A Beyrouth, Laurent Fabius réitère l'engagement de la France pour l'intégrité du Liban
Laurent Fabius poursuit sa tournée dans les pays voisins de la Syrie. Il est arrivé jeudi après-midi au Liban où il a rencontré son homologue libanais, le président du Parlement et le Premier ministre. Il a rencontré ce vendredi le président de la République Michel Sleimane et des responsables d'organisations humanitaires, et doit s'envoler vers la Turquie dans la journée. Au menu des discussions : le conflit syrien et le sort des quelque 40 000 réfugiés au Liban. A Beyrouth, le chef de la diplomatie française a bien sûr également discuté des répercussions de la crise syrienne sur le Liban. Il veut adresser un message de solidarité au peuple syrien.
Avec notre correspondante à Beyrouth, Perrine Mouterde
Laurent Fabius est arrivé à Beyrouth dans un contexte tendu. La crise syrienne a, une nouvelle fois, débordé sur le Liban cette semaine. Une vague d’enlèvements sans précédent et une trentaine de Syriens kidnappés par un clan sunnite, des manifestants qui réclament la libération des otages libanais en Syrie.
La semaine dernière, c’est un ancien ministre libanais, proche de Bachar el-Assad, qui a été arrêté. Michel Samaha a été accusé d’avoir planifié des attentats terroristes sur ordre de Damas.
Alors, Laurent Fabius répète l’attachement de la France à la stabilité du Liban, même si la tâche est difficile. « Evidemment, je crois que chacun est inquiet. L’approche qu’a le gouvernement libanais est, je crois, une approche juste, consistant à dire : "il faut, dans toute la mesure du possible, éviter la contagion de la crise syrienne sur le Liban". Le Liban, c’est un équilibre fragile, compte tenu de la diversité des communautés. »
« Si on importe les difficultés énormes qu’il y a en Syrie, du même coup on va remettre en cause l’équilibre du Liban, continue le ministre. Or, nous tenons absolument, comme le gouvernement libanais, à l’intégrité, à la souveraineté du territoire. »
Après avoir rencontré les responsables libanais, le chef de la diplomatie française assure qu'ils sont déterminés à éviter une escalade. Ils ont, en tout cas, tenu plusieurs réunions sécuritaires au cours de la journée de jeudi.
Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh La vague d’enlèvements de dizaines de Syriens au Liban, qui a eu lieu entre mercredi et jeudi, est l’aboutissement d’un long processus de déliquescence de l’Etat, qui a commencé avec le début de la crise syrienne. Pris entre le marteau des partisans des rebelles syriens, et l’enclume des alliés du régime de Bachar el-Assad, le gouvernement a opté pour la neutralité. Mais en choisissant cette voie, il s’est lui-même neutralisé. Au fil des mois, l’autorité de l’Etat s’est érodée. L’armée est désormais critiquée par les deux camps. Les partisans de l’opposition syrienne l’accusent d’être contrôlée par le Hezbollah. Les alliés du régime lui reprochent sa passivité face aux rebelles, qui utilisent le Nord-Liban comme base arrière. Soumise à des pressions contradictoires, l’armée fait profil bas pour éviter l’éclatement. Tous les prétextes sont bons pour bloquer les routes, dont celle de l’aéroport, brûler des pneus sur la chaussée pour organiser un sit-in. L’impuissance de l’Etat s’est clairement manifestée dans l’affaire du **rapt** des opposants syriens, en signe de riposte à l’enlèvement d’un Libanais en Syrie. Des miliciens armés, le visage masqué, ont enlevé des dizaines de personnes en plein jour, sans qu’ils ne soient inquiétés. Impuissants, les Libanais voient leur pays s’enfoncer lentement mais sûrement, dans une situation chaotique, rappelant les sombres jours de la guerre civile. |

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