Syrie : François Hollande évoque l'après-Bachar el-Assad avec le CNS
Le président de la République a reçu ce mardi 21 août 2012 une délégation du Conseil national syrien. Cette rencontre à l'Elysée a aussi été l'occasion d'évoquer l'après Bachar el-Assad, et la formation d'un nouveau gouvernement syrien.
François Hollande salue le travail de la principale coalition d’opposition au régime de Bachar el-Assad. Le président de la République espère voir le CNS organiser un rassemblement de toutes les forces de l'opposition.
Le CNS quant à lui étudie la formation d'un gouvernement de transition, un gouvernement ouvert à toutes les composantes de la société syrienne, selon son président Abdel Basset Sayda :
« En ce qui concerne Bachar el-Assad, c’est tout un symbole de la mentalité de gang qui dirige la Syrie. La chute de ce groupe, de ce gang, mettra fin au massacre. Au Conseil national syrien, nous étudions actuellement la formation d’un gouvernement de transition, et toutes les minorités syriennes feront partie intégrante du tissu national syrien, dont nous sommes très fiers. Et d’ailleurs, il ne s’agit pas de leur faire une faveur. C’est un devoir d’inclure toutes ces communautés, toutes ces confessions, pour parvenir à une Syrie démocratique qui comprend toutes les confessions, toutes les ethnies. »
Mais la formation de ce gouvernement ne sera pas annoncée dans l'immédiat, a prévenu M. Sayda : « c'est un processus qui demande beaucoup de consultations, il ne faut pas aller trop vite. » Le principal défi sera de créer un gouvernement de l'intérieur et non pas en exil.
La situation humanitaire empire de jour en jour en Syrie, au point que les responsables américains parlent aujourd'hui officiellement de crise. Avec 2,5 millions de personnes en détresse et 1,2 millions de déplacés, la crise humanitaire en Syrie est l'une des pires au monde, a affirmé David Robinson, le responsable des flux migratoires au département d'Etat américain. Sur le terrain, les principales organisations humanitaires sont impuissantes. Les employés des ONG sont régulièrement attaqués et une grande partie des zones de conflits leur est innaccessible. L'aide internationale se concentre donc sur les camps de réfugiés à la frontière turque. Malgré tout, un semblant d'aide humanitaire s'organise tant bien que mal en Syrie selon Abdul Omar, un activiste basé à Londres proche de l'Observatoire syrien des droits de l'homme : « L'aide humanitaire est organisée individuellement ou par de petits organismes souvent gérés par des Syriens de l'étranger, qui se chargent de lever des fonds puis d'acheminer l'aide. Il peut s'agir d'argent liquide ou de marchandises achetées aussi près que possible des zones de conflits. Par exemple, l'aide est souvent achetée dans des petites turques à la frontière de la Syrie puis passée en contrebande. » Les Etats-Unis ont prévu de débloquer 82 millions de dollars d'aide alimentaire et médicale. Mais il faudra compter sur les réseaux syriens travaillant dans la clandestinité pour acheminer cette aide à la population. Cette dernière est tributaire d'une situation qui peut changer d'une heure à l'autre et devenir un véritable enfer, comme le raconte encore Abdul Omar : « La situation change d'heure en heure. Si vous habitez un quartier donné d'Alep, vous avez généralement l'opportunité de fuir, mais il se peut très bien qu'à un moment donné, les combats entre l'ASL et les forces d'el-Assad se déplacent dans votre quartier. C"est alors que vous êtes évidemment piégés, vous ne pouvez pas sortir de votre maison, mais cela peut encore changer quelques heures plus tard, quand les deux camps se sont retirés ou bien quand l'un a pris le dessus sur l'autre. Il n'y a pas de constante, la situation est très volatile. C'était vraiment terrible il y a quelques jours, le 16 août notamment, quand 75 personnes ont été tuées dans des bombardements à Azaz, près d'Alep. Depuis, le nombre de morts oscille entre 20 et 40 minimum. » |

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(2) Réactions
Voilà une fois de plus une
Voilà une fois de plus une évidente illustration de l'arrogance des puissances occidentales. Le gouverment français a t-il une idée claire de la representativité de ces bandes éparses qui veulent renverser le gouvernement syrien et le remplacer par une(ou plusieurs) satrapie(s)? Non. Mais il s'en fout pas mal!
C'est cette même arrogance qui a poussé les gouvernants britanniques à se ridiculiser la semaine dernière dans l'affaire Assange. Ils étaient persuadés que, pris de panique, le président Correa leur livrerait Julian Assange pour sauver son ambassade de l'invasion annoncée.
Nos frères du monde arabo-musulman n'arrivent malheurement pas encore à réformer leurs systèmes politiques qui sont, en vérité, loin d'être parfaits. Mais ce qui se passe actuellement, c'est une indécente récupération du soi-disant printemps arabe par les héritiers des anciens colonisateurs occidentaux et ottomans avec l'appui de leurs laquais arabes. C'est une tentative de recolonisation qui, selon toute évidence, ne s'arrêtera pas au monde arabe.
En tout cas, que les nouvelles forces expéditionnaires se le tiennent pour dit: partout en Amérique Latine à la Havane comme à Quito, Caracas, La Paz, Buenos Aires ou Rio, on les attends de pieds fermes.
Syrie : François Hollande évoque l'après-Bachar el-Assad avec le
ça veut dire quoi tout ce cirque? Depuis quand l'avenir de la Syrie se joue dans les capitales occidentales? N'importe quoi.