Manifestation des islamistes place Tahrir au Caire contre le pouvoir de l'armée
C'est toujours l'incertitude en Egypte. Les deux candidats à la présidentielle continuent de revendiquer leur victoire. Les partisans de Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans, avaient appelé à une grande manifestation mardi 19 juin, place Tahrir, au Caire. Un appel qui semble avoir été entendu.
Avec notre envoyée spéciale au Caire, Murielle Paradon
Une foule compacte a déferlé place Tahrir dans la soirée. Des hommes, des femmes voilées avec leurs enfants, agitant des drapeaux et des affiches à l’image de leur candidat Mohamed Morsi qu’ils considèrent déjà comme leur président.
Seule la prière de 19h faite au beau milieu de la place a interrompu pour quelques minutes les slogans des manifestants. Quelques groupes de jeunes révolutionnaires avaient appelé à manifester mais l’immense majorité des personnes présentes sur la place étaient des islamistes. Leur discours est parfaitement rodé : « L’armée bafoue le processus démocratique car elle s’est attribuée le pouvoir législatif après la dissolution du Parlement dominé par les Frères musulmans et elle a limité les pouvoirs du prochain président ».
Plusieurs manifestants ont dit qu’ils multiplieraient les rassemblements jusqu’à ce que l’armée revienne sur ses décisions. Ils promettent d’aller jusqu’au bout même si le sang doit couler.

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(1) Réaction
La démocratie impossible?
Qu'il s'agisse des islamistes ou de l'armée, l'Egypte se trouve toujours coincée entre deux gouvernements totalitaires. Mais heureusement que l'armée conserve le pouvoir législatif. Qui en Egypte a envie de se retrouver en Arabie Saoudite? Très peu en fait. A la base, il s'agit d'un vote contre l'ancien régime et non pas d'un vote pour les Frères musulmans. Mais il va sans dire que la majorité du peuple égyptien étant inculte, elle ne perçoit pas réellement les implications d'un gouvernement islamique. On lui rabat les oreilles avec l'islam à l'école, à la maison, par les haut-parleurs de chaque mosquée qui tonitruent dans toutes les rues. On lui enseigne que l'islam est la seule vérité, on ne lui donne pas les moyens d'analyser, de réfléchir et de raisonner. Nombreux sont les illétrés qui seraient certainement choqués d'apprendre ce que contient leur livre, qu'il est tout sauf symbole de paix. Un gouvernement islamique à pouvoir limité constitue peut-être une solution temporaire, celle qui permettra au peuple de se rendre véritablement compte du fait qu'il faut à tout prix éliminer les frères musulmans de la politique à moins de souhaiter la ségrégation totale entre hommes et femmes, l'impossibilité ne serait-ce que de se tenir la main dans la rue, à moins aussi de préférer que les femmes restent entièrement cantonnées à leur rôle de mères au foyer incultes, soumises à leur mari, privées de liberté, privées des droits de l'homme (et surtout de la femme ici!)les plus rudimentaires. Je pense également aux Coptes, ces chrétiens égyptiens qui bien-sûr ont peur d'un gouvernement islamique mais qui estiment également qu'il faudra peut-être en passer par là pour les éliminer. Reste à faire comprendre aux 90% des musulmans d'Egypte (moins ceux qui ont compris, ils sont peu mais existent) que le problème véritable, c'est l'islam, que la religion doit quitter la sphère politico-sociale, qu'une théocratie ne peut jamais mener à la démocratie puisqu'elle prêche l'intolérance.