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    Moyen-Orient

    L'ONU en Syrie : une mission vraiment impossible

    media Le général Mood, chef des obervateurs, a dû suspendre sa mission en Syrie. REUTERS/Khaled al-Hariri

    Aussi bien sur le plan diplomatique que militaire, il est toujours difficile de trouver une solution au conflit syrien. Les combats sur le terrain gagnent en intensité. La mission d’observation de l’ONU est suspendue. En même temps, les Occidentaux tentent de convaincre la Russie et la Chine, qui bloquent toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU visant à condamner le régime syrien, de trouver un compromis et de faire plier Damas.

    Les tensions entre l’Occident et la Russie à propos de la Syrie se sont matérialisées le mardi 19 juin sous une forme inattendue : celle d’un navire immobilisé au large de l’Ecosse. Le cargo porte le nom MV Alaed et appartient à l’armateur russe Femco. Son assureur, la compagnie britannique Standard Club, l’a prévenu du retrait de son assurance. Ainsi, il ne peut plus continuer sa route et a dû stopper ses machines.

    Evènement spectaculaire et rare, mais justifié. Les Occidentaux soupçonnent l’Alaed de transporter des hélicoptères d’attaque Mi-25, embarqués à Kaliningrad et destinés à la Syrie, en violation de l’embargo européen. C’est en raison de cette violation que Standard Club a décidé d’annuler son assurance.

    En effet, les appareils de ce genre risquent de servir d’arme redoutable contre la rébellion dans les zones habitées, alors que la Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, vient d’appeler le régime syrien à « cesser immédiatement l’utilisation d’armes lourdes et le bombardement de zones habitées », assimilant de telles actions à « des crimes contre l’humanité et autres possibles crimes de guerre ».

    Quand la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton accuse Moscou de fournir des hélicoptères d’attaque à Bachar el-Assad, la Russie rétorque, furieuse, qu’elle ne livre aucun nouvel appareil à la Syrie et qu’il s’agit uniquement de retourner à l’expéditeur des vieux hélicoptères achetés par Damas - encore à l’Union soviétique - et envoyés récemment en Russie pour réparations. Il n’empêche qu’une fois réparés, les Mi-25 peuvent très bien servir à remplir les missions évoquées par Navi Pillay.

    Les Américains ont donc prévenu les autorités à Londres que le cargo russe faisant route vers la Syrie était assuré par une société britannique, et le gouvernement du Royaume-Uni a sans doute fait le nécessaire pour que celle-ci s’intéresse de très près à la cargaison de ce client un peu inquiétant… Résultat : le navire devient, du moins momentanément, un symbole immobile et un témoin muet du conflit diplomatique entre l’Occident et la Russie autour de la Syrie.

    Horreur

    Et pendant ce temps, sur le terrain, c’est l’horreur. Selon les ONG qui suivent la situation sur place, la répression de la rébellion contre Bachar el-Assad aurait fait plus de 14 000 morts en un an. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), basé à Londres, reproche aux observateurs déployés en Syrie par l’ONU de ne jouer qu’un rôle de « témoins des meurtres ». Leur chef, le général norvégien Robert Mood, déplore de son côté le manque d’effectifs et les possibilités de plus en plus limitées d’agir correctement sur le terrain.

    Selon le général, avec 300 observateurs, la mission de l’ONU (Misnus) n’est même pas en mesure de couvrir le secteur de la capitale syrienne, Damas. Et les conditions de son travail deviennent de plus en plus difficiles. « L’escalade de la violence - a-t-il souligné lors d’une conférence de presse - limite notre capacité à observer, à vérifier, à faire des rapports, ainsi qu’à soutenir le dialogue au niveau local et les projets pour restaurer la stabilité. »

    Robert Mood paraît également désespéré par les comportements et par les réelles intentions des deux parties du conflit. « Il semble qu’il y ait un manque de volonté pour parvenir à la transition pacifique que nous souhaitons et que le peuple syrien désire lui aussi, observe-t-il. Au contraire, il y a une intention de gagner du terrain militairement. » En conséquence, les observateurs ne sont souvent pas sur place quand les combats commencent. Ce qui provoque, selon lui, « un sentiment de frustration ».

    Mission suspendue

    Sentiment tellement fort que le chef de la mission a pris la décision de la suspendre. Ce qu’il justifie entre autres par « l’intensification des violences », dans un rapport préparé à l’intention du Conseil de sécurité de l’ONU. Le mandat de la Misnus devait s’étendre jusqu’au 20 juillet, mais plusieurs pays occidentaux ont indiqué qu’il pourrait être interrompu avant l’heure si les violences continuaient d’empirer, ce qui est manifestement le cas. A la différence du général Mood, la plupart de capitales occidentales estiment que c’est le président syrien Bachar al-Assad qui est l’unique responsable de cette détérioration.

    Position qui n’est partagée ni par la Chine, ni par la Russie, qui bloquent systématiquement toute condamnation de la répression en Syrie au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU, dont elles sont des membres permanents. Suite à la récente rencontre de Barack Obama avec Vladimir Poutine en marge du sommet du G20, Washington semble espérer que la Russie finira par faciliter une issue à la crise en Syrie, malgré son refus constant et catégorique de soutenir des résolutions du Conseil de Sécurité condamnant le régime syrien.

    Fusiliers marins

    Pour le moment, le seul changement perceptible dans le comportement de la Russie par rapport à la Syrie n’est évoqué qu’officieusement, dans la presse russe. Il s’agit de possibles préparatifs à l’envoi vers le port de Tartous en Syrie de deux navires de guerre amphibies avec un nombre « important » de fusiliers marins à bord.

    Le rôle attribué à ces soldats ne semble pas clair. Selon les mêmes sources, ils devraient agir, en cas de besoin, pour protéger le personnel russe sur place et/ou démanteler l’équipement de la seule base navale russe en Méditerranée, qui se trouve justement à Tartous. Personne ne parle de leur participation aux combats, ni aux côtés de l’une des parties du conflit, ni en tant que force d’interposition ou de maintien de la paix. Ceci dit, si l’information se confirme, la Russie sera la seule puissance étrangère disposant de forces armées relativement nombreuses, bien entraînées et bien équipées, directement sur place.

    Par ailleurs, la base de Tartous est l’une de principales raisons de l’obstination de Moscou à s’opposer à toute opération occidentale contre le régime de Bachar al-Assad. Tartous est le seul port de la Russie, utilisable toute l’année, en dehors de l’ancienne Union soviétique. Et plus généralement, la Syrie constitue la principale tête de pont de la Russie au Proche-Orient. Il suffit de rappeler qu’il s’agit d’un pays qui achète à Moscou des armes d’une valeur estimée à plusieurs milliards de dollars par an.

    Parmi les services rendus par la Russie à la Syrie, les réparations des hélicoptères d’attaque. Seulement, cette fois, la livraison des appareils remis en marche semble subir une douche écossaise…

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