 

    Contrairement à leurs produits manufacturés, plusieurs hommes d’affaires palestiniens de Gaza disposent d’un permis de circulation, qui leur permet de franchir le terminal d’Erez, seul point de passage entre Israël et la bande de Gaza. Dans cet immense sas ultra-sécurisé, des Palestiniens autorisés à sortir de l’enclave vont et viennent, pour se faire soigner en Israël ou à l’étranger.

    Au sud, la bande de Gaza dispose d’une porte de sortie vers l’Egypte, via le terminal de Rafah. La chute d’Hosni Moubarak a permis d’améliorer un peu la liberté de mouvement des Palestiniens. Mais il reste des restrictions : les hommes âgés de 18 à 40 ans ont ainsi besoin d’un visa étranger ou d’une autorisation, et surtout, la capacité limitée du terminal nécessite l’inscription à l’avance des candidats au voyage, lors des périodes d’affluence. En somme, rien de très fluide dans un territoire qui ne dispose d’aucune liaison maritime ni aérienne. 

    Le Hamas et l’expérience du pouvoir 

    Dans ce contexte, comment se porte le Hamas qui dirige Gaza depuis cinq ans ? Sur place, beaucoup disent que sa popularité est en baisse, car depuis que le mouvement islamiste règne sur l’enclave, ses habitants ont souffert du blocus et aussi de l’attaque israélienne de l’hiver 2008-2009, laquelle a fait de 1 100 à 1 400 morts, selon les sources.

    Une partie de la population de Gaza juge aussi que le Hamas et ses amis passent aujourd’hui plus de temps à faire des affaires qu’à s’occuper des Palestiniens. La frustration est perceptible aussi au sein de la frange la plus radicale, qui observe que le Hamas ne tire plus de roquettes en direction d’Israël et tente d’imposer la même retenue aux autres formations, à commencer par le Jihad islamique.

    « Le Hamas attendait beaucoup de la révolution égyptienne, relève le politologue palestinien Mkheimar Abou Sada. Ils pensaient que l’effondrement du régime Moubarak allait permettre la levée totale du blocus de Gaza et la fin de la conspiration contre les Palestiniens. Mais il me semble que le Hamas a dû réviser ses espoirs à la baisse. L’Egypte et son président seront très occupés par leurs problèmes intérieurs ». 

    Symptôme de ces changements qui tardent se faire sentir à Gaza : la réconciliation palestinienne a bien été signée au printemps 2011, dans la foulée du Printemps arabe, mais elle n’existe que sur le papier. Cinq ans après la fracture de juin 2007, les deux formations rivales palestiniennes campent chacune sur leur territoire. Comme si Hamas et Fatah avaient aujourd’hui plus à perdre encore en se réconciliant qu’en restant divisés.

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