Syrie - 
Article publié le : mardi 07 août 2012 à 02:41 - Dernière modification le : mardi 07 août 2012 à 06:17

Syrie : avec la défection du Premier ministre, c'est un nouveau pilier du régime qui vacille

Une rue d'Alep, le 6 août 2012.
Une rue d'Alep, le 6 août 2012.
REUTERS/Shaam News Network

Par RFI

Pour les Etats-Unis, Bachar el-Assad a perdu le contrôle de la Syrie. Lundi 6 août 2012, plusieurs personnalités du régime ont fait défection selon l'opposition dont le Premier ministre Riad Hijab. Réfugié en Jordanie, ce dernier a confirmé l'information et dénoncé les « crimes de guerre et de génocide commis par le régime ». Avec cette défection, c'est un nouveau pilier du régime de Bachar el-Assad qui est ébranlé. Sur le terrain, Alep continue de subir les assauts de l'armée et les observateurs de la mission des Nations unies ont quitté la ville ces dernières heures. Le chef de la mission, le général Babacar Gaye, a appelé les combattants à protéger les civils et respecter les lois humanitaires.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Le régime syrien repose sur un trépied composé de l’appareil de l’appareil militaire et sécuritaire, du parti Baas et de la communauté alaouite.

La défection du Premier ministre montre le degré d’effritement du parti qui comptait, avant le début de la contestation en mars 2011, deux millions et demi de membres. Baassiste pur et dur, Riad Hijab assurait au régime une double légitimité : celle du parti qu’il était censé représenter au sein de l’exécutif et celle de la communauté sunnite dont il est issu. Avec son départ, le régime perd une précieuse couverture civile sunnite.

Cette défection devait se traduire logiquement par une marginalisation du Baas au sein même du régime et par un accroissement du rôle des militaires et des services de sécurité. Mais ce pilier du pouvoir est lui aussi victime d’une hémorragie : quelque 200 officiers supérieurs et des milliers de soldats ont déjà fait défection. Leur nombre reste modeste pour une armée de 300 000 hommes. Toutefois la plaie existe et elle pourrait s’élargir.

Monzer Makhous : le mode d'emploi des défections

Vice-président de la commission Affaires étrangères du Conseil national syrien (CNS)

Il y a des réseaux de l'Armée syrienne libre qui s'occupent des défections. Les gens les contactent, font savoir qu'ils ont l'intention de faire défaut et l'armée syrienne (libre) s'occupe du reste... je peux vous jurer qu'il y a des centaines d'officiers de l'armée syrienne qui veulent partir... c'est toujours le même problème : assurer leur sécurité et la logistique...

 

07/08/2012 par Achim Lippold

Reste le troisième pilier : la communauté alaouite. Par loyauté et par peur de l’avenir, les alaouites demeurent soudés autour de Bachar el-Assad. Cependant, s’ils estiment qu’il est incapable de sauvegarder leur position au sein du régime et de les protéger contre la vague sunnite, leur attitude pourrait changer.

Fabrice Balanche : «Une défection symbolique mais pas la plus importante»

Maître de conférence à l'Université de Lyon et spécialiste du Proche-Orient

A mon avis, la défection la plus importante a été celle de Manaf Tlass, du fait de son nom, de sa connaissance du système, de la possibilité qu’il a de rassurer les cadres sunnites du régime, civils et militaires en cas de chute de Bachar el-Assad….

 

07/08/2012 par Achim Lippold

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