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Article publié le : mercredi 29 août 2012 à 10:34 - Dernière modification le : mercredi 29 août 2012 à 11:03

Syrie: les réfugiés attendent le passage vers la Turquie

Une « délégation » de réfugiés syriens bloqués au poste frontière de Bab-el-Salama franchit le no man's land pour venir protester devant la frontière turque contre le refus de les accueillir.
Une « délégation » de réfugiés syriens bloqués au poste frontière de Bab-el-Salama franchit le no man's land pour venir protester devant la frontière turque contre le refus de les accueillir.
RFI / Jérôme Bastion

Par RFI

Depuis 72 heures, la Turquie a bloqué l'entrée sur son territoire de réfugiés syriens fuyant les bombardements qui se poursuivent dans le nord du pays. Une situation provisoire, dit Ankara, le temps de terminer la mise en place de nouveaux camps d'accueil, taandis que plus de 80 000 personnes sont déjà hébergées dans une dizaine de camps du Croissant-Rouge et des bâtiments publics. Ils sont déjà quelque 10 000 à attendre du côté syrien de pouvoir trouver refuge en Turquie.

Avec notre envoyé spécial au poste frontière syrien de Bab-el-Salama, Jérôme Bastion

Ils sont environ 4 500 entassés sous deux hangars collés au poste-frontière syrien de Bab-el-Salama. Des familles entières dorment ici à même le sol, comme Ayse, 65 ans, qui, pour la cinquième fois depuis un an, tente d’échapper à la répression violente du régime de Bachar el-Assad.

« On a fui les bombes des avions, des tanks, que voulez-vous qu’on fasse ? A une ou deux heures du matin, ils bombardent les maisons. On ne pouvait plus rester, mais si ça s’arrête, on veut rentrer chez nous. Ici, au moins, on ne craint pas les bombardements, c’est comme si on était en Turquie ».

Et puis, tout d’un coup, résonne un appel : « Venez tous protester contre la Turquie qui a fermé sa frontière, allez, venez tous ! ». Un petit groupe de femmes et d’enfants traverse le no man’s land vers le poste-frontière turc devant lequel ils s’arrêtent sagement, brandissant des pancartes qui en appellent à la communauté internationale.

Madjid Youssef, pistolet en bandoulière, est un des responsable de l’embryon d’administration qui contrôle la région : « Nous sommes ici pour que le monde voit. Depuis un an et demi, personne ne dit rien alors que le criminel Bachar continue à tuer. Le monde doit entendre ces enfants ! ».

La Turquie, faute de place, tente de freiner l’arrivée de nouveaux réfugiés, préférant instaurer une zone humanitaire tampon en Syrie même, et demande que les Nations unies les prennent en charge sur place, si possible.

Ayse, 65 ans, et sa famille ont fui le village de Meragh, à 20 kms de la frontière, à cause des bombardements. Depuis un an, c'est la 5e fois qu'ils doivent quitter leur maison.
RFI / Jérôme Bastion
L'association caritative turque IHH délivre 4 000 repas deux fois par jour aux réfugiés bloqués côté syrien du poste frontière de Bab-el-Salama.
RFI / Jérôme Bastion
Des centaines de familles de Syriens fuyant les bombardements vivent et dorment à même le sol, sous un hangar au poste frontière de Bal-el-Salama (50 km au nord d'Alep), depuis la fermeture dimanche par la Turquie de sa frontière.
RFI / Jérôme Bastion
Une petite fille syrienne.
RFI/Jérôme Bastion
Abou Youssef, responsable de la police au poste-frontière de Bab-el-Salama, salue l'aide humanitaire turque pour les familles de réfugiés qui attendent côté syrien de la frontière.
RFI / Jérôme Bastion
Madjid Youssef, de l'Armée syrienne libre, dirige tous les jours devant le poste-frontière turc de Öncüpinar une manifestation des réfugiés bloqués côté syrien.
RFI / Jérôme Bastion
Au point de passage (illégal) de Bükülmez, près de Reyhanli, les réfugiés syriens sont également empêchés d'entrer en Turquie, où 80 000 syriens sont déjà hébergés dans des camps du Croissant-Rouge.
RFI / Jérôme Bastion
Manifestation de réfugiés syriens demandant l'accueil de la Turquie, mais Ankara a fermé ses frontières le temps de terminer la construction de 4 nouveaux camps de toile.
RFI / Jérôme Bastion
Une « délégation » de réfugiés syriens bloqués au poste frontière de Bab-el-Salama franchit le no man's land pour venir protester devant la frontière turque contre le refus de les accueillir.
RFI / Jérôme Bastion

    tags: Bachar el-Assad - Recep Tayyip Erdogan - Syrie - Turquie
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