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Article publié le : vendredi 29 juin 2012 à 22:55 - Dernière modification le : samedi 30 juin 2012 à 06:22

Syrie: poursuite des violences en marge de la réunion de Genève

Les manifestations ont redoublé vendredi, comme ici à Maraa, près d'Alep.
Les manifestations ont redoublé vendredi, comme ici à Maraa, près d'Alep.
REUTERS/Shaam News Network

Par RFI

Alors que se tient, ce samedi 30 juin à Genève, une réunion du groupe d'action proposée par Kofi Annan pour tenter de lancer une solution négociée et la mise en place d'un gouvernement transitoire en Syrie, les violences continuent dans le pays. Selon le témoignage de l'opposant Abdoul Omar, elles n'ont cessé de croître depuis dix jours avec des combats de plus en plus violents.

Selon des sources de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, la journée la plus sanglante a été celle de jeudi avec plus de 180 morts dont 60 soldats. Les combats se sont poursuivis ce vendredi, jour de grande prière et de manifestations en Syrie depuis le 15 mars 2011. Et à la veille de réunions internationales, les combats semblent redoubler de violence.

« Au moins 800 morts en dix jours »

Pour Abdoul Omar, un opposant installé à Londres, cela fait déjà plusieurs jours que ces attaques meurtrières se multiplient. « Les derniers dix jours ont été extrêmement violents, affirme-t-il, avec au moins 800 morts au cours de cette période. Jeudi, on nous a confirmé la mort de 180 personnes. Deux jours auparavant, c'était presque les mêmes chiffres. Ceci est en quelque sorte un suivi de la pression de la communauté internationale ».

Les chances de Kofi Annan d'aboutir à une cessez-le-feu apparaissent nulles.
REUTERS/Denis Balibouse

« Ce qu'on voit, poursuit-il, c'est le régime d'Assad qui montre ses muscles tant qu'il le peut pour éliminer l'opposition, avant qu'il y ait un mouvement éventuel de la communauté internationale ou des pays de la région, comme la Turquie ». « Mais au fur et à mesure que le temps passe, reprend-il, la situation ne fait que s'aggraver. On ne voit aucune diminution des crimes, on ne voit qu'une augmentation du nombre de victimes. »

« La situation va empirer »

Abdoul Omar n’attend rien de la réunion de samedi à Genève : « C'est comme si la communauté internationale se rendait compte qu'elle ne pouvait rien faire dans l'immédiat, et qu'elle espérait que le temps lui donnera plus d'options. Donc, pour gagner du temps, ils mettent en place ce genre de réunion, presque toutes les mêmes, bien que légèrement différentes à chaque fois. »

« La situation en Syrie va continuer à empirer, annonce-t-il.  Et le conflit va arriver au point que ce sera une véritable guerre interne entre les rebelles, qui ont réussi à s'emparer de territoires assez importants notamment dans le Nord, et le régime d'Assad, qui continue à être approvisionné militairement par les Russes et les Iraniens ».

De leur côté, les autorités syriennes parlent d'une « guerre dans le pays », et de « groupes terroristes à combattre », condamnant les attentats commis, notamment l'un des derniers qui a touché une chaîne de télévision officielle. On est très loin du premier point du plan de Kofi Annan qui est le cessez-le-feu.

Hillary Clinton et Serguei Lavrov s’entretiennent en Russie

Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio

Les chefs de la diplomatie russe et américaine se sont rencontrés vendredi 29 juin à Saint Petersbourg, pour tenter de rapprocher leurs points de vue et faire que le rendez-vous de Genève n’échoue pas avant d’avoir débuté. Hillary Clinton et Serguei Lavrov se sont entretenus durant trois heures.

Le chef de la diplomatie russe a été le seul à s’exprimer à l’issue de la rencontre. Il s’est dit très satisfait de ces pourparlers, qu’il a qualifiés de « fructueux ». Selon Serguei Lavrov, « il y a de très bonnes chances de trouver un dénominateur commun et de faire un pas en avant à Genève » et d'affirmer qu'il avait senti une évolution dans la position de sa collègue Hillary Clinton.

Dans le même temps, le ministre russe des Affaires étrangères a reconnu que la réunion du groupe d’action ne permettrait sans doute pas de régler toutes les questions litigieuses. La Russie a, à maintes reprises, précisé qu'elle ne soutiendrait aucune recette imposée de l'extérieur en Syrie et a laissé entendre qu'elle ne cautionnerait pas la mise en place d'un gouvernement provisoire d'union nationale dont pourraient être exclus certains responsables du gouvernement syrien actuel.

Dans la nuit, le vice ministre russe des Affaires étrangères a enfoncé le clou, en affirmant sur son compte Twitter que le groupe préparatoire de hauts fonctionnaires n'avait pas réussi à se mettre d'accord sur un projet de document final à Genève. « Nos partenaires occidentaux, écrit Guennadi Gatilov, veulent fixer eux mêmes le cours du processus politique en Syrie. Or c'est l'affaire des seuls Syriens ».

 

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