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L'Otan en réunion exceptionnelle autour des tensions Syrie-Turquie
Comme en 2003, lors de la guerre en Irak, la Turquie prend l’initiative et demande une réunion exceptionnelle des pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan). C’est seulement la deuxième fois dans la longue histoire de l’Alliance atlantique qu’un membre juge que sa sécurité est menacée et qu’à ce titre, il doit en discuter avec ses partenaires. Cette fois donc, l’ennemi est syrien. L’attaque contre un avion de chasse, vendredi 22 juin, au-dessus de la Méditerranée est-elle vue par l'Otan comme une agression très grave venue de Damas ?
Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion
Il y a eu deux temps dans la réaction turque à la destruction de son F4-Phantom vendredi 22 juin : celui de la réflexion, de l’analyse des données de vol, des communications et tout ce qui a permis de comprendre ce qui c’était réellement passé. Ce fut aussi le temps de la recherche des pilotes, qui n’ont toujours pas été retrouvés.
Maintenant que l’incident a été bien compris par les militaires turcs, il y a le temps de la colère et de la dénonciation claire de la responsabilité de la Syrie. Lundi 25 juin, au sortir du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement dénonçait une « volonté délibérée et hostile de Damas » dans cette attaque, niant par là même les prétextes syriens qui évoquent une méprise et un droit à l’autodéfense.
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan doit s'exprimer ce mardi devant son groupe parlementaire pour dénoncer de la même manière, et certainement avec la même vigueur, l’attitude de Damas : Ankara désormais veut porter le fer dans la plaie et obtenir des excuses et des réparations.
La Turquie attend la solidarité de l'Otan Avec notre bureau à Bruxelles, Ankara a invoqué l'article 4 du traité de l'Atlantique Nord, lequel évoque le droit de tout membre d’attirer l'attention de ses alliés s'il estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité est menacée. La seule fois où l’article 4 du Traité de l’Alliance a été invoqué depuis son entrée en vigueur en 1949, c’était il y a neuf ans par la Turquie déjà, un mois avant l’attaque contre l’Irak. A l’époque, les alliés avaient fini par déployer des avions et les systèmes de défense antimissiles. Mais la demande de la Turquie avait provoqué de nettes dissensions, plusieurs pays craignant en effet de plomber les efforts diplomatiques en cours. Une semaine de tractations avait été nécessaire. Mais si les alliés devaient effectivement envisager des mesures militaires, elles pourraient au maximum ressembler à celles de 2003 avec, par exemple, le déploiement des Awacs, les avions-radar de l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord. La probabilité en est cependant faible car tous craignent un engrenage et rejettent toute intervention en Syrie. En réalité, la Turquie semble désireuse avant tout d’obtenir de ses alliés une ferme expression de solidarité, mais tout dépendra du degré de fermeté que chacun des 28 alliés voudra afficher face à la Syrie. L’Italie parle de condamnation et d’indignation, les Etats-Unis de faits inacceptables. La Turquie est, pour les membres de l’Otan, un allié précieux aux portes du Proche-Orient. Ils chercheront certainement à affermir la position d’Ankara face à Damas. |

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