Syrie / ONU - 
Article publié le : jeudi 19 juillet 2012 à 18:57 - Dernière modification le : vendredi 20 juillet 2012 à 06:53

La Chine et la Russie opposent leur veto au projet de résolution occidentale contre le régime syrien

Le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le 12 mars 2012.
Le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le 12 mars 2012.
REUTERS/Lucas Jackson

Par RFI

La Russie et la Chine ont opposé jeudi 19 juillet 2012 leur veto - le troisième depuis le début du conflit syrien - au Conseil de sécurité de l'ONU à une résolution occidentale menaçant de sanctions le régime de Bachar el-Assad. Les Etats-Unis considèrent que le Conseil de sécurité a « totalement échoué » et veulent désormais travailler « en dehors du Conseil ».

Avec nos correspondants à New York, Alexandra Genest, et à Washington, Jean-Louis Pourtet

Dix-sept mois et 17 000 morts plus tard, le Conseil de sécurité de l’ONU reste toujours incapable d’actions. La faute à la Russie et à la Chine, vent debout contre tout texte hostile à leur allié syrien.

L’ambassadeur britannique Mark Lyall Grant s’est dit « consterné » par ce troisième double veto russo-chinois, accusant les deux pays de « mettre leurs intérêts nationaux avant la vie de millions de Syriens ». Son homologue allemand Peter Wittig a, lui, déploré une « occasion manquée » et a estimé que le peuple syrien risquait « d'en payer le prix ».

« Il est désormais clair que la Russie ne vise qu’à laisser plus de temps au régime syrien pour écraser l’opposition », a déclaré de son côté l’ambassadeur français, avant d’avertir Moscou et Pékin que « l'histoire leur donnera tort, l'histoire les jugera, elle commence déjà à le faire en ce moment-même à Damas », a estime Gérard Araud en allusion aux combats qui font rage dans la capitale syrienne.

Le projet de résolution occidental ne prévoyait pourtant qu’une « menace » de sanctions si Damas ne baissait pas les armes dans les 10 jours et se référait à un article excluant tout recours à la force. Mais les Russes, hantés par le scénario libyen, n’ont rien voulu entendre.

Action unilatérale des Etats-Unis

Après le rejet au Conseil de sécurité de cette troisième résolution destinée à renforcer les sanctions contre le régime Assad, l’administration Obama a exprimé sa vive déception et condamné le veto opposé par la Russie et la Chine. Washington s’est aussi engagé à agir en dehors de l’ONU.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a déclaré que la Russie et la Chine s’étaient placées du mauvais côté de l’Histoire. Qualifiant leur veto de « profondément regrettable », il a ajouté que c’était une erreur car « les jours de Bachar el-Assad au pouvoir sont comptés ».

Comme l’a expliqué sur CNN l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice, les Etats-Unis veulent maintenant agir en dehors de l’ONU en collaboration avec la centaine de pays qui font partie du groupe des Amis de la Syrie : « Que ce soit une assistance humanitaire, la fourniture d’équipement non létal aux rebelles, un durcissement des pressions économiques et des sanctions, ou un soutien politique à l’opposition, nous continuerons de faire tout cela et nous intensifierons nos efforts avec les pays de la région et nos partenaires à travers le monde qui partagent nos objectifs et les aspirations du peuple syrien pour un avenir démocratique. »

Constatant l’échec de l’ONU et de la mission de Koffi Annan, les Etats-Unis ne soutiennent pas l’idée de continuer à envoyer des observateurs de l’organisation en Syrie.

Observateurs de l'ONU en Syrie : l'impossible mission

Une résolution au Conseil de sécurité est attendue ce vendredi 20 juillet sur le sort des observateurs de l'ONU en Syrie. Quelle que soit la décision prise à l'ONU sur une prolongation de la mission (de 45 jours), le général Robert Mood, à la tête de la mission d'observation, s'en ira de toute façon aujourd'hui. Sa mission et celle de ses hommes est effet devenue caduque il y a déjà plusieurs semaines. En attendant une décision politique, le général Babacar Gaye, principal conseiller militaire de l'ONU est venu remplacer le général Mood.

Le rôle initial des quelque 300 observateurs, c'était de surveiller l'application du plan de paix de Koffi Annan sur la Syrie. Un plan entré en vigueur le 12 avril dernier. Il prévoyait notamment l'arrêt des violences. Mais le cessez-le-feu a toujours été ignoré, les violences ont continué. Empiré même. En juin, des tirs ont visé directement des observateurs de l'ONU. Impossible de travailler dans ces conditions. Conséquence : le général Robert Mood, chef des observateurs, suspend la mission.

Début juillet, il reprend la parole pour critiquer les diplomates. La communauté internationale, selon lui, ne fait que palabrer dans de beaux hôtels sans remédier à l'enlisement du conflit. Il décide ensuite de redéployer les observateurs en Syrie. A Treimsa, par exemple. Ils viennent vérifier les affirmations des rebelles qui accusent le gouvernement syrien d'avoir tué plus de 150 personnes.

La mission des observateurs devait durer trois mois, elle se termine donc ce vendredi. Hier, le général Mood appelait à nouveau toutes les parties à arrêter l'effusion de sang. « Nous avons fait de notre mieux dans des conditions vraiment difficiles », a-t-il déclaré.

tags: Bachar el-Assad - Chine - Etats-Unis - ONU - Russie - Syrie
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(12) Réactions

un monde impossible

un monde impossible

Le monde a changé

Tot ou tard la dictature serait enterrée, El-Assad soutenue par la cupidité de la Russie et la Chine ne peuvent rien contre le vent de la démocratie qui souffle partout dans le monde.

Malheureusement, certains de

Malheureusement, certains de nos frères n'utilisent que les deux seuls concepts dictés par la propagande occidentale. Ils sont à court d'arguments maintenant. Voyez-vous, pendant longtemps, les chancelleries occidentales s'évertuaient à défendre la fallacieuse thèse selon laguelle le régime massacrait une population pacifique, désarmée mais avide de réformes démocratiques. Mais il est clair maintenant qu'on a affaire à une opposition constituée pour la plupart d'un ramassis de terroristes formés à l'école d'Al Qaida. Je suis convaincu qu'il faut éliminer cette partie-là de l'opposition syrienne avant même de parler de démocratisation.

On ne parle pas assez du

On ne parle pas assez du droit de véto des usa pour isra et ce au mépris du droit international.
On ne parle pas assez de toutes les résolutions de cette organisation bidon à l'encontre d'isra qui ne sont pas respectées au mépris du droit international....

L FORCE DES USA

Selon l'Ambassadrice américaine Susan Rice " La fourniture d’équipement non létal aux rebelles, un durcissement des pressions économiques et des sanctions, ou un soutien politique à l’opposition, nous continuerons de faire tout cela et nous intensifierons nos efforts avec les pays de la région et nos partenaires à travers le monde qui partagent nos objectifs et les aspirations du peuple syrien pour un avenir démocratique ""
Ensuite selon l'Administration des USA :
"" Washington s’est aussi engagé à agir en dehors de l’ONU ""
Donc Veto RUSSE et CHINOIS ou pas, tôt où tard, ils vont intervenir en Syrie par la force pour déloger Bachar.

la petite france

la france tjrs du cote des americains quand ce petit peuple n;utilise pas la logique. Apres la cote d'ivoire et la lybie ou ils imposent leur gens sous pretexte de la democratie. Vive le plan Russe et Chinois les gens qui veulent la resolution pacifique et non ceux qui arment l'opposition syrienne

reaction

JE CROIS BIEN QUE L'ONU DOIT COMMENCER A INSTAURER LA DÉMOCRATIE EN SON SEIN PLUS DE DROIT DE VETO .UN PAYS UNE VOIX.CE N'EST PAS UN JEU DE CARTE LA VIE DU PEUPLE SYRIEN EN DÉPEND.FACE A UN PRÉSIDENT FOU IL FAUT ABSOLUMENT PROTEGER LES SYRIEN IL Y A EU ASSEZ DE MORTS INNOCENTS .IL NE PAS ATTENDRE APRES LE DESASTRE QUE LE CPI LANCE DES POURSUITES .AUTREMENT LE POMPIER APRES LA MORT....

Vous avez parfaitement

Vous avez parfaitement raison, il faut que cela change, des dictatures n'ont rien a faire au conseil de sécurité, c'est scandaleux et indigne du destin de l'humanité.

la comedie qui n'est pas drole

Il est peut etre temps que les occidentaux sachent que le monde entier est conscient de l'injustice dont sont victimes les peuples africains irakiens libyens et maintenant syriens sombrés dans la misere amenée par les pseudo liberateurs .La Russie comme toujours est à coté des peuples opprimés c'est pourqoi cette resolution sanguinaire ne passera jamais quelque soient les sourires et les gentillesses d'Obama et de Koffi Annan .

réaction

Après le gâchis lybien, les occidentaux doivent comprendre qu'ils ne peuvent indéfniment instrumetaliser le Conseil de Sécurité pour prétendre agir au nom de la communauté internationale. Gare à l'Oncle Sam qui veut plonger à nouveau le monde dans l'unilatéralisme!

Fermer