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Article publié le : mardi 17 juillet 2012 à 22:33 - Dernière modification le : mercredi 18 juillet 2012 à 11:10

Syrie : la diplomatie au point mort tandis que Damas s'enflamme

Des opposants au président Bachar el-Assad dans le quartier de Jubar, à Damas, le 16 juillet 2012.
Des opposants au président Bachar el-Assad dans le quartier de Jubar, à Damas, le 16 juillet 2012.
Reuters/Shaam News Network

Par RFI

La capitale syrienne est en proie, depuis dimanche, à des affrontements entre l'armée fidèle au gouvernement de Bachar el-Assad et les opposants de l'ASL, l'Armée syrienne libre. Les révolutionnaires qualifient la bataille de tournant dans la révolte et ils annoncent avoir lancé la libération de Damas. Sur le plan diplomatique, Kofi Annan était à Moscou, ce mardi 17 juillet, afin de convaincre Vladimir Poutine de changer sa position. Mais la Russie continue de soutenir le président syrien.

Avec nos correspondants à Beyrouth, Moscou et Istanbul,

« Nous allons vers la victoire », affirment les généraux rebelles de l'ASL. Sur le terrain, la situation est pourtant moins évidente.

Très tôt ce matin, selon les militants, des explosions ont de nouveau été entendues à Midane, suivies d’affrontements. Des tanks sont déjà déployés dans ce quartier et les forces gouvernementales encercleraient l’une des mosquées. C’est souvent depuis les mosquées de ce quartier que les manifestations de l’opposition ont démarré.

Mardi, une source militaire a affirmé que l’armée a demandé aux habitants de quitter les lieux, avant un assaut imminent. L’opposition redoute donc une attaque d’ampleur sur Midane. Un quartier très peuplé, situé près du centre historique.

Depuis des mois, le régime a prouvé qu’il ne voulait perdre le contrôle d’aucune région du pays. Même chose, donc, pour la capitale : pas question de desserrer l’étau. Le pouvoir fait usage de chars, d’artillerie et des snipers sont déployés dans les immeubles. Hier, des hélicoptères sont même entrés en action. Ils ont encore ouvert le feu cette nuit sur le quartier de Qaboun. Des militants ont affirmé avoir abattu l’un de ces appareils.

Général Mustafa Ahmed al-Sheikh

Président du Haut conseil militaire de l'Armée syrienne libre

L'objectif, c'est de commencer la libération de Damas et de faire chuter le régime grâce à une guérilla menée par de petits groupes très organisés

 

18/07/2012 par Thomas Loupias

Le pouvoir a également appelé des troupes en renfort. Des convois de véhicules militaires sont entrés dans Damas. Selon les renseignements israéliens, des soldats positionnés sur le plateau du Golan ont notamment été redéployés dans la capitale.

Il est difficile d'établir un bilan mais l'armée recense 33 morts chez les rebelles et 145 autres arrêtés à Qaboun. Les militaires disent maîtriser la situation.

En outre, un nouveau général et plusieurs officiers ont fait défection à l'armée syrienne régulière.

Kofi Annan ne convainc pas les Russes

Kofi Annan et Vladimir Poutine, à Moscou, le 17 juillet 2012.
REUTERS/Sergei Karpukhin

Sur le plan diplomatique, c’est un maigre bilan pour Kofi Annan en déplacement à Moscou. A la veille de la présentation par les Occidentaux d’un nouveau projet de résolution sur la Syrie - un texte que la Russie menace à nouveau de bloquer - l’émissaire de l’ONU s’est justement rendu à Moscou. Une visite de 48h au cours de laquelle il s’est entretenu avec le président Vladimir Poutine et le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Tous deux lui ont réservé bon accueil sans véritablement s’engager sur le fond.

Lorsqu’il s’agit de défendre le plan Annan, Vladimir Poutine est tout miel. « Nous allons tout faire pour soutenir vos efforts, nous les soutenons depuis le tout début, depuis les premières mesures », insiste le président russe.

Les réfugiés syriens affluent en Turquie
 
17/07/2012
par Jérôme Bastion
 
 

Pas un mot en revanche des négociations sur le nouveau projet de résolution porté par les Occidentaux au Conseil de sécurité de l’ONU. C’est Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères, qui s’est chargé de ce point, avec des déclarations difficiles à interpréter. Hier, lundi, il accusait les Occidentaux d’exercer un chantage sur la Russie à l’ONU, aujourd’hui, il s’est montré plus conciliant. « Je ne vois pas de raisons pour lesquelles nous ne pouvons pas aussi être d'accord avec les Occidentaux. Nous y sommes prêts », affirme-t-il

La presse moscovite, elle, ne se fait guère d’illusions : les amabilités diplomatiques ne sauraient écarter le risque de veto. Le très sérieux quotidien d’affaires Vedomosti analyse la situation avec une acidité qu’on ne lui connaît guère : « Pour reprendre le style dans lequel s’exprime Poutine, en fait de résolution, les Occidentaux n’obtiendront que dalle. »

L’Irak appelle ses ressortissants à rentrer immédiatement au pays

Avec notre correspondante à Bagdad, Fatma Kizilboga

Bagdad déplore une recrudescence des assassinats et des attaques visant la communauté irakienne en Syrie, estimée à plus d’un million de personnes. Une déclaration qui ne sera suivie d’aucune précision, au lendemain toutefois du rapatriement des corps de deux journalistes irakiens morts dans des circonstances troubles.

Majoritairement investis dans les affaires, les exilés irakiens de Syrie hésitaient jusque tout récemment à rentrer au pays. Une timide vague de retours avait débuté l’an dernier, mais ces « persécutés de l’Histoire », comme ils se qualifient, sont désormais chaque jour plus nombreux à fuir les violences.

La plupart viennent en Irak pour s’y installer, d’autres, toujours très marqués par les affrontements intercommunautaires, préfèrent parler d’une situation de transit et se dirigent d’ores et déjà vers les chancelleries étrangères, dans l’espoir de décrocher un visa. Hors de question, disent-ils, d’avoir à choisir entre la peste et le choléra.

Les lieux clés de la capitale syrienne

Afficher Ville de Damas (Syrie) sur une carte plus grande

 

tags: Bachar el-Assad - Kofi Annan - ONU - Russie - Syrie
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Voici l'information crédible

Voici résumé ce qu’avait vu et entendu mardi en milieu d’après-midi à Damas la correspondante de la chaîne russe anglophone d’information Russia Today, Maria Finoshina :

-On entendait des tirs d’hélicoptères du côté du quartier de Mezra, dans le centre de la ville. Pour autant, selon Maria Finoshina, le niveau d’intensité des combats n’est en rien comparable à celui qu’elle avait observé à Douma, dans l’agglomération nord-est de le Damas, voici deux ou trois semaines.

-Ailleurs, on entend des tirs sporadiques, notamment à Mezra et on voit des soldats patrouiller dans les rues mis, dit la journaliste russe, « Ca ne ressemble pas vraiment à un assaut final ou une bataille décisive pour la capitale« . Et ajoute-t-elle, « la ville reste sous le contrôle des forces gouvernementales ».

-Dans le quartier de Midane, plus touché par les incursions, des habitants ont demandé au chef des opérations militaires de ménager un corridor par lequel les « terroristes » pourraient évacuer la zone. Mais celui-ci a refusé expliquant : « Nous leur avons donné le temps de se rendre. Ils ont refusé. Nous ne sommes pas là pour négocier ».

-Selon une source militaire consultée par la journaliste russe, la tactique de l’armée à Damas est pourtant d’encercler les points d’appui rebelles, tout en leur laissant un couloir pour s’enfuir, de manière à les amener dans des zones moins peuplées où ils seront plus vulnérables.

-Maria Finoshina indique que selon une source gouvernementale, les insurgés ont fait un incursion dans le camp de réfugiés palestiniens d’al Yarmouk, au sud immédiat de Tadamone (accès sud de de Damas), pour inciter la population à les rejoindre, mais sans succès.

-Russia Today a publié, mardi en fin d’après-midi, un bilan gouvernemental des combats de Damas : 33 terroristes tués, 15 blessés et 140 arrestations et captures.

-Enfin un porte-parole de l’ASL a revendiqué la destruction d’un hélicoptère de combat à Qaboun, au nord-est de Damas.

En début de soirée, le ministre de l’Information Omran al-Zoubi a déclaré que Damas était « nettoyée » des groupes armés : « Certains des combattants se sont rendus, les autres se sont enfuis en voiture ou à pied, tirant en l’air pour effrayer les habitants » a déclaré le ministre à l’agence russe Interfax. Mais Maria Finoshina dit que des explosions pouvaient encore être entendues non loin du centre-ville.

Bref, et comme c’était prévisible, les gens de l’ASL n’ont pas les moyens de leur ambitieux programme : déclencher l’éruption du « volcan de Damas ». À suivre, mais le résultat final semble acquis.

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