La bataille pour Alep, au coeur du conflit syrien
Les rebelles de l’armée syrienne libre auraient repris en partie le contrôle de leur bastion de Salah Eddine. Après leur repli stratégique, les troupes rebelles seraient désormais en train de se remobiliser. La bataille d’Alep serait donc loin d’être achevée. Mais, si les rebelles parviennent à contrôler cette importante ville, le régime de Bachar el-Assad aura de grandes chances de tomber.
Si Alep tombe, le régime de Bachar el-Assad est pratiquement fini et les deux adversaires le savent. Le colonel Abdel Jabbar al-Okaidi, chef de l’armée libre à Alep, réorganise les troupes dans la province de la ville, non loin de la frontière avec la Turquie. Pour lui, même si ses hommes reprennent petit à petit leur position, la victoire n’est pas encore à portée de main : « La situation à Alep est toujours critique, l’aviation bombarde, les chars pilonnent. Ils sont en train de détruire la ville, de raser les quartiers, beaucoup d’habitations se sont effondrées ».
« A Salah Eddine, poursuit le militaire rebelle, les hommes de l’Armée syrienne libre ont pu regagner du terrain, une grande partie de ce quartier est repassé sous notre contrôle. Nous avons détruit des chars et des véhicules blindés du régime ».
Des chars peuvent effectivement être détruits mais l’armée du régime reste intouchable dans les airs. Un avantage qui n’effraie pas le colonel Abdel Jabbar al-Okaidi. Il maintiendra sa position jusqu’au bout : « Je suis quotidiennement à Alep, mon siège de commandement se situe là-bas dans cette ville. J’y retourne d’ailleurs dès ce samedi matin. Je suis parti d’Alep pour réorganiser les troupes et préparer de nouvelles opérations. Cette bataille ne se terminera qu’avec la chute du régime ».
Après la défaite de l’Armée syrienne libre à Damas en juillet 2012, les affrontements à Alep sont l’unique grande bataille que les rebelles mènent actuellement en Syrie. C’est aussi l'une de leurs dernières chances de renverser le régime d’el-Assad. .
La fuite en masse des kurdes syriens vers l'Irak |
En Syrie, la situation continue de se dégrader et les déplacements de population augmentent autour de ce pays. Au total, d'après le HCR (au 9 août) près de 147 000 syriens sont réfugiés dans les pays limitrophes. L'Irak accueille déjà près de 10 000 réfugiés et plus de 700 d'entre eux sont arrivés la semaine dernière aux trois postes frontières avec la Syrie. La plupart d'entre eux sont d'origine kurde.
Parmi les réfugiés kurdes syriens, certains affirment avoir fuit les combats d’Alep. D’autres expliquent craindre l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien. Pour ces réfugiés, le voyage fut éprouvant et chaotique. Ils ont dû faire face sur la route à des dizaines de barrages de l’ALS et de l’armée régulière. En temps normal, il ne faut pas plus d’une journée pour rejoindre le poste frontière de Rabiya. Aujourd’hui, certains réfugiés ont besoin de plus de trois jours. Beaucoup sont totalement démunis comme l’explique Saïd Najaar, arrivé à Airbil en début de semaine : « Il y a différents moyens de se sauver en étant dans l’urgence. Il y a des gens qui trouvent à la hâte des voitures et s’enfuient en voiture. Ou carrément à pied. Avec une voiture, ils emmènent le minimum nécessaire. En revanche à pied, de l’argent ou une arme. Sinon rien. » « Pour l’instant la situation est sous contrôle » estime le Haut commissariat aux réfugiés. Dans le camp de Dohuk, les autorités kurdes d’Irak et les agences de l’ONU tentent d’offrir un semblant de vie normale. Une école a notamment été construite et climatisée pour supporter les plus de 40 degrés de la journée. Mais plusieurs centaines de réfugiés ont pris le chemin du retour. Certains se plaignent du confort précaire et du manque de travail. D’autres sont tout simplement rentrés pour assurer la sécurité de la région kurde syrienne depuis le retrait des troupes de Bachar el-Assad. Le HCR recense près de 24 000 irakiens réfugiés en Syrie de retour dans leur pays depuis la mi-juillet. |

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati

















Réagissez à cet article
(2) Réactions
La Mafia
Quand on lit la presse occidentale (proche des rebelles syriens) on sent une certaine tristesse. Elle cherche a tout prix de faire passer la débâcle des rebelles pour une stratégie militaire.
Les crimes (contre l'humanité) commis par les rebelles sont minimisés et ne sont pas repris en boucle.
Nous sommes sûres et certains que pour les mêmes crimes, les puissances occidentales blanchiront leurs poulains et jugeront l'autre camp.
Nous assistons depuis longtemps à la dictature des maîtres du monde. Celle ci consiste à faire passer pour des "démons" les gouvernements qui échappent à leur contrôle et ferme les yeux pour leurs alliés.
20% maximum
Les quartiers d'Alep investis par les rebelles n'ont jamais représenté plus de 20% de la superficie de la ville. Jamais les rebelles n'ont eu la moindre capacité à tenir la ville. Ils n'arrivent même pas à tenir durablement ces 20%. Ils n'ont pas le soutien de la population. Ils ne peuvent que faire des coups, terroriser la population, tenir quelques jours et s'enfuir pour recommencer ailleurs.