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Moyen-Orient

Syrie

Syrie: la contre-offensive de l'armée ne connaît pas de répit

media

L'armée syrienne a lancé vendredi une contre-offensive pour reprendre les quartiers rebelles de Damas et livrait des combats sans précédent à Alep, deuxième ville de Syrie, dans une escalade de violence ayant fait fuir au Liban voisin des milliers de personnes ces dernières 48 heures. Sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité a prolongé vendredi pour une « ultime période de 30 jours » la mission des observateurs de l'ONU en Syrie, à quelques heures de l'expiration de leur mandat.

Avec notre correspondante à Beyrtouth, Perrine Mouterde

Reprendre le contrôle des zones infiltrées par ceux qui sont qualifiés de « terroristes » et rétablir la sécurité.

C’est l’objectif de la grande contre-offensive lancée par l’armée sur la capitale. Dès vendredi matin, elle a affirmé avoir complètement « nettoyé » le quartier de Midane, situé près du centre historique. Des journalistes ont décrit un peu plus tard un quartier dévasté, un quartier fantôme, des douilles de tous calibres jonchant le sol.

Les rebelles ont confirmé avoir opéré un retrait stratégique de cette zone, mais assurent être toujours présents dans la capitale. D’ailleurs, les combats se sont poursuivis dans plusieurs zones.

Des militants font état ce samedi matin de bombardements sur les quartiers de Qadam, d’Asali et d’Hajar al-Aswad. La situation continue à évoluer d’heure en heure, une semaine après le début de la bataille de Damas.

Tandis que jeudi, un autre front semble s’être ouvert à Alep, deuxième ville du pays, où quatre quartiers notamment ont été la cible de violents combats. Ce samedi, des militants affirment que des habitants d’Alep ont fui leurs maisons dans la nuit par peur de ces violences.

Par ailleurs, l’armée libre contrôlerait toujours le poste frontière de Bab al-Hawa, entre la Syrie et la Turquie.

Le Conseil de sécurité a prolongé vendredi pour une « ultime période de 30 jours » la mission des observateurs de l'ONU en Syrie, à quelques heures de l'expiration de leur mandat et après un nouveau bras de fer entre Russes et Occidentaux, cette fois sur des questions de procédure. Le vote a été unanime sur cette proposition présentée par les Européens.

Avec notre correspondante à New York, Alexandra Geneste

La Russie a bien essayé à nouveau de faire blocage, mais cette fois, rien n’y a fait. Moscou souhaitait en effet voir la mission prolongée pour 90 jours et non pas 30, et refusait surtout que son retrait définitif de Syrie soit rendu possible. Devant l’urgence de la situation, les Russes ont fini par céder.

Si ce vote n’avait pas eu lieu, les 300 observateurs militaires non armés et la centaine d’experts civils déployés depuis trois mois auraient dû plier bagages durant le week-end. Cette reconduction reste purement symbolique, une sorte de geste politiquement correct pour éviter à l’ONU d’être prise en flagrant délit d’abandon du peuple syrien.

Le texte laisse même entrevoir une possibilité de dépasser le délai de 30 jours, si et seulement si Damas finissait par baisser les armes d’ici là. Concrètement, et comme l’avait recommandé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, les effectifs seront réduits, sans doute de moitié, et du fait des violences et risques encourus, la mission sera plus politique. Comprendre : « Les observateurs resteront dans leur hôtel à Damas dans l’attente d’une éventuelle amélioration ».

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