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    Moyen-Orient

    Syrie : le drapeau kurde flotte sur la ville de Derik

    media Le drapeau du Kurdistan. les principales villes kurdes dans le nord-est de la Syrie sont désormais contrôlées par le PYD, un parti politique très proche du PKK. REUTERS/Azad Lashkari

    Etienne Huver est l’un des premiers journalistes occidentaux à être entré au Kurdistan syrien. Les journalistes passent régulièrement la frontière pour couvrir les affrontements autour d’Alep, mais pas dans cette zone kurde. Il répond aux questions de Bruno Faure.

    RFI : Pourquoi cette zone kurde reste-t-elle aujourd’hui quasi inaccessible aux observateurs étrangers ?

    Il faut bien comprendre que cette région, jusqu’à la mi-juillet, était fermement tenue par le régime de Damas. Depuis un mois, les principales villes kurdes dans le nord est de la Syrie sont tombées les unes après les autres. Elles sont désormais contrôlées par le PYD, un parti politique très proche du PKK.

    Le PKK est la guérilla qui harcèle l’armée turque de l’autre côté de la frontière. Son leader Abdullah Ocalan, seul détenu sur une île en méditerranée, est le plus célèbre des prisonniers de Turquie. Le PKK, qui contrôle une partie du territoire syrien, est donc un épouvantail pour Ankara. La zone est désormais sous très haute surveillance. Les frontières sont fermées et pour se rendre à Derik, il faut passer la frontière clandestinement, il faut compter deux heures de marche à travers champs, de nuit pour éviter d’être repéré. Une route qu’utilisent de nombreux réfugiés dans les deux sens d’ailleurs puisque certains n’arrivent pas à trouver de travail en Irak et commencent à rentrer au pays.

    Vous êtes resté trois jours dans la ville de Derik, une cité de 50 000 habitants située à peine à 10 kilomètres des frontières turques et irakiennes. Qu’est ce que vous avez vu, quelle est la situation ?

    Contrairement aux images qui vous arrivent de Damas ou d’Alep, il n’y a pour l’instant aucun combat à Derik. Mais dès le premier check point, vous êtes accueilli par les couleurs jaune, rouge et vert du drapeau kurde. La ville est vraiment passée sous le contrôle des miliciens kurdes. Le temps y semble suspendu, on ne voit pas d’armes dans le centre ville. Le bazar dans lequel j’ai pu longtemps me promener est calme, les gens sont souriants, ils sont heureux de croiser un journaliste occidental. Sur la plupart des édifices publics, les symboles du régime ont été recouverts à la hâte de peinture blanche. Sur la façade du palais de justice par exemple, il ne reste que la chevelure noire du portrait de Bachar el-Assad.

    En revanche, ce qui est frappant, c’est qu’aucun bâtiment n’a été mis à sac. La statue d’Hafez el-Assad, le père de Bachar, est toujours debout. Le régime reste en place dans le centre ville, L’administration syrienne occupe un grand bâtiment du centre ville qui ressemble de plus en plus à un bunker. Personne n’en sort, personne n’y pénètre et la population est totalement indifférente quand elle passe devant.

    De nombreux observateurs assurent que Damas a passé un accord avec le PKK pour lui confier la zone. Le but est de mettre une épine dans le pied de la Turquie. Est-ce que cela se confirme sur place ?

    Difficile à dire… Ce qui est sûr c’est qu’il y a un jeu ambigu entre les combattants kurdes proches du PKK et le régime. Un petit exemple : la nouvelle Maison du peuple gérée depuis un mois par les nouvelles autorités kurdes est mitoyenne du bâtiment de l’administration syrienne. Nos interlocuteurs kurdes à Derik n’ont pas nié des contacts, une sorte d’entente cordiale. Mais il s’agit avant tout pour eux d’éviter la violence, de prévenir les conflits. Ils nous disent : « voilà, le régime désormais est notre invité ».

    Dans la Maison de la culture, les Syriens travaillent le matin, les Kurdes l’après-midi. On peut au minimum parler d’une sorte de cohabitation. Ceci étant, les autorités kurdes ont des mots très durs vis à vis du régime. Elles se placent d’ailleurs clairement dans l’opposition. Les manifestations continuent chaque vendredi avec des portraits des leaders kurdes, Abdullah Ocalan, Massoud Barzani. On sent vraiment une volonté d’occuper chaque espace de liberté. Pour le PYD, il s’agit sans doute de devenir la force incontournable quand la chute inéluctable de Bachar se concrétisera.

    Et c’est justement ce qui inquiète le grand voisin turc…

    Oui, puisque dans les nouveaux bâtiments publics les portraits de Bachar el-Assad sont remplacés par le regard paternaliste du leader du PKK, Abdullah Ocalan. Evidemment cela inquiète Ankara. La Turquie renforce ses troupes à la frontière, la Turquie soutenue par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton qui a promis que la zone ne deviendrait pas un sanctuaire du PKK.

    A Derik, parler du voisin turc est un sujet sensible. Mais les autorités kurdes se veulent exemplaires, rassurantes. Elles disent vouloir la paix, donnent des gages aux autres minorités qu’elles soient arabes ou assyriennes, se démarquent au maximum des attaques de la guérilla. Et l’on compte sur la communauté internationale et l’Occident pour éviter une entrée des troupes turques en territoire syrien.Une intervention militaire qui pourrait se terminer en bain de sang et déstabiliser toute la région.

    On comprend que le contexte est tendu. Comment les habitants de Derik envisagent-ils leur avenir ?

    A Derik, on vit vraiment au jour le jour, et pour l’instant on profite de la paix et de tous les nouveaux acquis ; et de ce mot Azadi, liberté, qui fleurit sur les places de la ville. Dans le bazar, les gens disent qu’ils sont heureux, on lit la joie sur les visages. Ceci étant, chacun sait que l’équilibre est précaire. Tout peut changer demain, dans 15 jours ou dans un mois. Mais beaucoup d’habitants disent que même si tout peut arriver, le pire est vraiment derrière. Le pire, c’est le régime, ce sont ces dizaines d’années d’oppression, de vexation, de pauvreté organisée subies par la population kurde.
     

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